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La smart city face à ses promesses à l'université de la Smart Building Association

La smart city face à ses promesses à l'université de la Smart Building Association

© Juliette Raynal

L'université d'été de la Smart Building Alliance a réuni à Bruxelles de nombreux acteurs engagés dans la transformation numérique du bâtiment et de la ville. L'occasion de faire le point sur les prochaines étapes à franchir pour faire émerger la ville du futur hyperconnectée.

Alors que se conclut la 6e université d’été dédiée au bâtiment et à la « Smart City », organisée les 4 et 5 septembre à Bruxelles par la Smart Building Alliance (SBA), la question du changement d’échelle était au cœur des discours. Pour les quelques 1000 acteurs (industriels, académiques, pouvoirs publics, start-ups...) présents à ces journées, l’enjeu est de s’appuyer sur le savoir-faire technologique acquis dans la gestion des bâtiments connecté pour l’appliquer à l’échelle d’un quartier, voire d’une ville. Pour l’association SBA, le bâtiment est « la brique de base » à partir de laquelle pourra se construire cette vision de la Smart City, ce tissu urbain hyperconnecté et dédié aux services. 

Avec la maturité aujourd’hui atteinte dans les domaines de l’internet des objets (IoT), de la modélisation et du traitement de données, notamment grâce à l’IA, la concrétisation de cette vision semble accessible. Mais pour les intervenants qui se sont exprimés lors de la séance plénière d’ouverture, si la ville connectée est bien quelque chose de désirable, tant pour gérer raisonnablement nos besoins énergétiques, que pour optimiser les flux dans un milieu urbain de plus en plus peuplé, il reste un certain nombre de verrous qui empêchent la généralisation de cette vision. 

La révolution se fait attendre

Certains même, à l’instar du professeur Greg Clark, senior advisor pour la banque HSBC sur les questions de la ville du futur et des nouvelles industries, déplorent que la révolution tarde à se mettre en route. « La technologie n’est pas un problème aujourd’hui. Les outils sont disponibles, mais encore faut-il les utiliser efficacement ». Selon lui, il faut éviter de complexifier à outrance la ville en rajoutant des couches de technologies, qui pourraient impacter négativement les habitants de la ville du futur si les bénéfices apportés par celles-ci ne sont pas clairement établis et acceptés par les usagers. 

Cécile Maisoneuve, présidente du « think tank » la Fabrique de la Cité, constate également que peu de projets concrets ont pris forme autour de la Smart City. Mais l’idée fait son chemin : « Je n’aime pas vraiment ce terme de Smart City, qui est un peu trop vague à mon goût, mais il a l’avantage de pouvoir réunir des personnalités d’horizons différents autour d’une même thématique pour travailler ensemble ». A la confluence des intérêts des citoyens, des industriels, des start-ups et des pouvoirs publics, il faut aujourd’hui trouver un langage commun pour orienter ces différents acteurs dans la même direction. « La vision collective est importante sur ce sujet, car la notion d’échelle est importante pour mettre en place cette ville nouvelle », confirme Limor Schafman, senior director du Smart Building Program, de l’association américaine des industries de télécommunications (TIA). 

Obtenir l'adhésion des citoyens

Côté pouvoir public, il faut préparer les citoyens à ce changement, qui pourra s’avérer brutal pour certains. « Le projet de Smart City nécessite des investissements colossaux, tant pour les bâtiments neufs que pour la rénovation de l’ancien », souligne Alain Maron, ministre du gouvernement de la région Bruxelles Capitale chargé de la Transition climatique, de l’environnement, de l’énergie et la démocratie participative. « Le contribuable sera impacté financièrement. Les pouvoirs publics devront faire un accompagnement presque social, maison par maison. Il faut trouver des leviers forts pour obtenir l’adhésion des citoyens ».

La sécurisation des flux de données, provenant de sources disparates, sera aussi nécessaire à l'adhésion des citoyens. Dans ce domaine, la mise en place d’une blockchain à l’échelle d’une ville pourrait permettre de fluidifier les échanges et garantir leur authenticité. Pour Limor Schafman, c’est sur ces flux de données que se bâtiront les villes du futur : « Comme les villes du moyen-âge se sont élevées près des voies de communication, routes ou fleuves, l’autoroute des données constituera la colonne vertébrale des prochains tissus urbains », conclut-elle.

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