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Du bois aux biocarburants grâce à la bioraffinerie

La start-up canadienne Lignol développe une bioraffinerie capables de produire de l’éthanol cellulosique à partir de résidus forestiers et agricoles. Elle s’attache également à valoriser les coproduits de la plante comme la lignine.

Les résidus forestiers et agricoles sont une source de carbone à partir de laquelle il est possible de recombiner toutes sortes de molécules d’intérêt : biocarburants, intermédiaires chimiques, matériaux et additifs… A condition de savoir séparer et raffiner les trois constituants majeurs de ce type de ressource : cellulose ; hémicelluloses et lignine. C’est ce à quoi s’attèle Lignol. Sur son site de Vancouver, la société canadienne exploite une plate-forme pilote de bioraffinerie capable de traiter jusqu’à une tonne par jour de déchets organiques.

Au cœur du procédé, la cellulose est séparée à l’aide d’un solvant organique. Par ajout d’enzymes, elle est ensuite décomposée en sucres, lesquels sont finalement fermentés pour produire de l’éthanol, valorisable comme biocarburant. La lignine, quant à elle, est purifiée et valorisée comme revêtement dans des matériaux ou résine dans des agglomérés. Ainsi, le site de Vancouver produit à partir d’une tonne de résidus forestiers jusqu’à 300 litres d’éthanol et 200 kilogrammes de lignine pure.

Valoriser toutes les fractions

Mais dans ce type de procédé complexe, le diable se cache dans les détails. La viabilité économique globale tient à la valorisation de toutes les fractions récupérables. Ainsi, Lignol consacre un effort considérable en R&D pour trouver un débouché pour les sucres contenus dans l’hémicellulose. « Nous explorons plusieurs voies, comme leur conversion en biocarburant, ou un raffinage pour en tirer des molécules d’intérêt chimique tels que de l’acide succinique ou du butanol », explique Gurminder Minhas, directeur du déploiement technologique chez Lignol.

La start-up est également en train de rassembler des investisseurs pour construire une unité de démonstration préindustrielle capable de traiter jusqu’à 300 tonnes de résidus par jour. Celle-ci devrait afficher une production de 30 millions de litres d’éthanol par an et 18 000 tonnes de lignine. « Cette unité servira à prouver la faisabilité de notre concept à grande échelle, avant de lancer des unités commerciales d’environ 1 000 tonnes par jour ».

De notre envoyé spécial au Canada, Hugo Leroux

 

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