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Interview

[Dossier CO2] « Nous sommes en train de faire notre révolution culturelle pour décarboner l'industrie », estime Philippe Darmayan, Président d'ArcelorMittal France

[Dossier CO2] « Nous sommes en train de faire notre révolution culturelle pour décarboner l'industrie », estime Philippe Darmayan, Président d'ArcelorMittal France

ArcelorMittal prévoit de réduire ses émissions de CO2 pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Un challenge fou et risqué, selon son président, mais nécessaire pour répondre aux attentes de la société.

Quelles sont les ambitions d’ArcelorMittal pour réduire ses émissions de CO2 ?

Nous nous sommes fixé comme objectif de réduire nos émissions de CO2 en Europe de 30 % d’ici 2030, en ligne avec notre ambition d’atteindre la neutralité carbone à horizon 2050. Pour nous, c’est une nouveauté. Nous sommes en train de faire notre révolution culturelle. C’est aussi un challenge fou, car extrêmement risqué. Mais nous y croyons.

Qu’est-ce qui vous motive ?

Nous ne sommes pas sourds et aveugles. Le monde évolue et la pression sociétale commence à être entendue et prise en compte par les pouvoirs publics. Depuis 2015 et la COP21, la France s’est engagée dans cette voie. L’Europe est en train de faire de même. C’est nécessaire ! De notre côté, si nous n’anticipons pas, nous nous retrouverons un jour ou l’autre en décalage avec la société. Tout le monde va dans ce sens : les financeurs, les embauches… Nous commençons à voir des personnes qui ne veulent pas travailler dans l’acier parce que c’est une industrie émettrice de CO2. Ce n’est pas une légende, c’est la réalité. Il y a longtemps que je ne critique plus cela. Je l’entends et je considère que c’est à nous d’inventer le monde de demain, sans CO2.

Quel est votre calendrier ?

En Europe, notre premier plan vise à réduire nos émissions de CO2 de 30 % d’ici 2030 par rapport à aujourd’hui. Pour cela, nous misons sur des solutions de progrès continu comme le travail sur l’efficacité énergétique. Nos hauts-fourneaux émettent beaucoup de gaz et de chaleur que nous pouvons récupérer et réutiliser. Cela permet de réduire la quantité de coke - dérivé du charbon - utilisé dans nos procédés notamment pour fournir de la chaleur, tout en produisant la même quantité d’acier. Dans une démarche d’économie circulaire, nous pouvons également incorporer plus de ferraille. Mais ceci n’est valable que pour les industries basées dans les pays riches qui en génèrent des quantités importantes. Enfin, il y a le captage, stockage et l’utilisation du CO2. Pour le moment, nous montrons la faisabilité de cette solution que nous allons tester, avec des procédés différents, sur les usines de Dunkerque et Gand. Nous serons prêts en 2030, voire avant. Mais il faudra procéder à une réévaluation pour décider si nous y croyons ou pas. 

Et après 2030 ?

Nous visons la neutralité carbone à horizon 2050, en phase avec le « Pacte vert » proposé par la Commission européenne. Si les solutions évoquées précédemment aideront à réduire les émissions de CO2, elles ne permettent pas d’atteindre cette neutralité carbone. Sous réserve que nous ne trouvions pas d’autres voies, il faudra faire un pas technologique de plus afin de trouver comment produire de l’acier sans émettre de CO2. C’est là qu’interviennent l’utilisation de l’hydrogène et l’électrolyse du minerai de fer. Il y a eu des échanges entre les sidérurgistes sur les technologies possibles et chacun a choisi un certain nombre de voies. ArcelorMittal travaille sur l’électrolyse et la réduction du minerai de fer avec de l’hydrogène avant de l’envoyer dans des fours[…]

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