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E.ON veut stocker l’électricité dans… les réseaux de gaz

Hugo Leroux

L’électricien allemand E.ON a annoncé la construction d’un site pilote de stockage de l’électricité éolienne s’appuyant sur le réseau de gaz. L’électricité servira à produire de l’hydrogène, qui peut être mêlé au gaz naturel du réseau.

Comment stocker l’électricité à grande échelle ? Alors que certains parient sur des batteries géantes, l’électricien allemand E.ON s’intéresse au power-to-gas. L’idée : utiliser l’électricité pour produire de l’hydrogène et stocker ce gaz combustible directement… dans le réseau de gaz naturel. A tout moment, le gaz peut ensuite être consommé par les centrales thermiques existantes.

Le pilote devant être construit à Falkenhagen, dans le Nord-Est de l’Allemagne en 2013, stockera l’électricité excédentaire produite par des éoliennes. Des électrolyseurs d’une puissance de 2 MW ont été commandés au fabricant canadien Hydrogenics Corporation. Grâce à l’apport du courant électrique, ces appareils décomposeront de l’eau en oxygène et en hydrogène. Les quelque 360 mètres cubes d’hydrogène produits par heure seront ensuite directement injectés dans le réseau de gaz local.

Evaluer l'injection

L’opération n’est pas sans poser quelques incertitudes techniques. La composition du gaz du réseau est soumise à des spécifications strictes. L’hydrogène ne peut donc être ajouté qu’en faibles proportions. Une injection massive, susceptible de faire varier localement la composition du gaz du réseau, impliquerait de reformer l’hydrogène en méthane au préalable. Le projet pilote d’E.ON permettra ainsi d’évaluer les conséquences de l’injection d’hydrogène sur le réseau, et d’évaluer la viabilité du power-to-gas à l’échelle industrielle.

Le développement massif des énergies renouvelables, par nature très fluctuantes, amène les réseaux électriques à la limite de leurs capacités. A ce titre, les technologies de stockage de l’électricité, susceptibles de délester les réseaux en période de creux et de délivrer un appoint en période de forte demande, suscitent l’intérêt croissant des industriels.

Une idée émergente

Si l’idée d’employer l'hydrogène comme vecteur énergétique n’est pas neuve, beaucoup de recherches portent sur sa réutilisation dans des piles à combustible. La possibilité de l’injecter directement dans le réseau de gaz est plus émergente. Pour E.ON, cette option présente l'avantage de limiter les coûts d’investissements, puisqu’elle s'appuie sur les infrastructures gazières existantes.

Hugo Leroux

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