Nous suivre Industrie Techno

abonné

Dossiers

Éco-conception : L'industrie se convertit à l'économie circulaire à marche forcée

Alexandre Couto
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

Éco-conception : L'industrie se convertit à l'économie circulaire à marche forcée

La conception générative permet d'obtenir une pièce plus résistante (à droite) que celle produite de manière traditionnelle (à gauche), tout en consommant moins de matière. Elle s'inscrit dans une démarche de durabilité.

© 3DS

Pacte vert européen, loi Agec, plan France Relance… Le mouvement vers une économie circulaire s’accélère. C’est dès la phase de conception de leurs produits et services que les industriels doivent le prendre en compte.

« Aujourd’hui, les citoyens ne comprennent plus que l’on ne puisse pas réparer un appareil en panne, ni que les déchets qu’ils trient ne soient pas tous valorisés ou recyclés. Nous devons mettre en place d’autres moyens de concevoir et de fabriquer. » En s’exprimant, début septembre, aux quatrièmes Assises de l’économie circulaire, à Paris, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a tenu à rappeler aux industriels leur responsabilité face aux enjeux environnementaux. Nos modes de production doivent évoluer. Et vite ! « La mise en place d’une économie circulaire est une réponse que nous pouvons apporter face à l’urgence climatique. Nous en avons la possibilité. Un flacon de shampooing ou une brosse à dents en plastique recyclé émettent deux tiers de carbone en moins que les mêmes objets en plastique vierge », a souligné la ministre.

Le message doit être entendu au bon niveau, celui de la conception des produits. C’est à ce stade que sont déterminés environ 80 % de leurs impacts environnementaux, estime la Commission européenne dans son plan d’action pour l’économie circulaire dévoilé en mars. Rien d’étonnant pour Dominique Millet, le président d’EcoSD, un réseau entre chercheurs et industriels pour diffuser les connaissances en éco-conception. « Quels matériaux entrent dans la composition du produit ? Comment sera-t-il fabriqué ? Comment sera-t-il utilisé ? Quelle sera sa durée de vie ? Sera-t-il recyclable et par qui ? Toutes ces questions, qui se posent lors de la phase de conception, sont au cœur de l’économie circulaire. »

Des plans ambitieux

Selon la Commission européenne, notre modèle économique « linéaire » – reposant sur le triptyque produire, consommer, jeter – « n’offre pas suffisamment d’incitations aux industriels » pour passer à un modèle plus circulaire. Depuis quelques années, la pression réglementaire s’intensifie pour instaurer de nouvelles mesures sur la production et le traitement en fin de vie des produits les plus polluants. Deux textes majeurs ont été adoptés cette année : en mars, le plan d’action en faveur de l’économie circulaire, inclus dans le Pacte vert européen, et en février, la loi française Anti-gaspillage et économie circulaire (Agec). Cette dernière, particulièrement ambitieuse, prévoit la mise en place de plans quinquennaux d’éco-conception pour les filières les plus polluantes. « Ils permettront d’évaluer à intervalles réguliers les actions de la filière emballage pour réduire son impact environnemental. Des mesures d’ensemble pourront être prises à ce moment, comme privilégier certaines technologies ou certains types de matériaux », souligne Valentin Fournel, le responsable de l’éco-conception chez Citeo, l’éco-organisme qui gère la fin de vie des emballages, une filière placée en première ligne avec la loi Agec.

Une approche globale

Le mouvement est important, mais il ne prend pas les industriels au dépourvu. Les principes d’éco-conception sont entrés dans les bureaux d’études et les centres de R & D dès les années 2010. Ils visaient au départ la consommation énergétique des équipements électriques lors de leur phase d’usage. La première directive européenne sur l’éco-conception, qui date de 2009, avait pour objectif d’émettre des recommandations sur l’efficacité énergétique des appareils. Avec le développement des outils d’analyse du cycle de vie (ACV), le principe d’éco-conception s’est élargi, pour s’intéresser à toutes les phases de la vie du produit. Aujourd’hui, l’Ademe définit cette démarche comme « une action préventive et innovante dans le but de réduire les impacts négatifs d’un produit ou d’un service sur l’ensemble de son cycle de vie, tout en conservant ses qualités d’usage ».

De son côté, la notion d’économie circulaire a peu à peu évolué pour se rapprocher de celle de l’éco-conception. « L’idée de mettre en place une circularité des flux dans la société de consommation désignait à l’origine le traitement des produits en fin de vie. Elle avait pour objectif de transformer les déchets en ressources, explique Samuel Mayer, le directeur du Pôle éco-conception, à Saint-Étienne (Loire). Elle a été mise en avant pour permettre la mise en place d’une filière de retraitement. Mais il s’agit d’une approche qui ne prend en compte qu’une facette du problème environnemental. »

Pour Erwan Autret, le coordinateur du pôle conception de l’Ademe, la généralisation de l’analyse du cycle de vie a favorisé le rapprochement entre la création de filières de retraitement et l’innovation dans la conception de produits. « L’économie circulaire est une approche globale, visant à limiter les impacts environnementaux depuis l’extraction des ressources jusqu’au traitement des déchets, et impliquant toute une filière. Elle renvoie l’image d’une écologie créatrice de valeur. Elle nécessite toutefois de prendre en compte dès la phase de conception l’ensemble des paramètres environnementaux, ainsi que les besoins de la filière. »

Une priorité européenne

C’est ce concept qui s’inscrit aujourd’hui dans la loi et[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°1036

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2020 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

EDF investit dans PowerUp pour allonger la durée de vie de ses batteries dédiées au stockage stationnaire

EDF investit dans PowerUp pour allonger la durée de vie de ses batteries dédiées au stockage stationnaire

PowerUp a annoncé le 26 novembre avoir levé 5 millions d’euros, notamment auprès d’EDF. La start-up issue du CEA[…]

26/11/2020 | EDFCEA
[Cahier Technique] Avec le photovoltaïque organique, le solaire gagne en souplesse

[Cahier Technique] Avec le photovoltaïque organique, le solaire gagne en souplesse

Plastic Omnium veut conquérir le marché de la mobilité hydrogène en réduisant ses coûts de production

Plastic Omnium veut conquérir le marché de la mobilité hydrogène en réduisant ses coûts de production

Une membrane hybride pour une désalinisation plus efficace

Fil d'Intelligence Technologique

Une membrane hybride pour une désalinisation plus efficace

Plus d'articles