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Du code dans le moteur

THIBAUT DE JAEGHER DIRECTEUR DE LA RÉDACTION

Ne dites pas à mes parents que je travaille pour General Motors, ils pensent que je bosse pour une société de service informatique ! Voilà, en substance, ce que pourraient raconter les nouvelles recrues du premier constructeur automobile du monde. Le fait est un peu passé inaperçu, mais GM vient de lancer une énorme campagne pour recruter des spécialistes de l'informatique. Le constructeur entend embaucher 10 000 « geeks » d'ici 2015 pour plancher sur des sujets aussi variés que les big data, la mobilité, les architectures informatiques, le cloud computing, le développement d'applis et... la voiture du futur. Quatre « tech centers » seront d'ailleurs créés aux États-Unis pour héberger ces bataillons d'ingénieurs qui vont chasser sur les terres de Google, Facebook ou HP.

 

Le poids du logiciel dans l'ensemble de la chaîne de valeur est prépondérant

 

Bien sûr, tous ces spécialistes ne travailleront pas directement sur les voitures. Une bonne part aura la charge de maintenir et développer les systèmes d'information « maison » et les ERP, mais GM a clairement affiché sa vision. Selon lui, cette génération va changer la donne et pousser l'innovation automobile vers une nouvelle ère. Vu de ce côté-ci de l'Atlantique, le mouvement peut sembler d'avant-garde. Il ne l'est pas du tout. GM prend en fait acte d'une tendance de fond majeure dans les automobiles modernes : le poids croissant des technologies de l'information dans la création de valeur. Aujourd'hui, elles représentent 40 % du coût d'une voiture. Demain, elles pèseront de 70 à 75 % ! Dans la Chevrolet Volt, par exemple, (la voiture électrique de GM), toutes les interfaces sont accessibles via une planche de bord tactile : la gestion énergétique, les commandes de climatisation ou de radio... Et, au-delà du produit, si l'on pense à l'ensemble de l'écosystème, le poids du logiciel dans l'ensemble de la chaîne de valeur est prépondérant. Il en faut pour gérer la supply-chain, les relations clients, les nouveaux usages (comme la location à la demande ou l'autopartage), la réparation...

Finalement, ce que révèle ce mouvement, c'est que l'informatique ne peut plus être considérée comme un mal nécessaire mais qu'elle (re)devient une technologie de plus en plus stratégique. C'est ce qui a conduit GM à réinternaliser une grande partie de cette fonction. Son message finalement est assez simple : dans le monde de l'automobile, la valeur ajoutée n'est plus sous le capot mais dans le code.

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