Nous suivre Industrie Techno

Du labo à l'industrialisation

ANTOINE CAPPELLE redaction@industrie-technologies.com

Sujets relatifs :

,
Identifier les applications des recherches, les positionner sur le marché, déposer des brevets, créer des entreprises : la valorisation est un long périple, et seule une minorité de projets atteint la ligne d'arrivée. Pour accompagner les scientifiques à travers toutes ces étapes, et défendre au mieux leurs intérêts, la plupart des écoles ont mis en place des dispositifs dédiés.

Transformer les rêves de laboratoires en réalité du marché, tous les établissements y aspirent. Un travail de longue haleine, pris en charge par les structures de transfert de technologies des écoles. « Nous assurons une veille permanente », raconte Bruno Bachimont, directeur de la valorisation à l' Université de technologie de Compiègne (UTC). Il navigue entre les laboratoires pour discuter du potentiel de certains travaux. Suite à ce repérage, les projets entrent en phase de maturation. « Depuis trois ans, l'UTC dispose d'un centre d'innovation, où l'on regarde les possibilités d'industrialisation », poursuit Bruno Bachimont. À Grenoble INP, la même démarche est menée par INPG Entreprise, une structure créée en 1991. Elle alloue des fonds aux projets pour construire des prototypes et étudier le marché. Un travail qui permet de cerner le brevet le plus adéquat. « Il peut être français ou international. Il faut intégrer que le coût d'un brevet augmente en fonction du nombre de pays où il s'applique », détaille Henri-Marc Michaud, président du directoire d'INPG Entreprise. À Grenoble, comme à Compiègne, le brevet, financé par l'établissement, lui appartient.

Protéger une idée et l'exploiter

À l'ESPCI ParisTech, la philosophie est différente : les chercheurs peuvent déposer des brevets en leur nom, et bénéficier des retombées financières. Selon Jacques Lewiner, professeur et directeur scientifique honoraire de l'école, « quand un chercheur autofinance un brevet, il est déterminé à faire marcher son projet. C'est important, car le succès vient rarement dès le premier essai, il faut persévérer. » Le scientifique le fera, en améliorant sa technologie et en déposant un deuxième brevet, là où un organisme de valorisation aurait tendance à freiner après l'échec du premier.

Protéger une idée ou un produit n'est pas tout, encore faut-il l'exploiter. Quand les chercheurs ne sont pas prêts à se lancer dans la création d'une société, l'établissement négocie un contrat de licence avec les industriels intéressés. Mais quand il souhaite s'investir, une start-up est créée. « Souvent, le chercheur prend des parts dans la start-up et en devient le conseiller scientifique », explique Henri-Marc Michaud. Reste à trouver un directeur général. « Ce rôle est parfois assumé par un étudiant ou un doctorant, qui a les connaissances scientifiques mais n'a pas vocation à faire une carrière universitaire », observe Bruno Bachimont. INPG Entreprise participe à l'apport des fonds. « Nous investissons dans cinq sociétés par an au maximum, dans lesquelles nous gardons des parts. », précise le président du directoire. Souvent, la start-up obtient une licence exclusive de la part de l'école, qui bénéficie ainsi d'un retour financier. Une deuxième aventure commence alors : « Jusque-là, aucune n'a mis la clé sous la porte », s'enorgueillit Henri-Marc Michaud. Après 18 mois dans un incubateur, les jeunes pousses sont prêtes à donner leurs premiers fruits. Pourvu qu'ils soient juteux.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0932

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2011 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

[Pas à pas] Comment tirer parti de la réalité augmentée dans votre usine

[Pas à pas] Comment tirer parti de la réalité augmentée dans votre usine

Profitant des formidables progrès de l'informatique embarquée et de l'essor de l'usine 4.0, les exemples d'applications[…]

Bâtiments intelligents : des économies du sol au plafond

Bâtiments intelligents : des économies du sol au plafond

INNOVATION À TOUS LES ÉTAGES

Dossiers

INNOVATION À TOUS LES ÉTAGES

« Bâtiments intelligents : il faut placer l'utilisateur au centre », Olivier Cottet, Schneider Electric

Interview

« Bâtiments intelligents : il faut placer l'utilisateur au centre », Olivier Cottet, Schneider Electric

Plus d'articles