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E-catalogue : en France, l'offfre se met en place (01/09/2000)

Les fournisseurs de produits et services autour du e-catalogue sont quasiment tous américains. Ils commencent depuis peu à s'implanter en Europe, en Angleterre surtout, et démarrent sur le marché français.

 

Faire ou faire faire ? Telle est l'éternelle question. Pour la réalisation de catalogue, elle se pose de façon aiguë. Un e-catalogue n'est pas une application anodine. Dès qu'il devient volumineux se posent une variété de problèmes, depuis la laborieuse récupération des documents existants, jusqu'à la structuration des données en passant par le respect de standards plus ou moins bien définis.

Généralement, si tant est qu'on puisse généraliser dans cet univers mouvant, les entreprises choisissent de réaliser elles-mêmes leurs sites d'e-commerce. Dans ce cas elle bâtissent donc également leur catalogue produit. En revanche, lorsqu'il s'agit d'e-procurement ou de participation à un exchange, c'est souvent un prestataire extérieur qui met en place le système. Il réalise donc le catalogue dans la foulée.


 

Si l'on est aux États-Unis, pas de problème : l'offre de produits et de services est déjà bien étoffée. En France, ce n'est que le début. Éditeurs et prestataires de services viennent juste de débarquer sur le continent.


 

1. Faire


 

Pour les courageux qui s'attellent à la tâche de créer leur catalogue, deux solutions. La première est simple : si ce catalogue est le point d'entrée d'une application de commerce électronique, il suffit de prendre le module "catalogue" du logiciel d'e-commerce que vous avez choisi.


 

Pour les applications élémentaires, c'est-à-dire sans trop d'intégration au reste du système d'information, ils sont légion. Le plus répandu est sans conteste celui de l'éditeur allemand Intershop.


 

Pour des réalisations plus ambitieuses, les grands logiciels disposent généralement d'un module "catalogue". Chez IBM, par exemple, la solution de commerce électronique Websphere Commerce Suite est accompagnée du logiciel WebSphere Catalog Architect. Chez l'éditeur Trilogy, MCC Catalog est le module de son offre d'e-commerce Multichannel Commerce, etc.


 

Cas particulier : celui de Microsoft. Jusqu'à présent son package Site Server s'appuyait sur le logiciel de création de catalogue de Saqqara. Rebaptisée Commerce Server, la nouvelle version pour Windows 2000 lancée ce mois-ci disposera d'un générateur de catalogue maison.


 

La seconde solution consiste à choisir... un logiciel voué à la création de catalogue. Cela semble évident. Ça ne l'est pas. Il existe en fait très peu de produits commercialisés en tant que tels.


 

Ces "moteurs de création de catalogue" remplissent trois fonctions clés : classement et formatage des données, moteur de recherche et configuration des produits. En France, l'américain Saqqara est le plus visible. Et pour cause, il a implanté son siège européen à Paris. Il compte déjà plusieurs références dans l'Hexagone (Radiall, Dosapro, Framatome Connectors international, Alcatel). Commerce Suite, son produit, très complet - et fort coûteux - se présente comme un logiciel d'infrastructure de gestion de catalogue. Il offre notamment un puissant configurateur. Hier disponible uniquement sous Windows NT, le produit existe en version Unix depuis juin dernier. Saqqara a commencé par la vente de logiciels dans l'industrie électronique. Il y compte de très nombreuses références aux États-Unis.


 

Poet Software est un autre éditeur américain commercialisant un moteur de création de catalogues, eCatalog Suite. L'entreprise est encore peu présente en France. Son siège européen se situe en Allemagne. Elle y compte des clients comme Kaiser + Kraft, fournisseur de matériel de bureau, Minolta Gmbh ou encore Bardusch (vêtements de travail).


 

2. Faire faire


 

Faire, c'est bien. Faire faire, c'est... plus facile. Les entreprises qui réalisent des catalogues clés en main, ce qu'il est convenu d'appeler le content management, connaissent un formidable essor avec les développements des applications d'e-procurement dans les grandes entreprises. Celles-ci exigent en effet la mise en place à l'intérieur des entreprises de volumineux catalogues de produits.


 

Nos amis anglais sont, en Europe, les mieux dotés en prestataires de services autour du catalogue électronique. Les deux plus importantes entreprises américaines de content management, Requisite et Aspect Development, ont en effet installé leurs quartiers européens en Grande-Bretagne.


 

Requisite fournit aux grandes entreprises une prestation de service "de bout en bout" pour réaliser leurs catalogues internes. Autrement dit, Requisite prend en charge l'ensemble du processus de création des catalogues, ce qui épargne de laborieuses phases de mise en oeuvre à l'entreprise utilisatrice. Requisite dispose d'une armée de petites mains (200 personnes à Toronto) pour réaliser la première étape de la création de tout catalogue : la conversion à l'électronique - et le nettoyage - de l'ensemble des documentations existantes sous toutes les formes possibles dans l'entreprise. Cette conversion est suivie de la structuration des données. Enfin, Requisite dispose de son propre outil de création de catalogue électronique. Il se distingue par son moteur de recherche évolué, BugsEye. Celui-ci permet d'accéder aux documents selon différents modes, depuis la classique arborescence jusqu'à la formulation d'une recherche en langage quasi naturel. Requisite ne vend pas sa technologie en tant que produit. Mais des entreprises comme SAP ou Oracle en ont fait l'outil de création de catalogue qui accompagne leurs solutions d'e-procurement.


 

Aspect Development (racheté il y a peu par i2) offre le même type de prestation que Requisite. Mais son objectif est au bout du compte assez différent. L'installation de catalogues unifiés au niveau d'une entreprise est avant tout pour elle l'étape préalable à la mise en œuvre d'autres applications qui s'appuient sur ces données produit. Même si elle ne dédaigne pas l'e-procurement,


 

Aspect intervient en particulier sur les catalogues de composants pour les bureaux d'études. Conçue à l'origine pour l'industrie électronique, cette application d'aide à la décision s'appuie sur un ensemble de catalogues internes et de catalogues de fournisseurs (créés par Aspect) pour aider les concepteurs - et les acheteurs - à faire le choix du composant ad hoc en phase de conception. En complément à la création de ces catalogues maison et de ces catalogues fournisseurs, Aspect a créé ses propres bases de données de composants. Elles contiennent aujourd'hui quelque dix millions d'articles. Aspect indique avoir la capacité d'y ajouter quelque... trente millions de nouveaux produits par an.


 

Aspect n'est pas le seul à proposer ce type d'information. Sur son site, Parametric Technology propose, lui, le service "inpart", à savoir les modèles CAO d'un million de composants mécaniques et électromécaniques, ainsi que... 20 millions (!) de descriptifs techniques. Saqqara, de son côté, a développé whomakesit.com, un site qui présente un annuaire de tous les fabricants de composants électroniques


 

3. Au-delà du catalogue...


 

Pour résoudre les problèmes que l'hétérogénéité des différents exchanges posent aux fournisseurs obligés de participer à plusieurs de ces places de marchés virtuelles, on trouve au moins trois solutions sur le marché. Poet Software a développé une nouvelle version, hébergée, de son logiciel eCatalog Suite. Destinée aux places de marché, elle est finement baptisée Hamlet (" B2B or not to be " lit-on sur la brochure...).


 

L'idée est de consolider sur un serveur doté de ce logiciel les catalogues des différents fournisseurs et de présenter à chacun des acheteurs les données selon un format adapté aux caractéristiques de son propre système. Aspect Development a également présenté un service de ce type baptisé Content Network. Cette solution permet aux fournisseurs d'éditer leur contenu une seule fois et de le mettre en forme pour les différents acheteurs et les différents exchanges.


 

Saqqara offre cette solution sous la forme d'un service baptisé Cornerstone. Là encore, il s'agit de récupérer le contenu des catalogues fournisseurs et de les "traduire" selon des formats adaptés à chaque partenaire. Au-delà de ses services, il n'est pas inintéressant de mentionner deux jeunes entreprises d'un type nouveau qui gravitent autour des applications d'e-procurement et des exchanges, même si l'activité catalogue n'est pour elles que très périphérique.


 

La première, Basaar, est anglaise. Elle se propose de mettre à disposition des entreprises des solutions d'e-procurement. Sa propositon est la suivante : éviter aux entreprises - moyennes et grandes - le souci de développer en interne une application d'achat électronique de fournitures en leur offrant ce service via le Web. Elle s'appuie pour cela sur le logiciel d'Oracle, son partenaire avec Cap Gemini. Et, bien sûr, au coeur de son activité figure la réalisation de catalogues fournisseurs adaptés à chacun de ses clients.


 

Pour les réaliser, elle s'appuie sur le moteur de Requisite. La seconde entreprise à découvrir est américaine et s'est baptisée "bigmachines.com". Cette toute jeune société, qui compte John Sculley, l'ex-patron d'Apple parmi ses investisseurs, se présente comme " la première société d'e-Business pour les produits industriels ". Elle a l'intention d'offrir deux services : un site d'achat de machines industrielles puis une place de marché virtuelle.


 

Pour l'instant, elle commence par... réaliser des catalogues de produits. Elle utilise à cette fin une technologie maison dont le point fort se situe au niveau de l'outil de configuration de produits. Ses deux premiers clients sont deux fabricants de pompes, Abel et KSB. F. Barnu


 

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