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ÉCOCONCEPTION BIENVENUE AU CLUB

Ridha Loukil et Thierry Mahé

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- Le club Créer mutualise la recherche et diffuse la connaissance sur l'écoconception et le recyclage.

L'écoconception a son club. Il s'appelle Créer et a élu domicile à la Seram, la société d'études et de recherches de l'École nationale supérieure des arts et métiers (Ensam). Lancé officiellement fin mars, il associe le Cetim (Centre technique des industries mécaniques) et six industriels pionniers en la matière : Areva T&D, Plastic Omnium, Renault, SEB, Steelcase et Veolia Environnement. Club encore très fermé. Mais qui désire s'ouvrir au plus grand nombre.

"Du berceau au tombeau", une approche transversale

Le but premier est de mutualiser expertises et retours d'expériences. Et d'en diffuser l'enseignement de la façon la plus large possible, via des parutions, un site Internet, des journées techniques.

L'écoconception est l'art de concevoir des produits dans l'optique de minimiser leur impact sur l'environnement, à toutes les étapes du cycle de vie. Depuis le coût énergétique de la matière première jusqu'à celui du recyclage, en passant par les consommations de procédés, de transport et d'usage. Une approche transversale, "du berceau au tombeau", qui requiert la collecte d'une somme de connaissances. Les groupes soumis à la loi RSE (Responsabilité sociale et environnementale) ont dû s'y atteler, beaucoup moins les PME, en particulier sous-traitantes.

« Le manque de données pertinentes quant aux filières amont et aval, dans les matériaux comme dans le recyclage, constitue un frein majeur au développement de l'écoconception. Ce club est de nature à débloquer la situation », affirme Stéphane Le Pochat, ingénieur à l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). D'autant que son comité de pilotage associe des industriels de secteurs aussi différents que l'automobile, l'électroménager, le mobilier de bureau, la construction électrique, les matériaux et les services. Une transversalité propice à la fertilisation d'expériences.

Il faut souligner le rôle central en R&D du laboratoire Modélisation, analyse et prévention des impacts environnementaux (Mapie) de l'Ensam de Chambéry (Savoie), que dirige Daniel Froelich. Ce labo de quinze personnes constitue la première structure de R&D en France de ce type. Les six industriels du club ont tous fait appel au Mapie. Et sont, chacun dans sa partie, leaders de l'écoconception. SEB en fait profiter tous ses nouveaux produits et excelle dans les plastiques en contact avec les aliments. Le fabricant de mobilier de bureau Steelcase facilite le recyclage des housses de sièges en évitant le collage. Plastic Omnium est le pionnier des sous-ensembles techniques type bloc avant, aisément démontables et monomatériaux, donc 100 % recyclables. Quant à Veolia Environnement, il apporte l'expertise des modes de traitement en fin de vie, actuels et futurs. Il ouvrira en fin d'année à Angers (Maine-et-Loire) le plus gros site de traitement de déchets électriques. Et la séparation des plastiques est au début d'une mutation industrielle, en particulier grâces aux technologies optiques.

Chacun de ces industriels a vécu l'écoconception comme une chance, pour innover ou se différencier de la concurrence. Mais le temps des pionniers n'est plus. « Nous sommes tous arrivés à un point où nous ne pouvons plus avancer chacun dans notre coin. Nous devons nous ouvrir et voir ce qui se fait de mieux chez les autres », explique André Malsch, directeur du développement durable de Steelcase.

Et jouer un rôle prescripteur. En particulier pour aider les industriels à décrypter la réglementation. Car aux directives européennes sur les emballages, les piles et les accumulateurs, les véhicules en fin de vie, les déchets d'équipements électriques et électroniques, les substances dangereuses pour la santé... succède cette année la directive EUP, qui impose une baisse de la consommation de tous les produits fonctionnant à l'énergie, hors véhicules. Et aussi la directive Reach qui oblige, dès juillet 2007, à suivre pas moins de 30 000 substances chimiques. « On voit mal les PME-PMI faire face toutes seules à un arsenal réglementaire aussi complexe », note André Malsch. La présence du Cetim au sein du club vise tout particulièrement à leur apporter l'aide nécessaire.

Deux projets engagés, un troisième en préparation

Outre cet aspect réglementaire, l'écoconception est "vendeuse", en particulier sur les marchés institutionnels. Daniel Froelich estime : « Nous devons pouvoir capter un marché de 5 % de produits pour lesquels des clients sensibilisés acceptent de payer un surcoût. »

Deux projets de recherche, de 100 000 euros chacun, financés pour moitié par l'Ademe, sont déjà engagés. Ils sont menés par l'Ensam de Chambéry pour le compte de tous les membres de Créer. Le premier identifie les freins et opportunités relatifs à l'utilisation de matières premières recyclées. Il tente de répondre aux questions concernant l'impact sur les performances, le coût et la perception du consommateur. Le second projet s'intéresse à l'évaluation des méthodes de calcul du potentiel de recyclage des produits. Il n'existe pas encore de standard de mesure et de communication en la matière. L'objectif est de trouver un langage commun sur le sujet. Un troisième projet, de 150 000 euros, est en préparation. Soutenu par la région Alsace, l'Ademe et la Drire, il débouchera sur une base de données de l'écoconception et du recyclage, accessible sur le site Web de Créer (www.ecodesign-creer.eu). -

l'impact

Aider les industriels qui sont déjà avancés dans l'écoconception à franchir une nouvelle étape dans ce domaine. Favoriser la diffusion de cette démarche auprès des PME-PMI. Susciter la création de filières et de centres d'excellence sur le sujet.

STATUTSUN CADRE JURIDIQUE CLAIR

- Fondé voici bientôt deux ans, le club Créer s'est donné un nouveau départ en verrouillant les points délicats liés à la propriété industrielle et à la confidentialité des travaux. Chaque groupe de travail pourra décider de publier tout ou partie d'une étude et, si un brevet est déposé, il sera la propriété de ce groupe, quelle que soit la taille de l'entreprise. Avec l'aval du comité de pilotage, constitué des fondateurs, le cluster va s'ouvrir à de nouveaux entrants : jusqu'à 200 membres, en particulier clients et fournisseurs des premiers. Il est envisagé que la structure évolue pour devenir une fondation publique, plus apte encore à diffuser l'expertise en écoconception.

HUIT PARTENAIRES S'ASSOCIENT

- Membres fondateurs > Areva T&D, Cetim, Plastic Omnium, Renault, SEB, Steelcase et Veolia Environnement > Plate-forme de recherche : l'Ensam de Chambéry (Savoie) - Objectifs Faire progresser les connaissances en écoconception et en recyclage en échangeant informations, savoir-faire et retours d'expériences, en mutualisant veilles technologique et réglementaire, ainsi que la R&D sur le sujet. - Premières études en cours ou en projet 1. Évaluation des méthodes de calcul du potentiel de recyclage des produits comprenant des matières recyclées 2. Identification des freins et opportunités relatifs à l'utilisation de matières premières recyclées 3. Mise en place sur Internet d'une base de données sur l'écoconception et le recyclage

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