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[Dossier] L'impression 3D trouve ses niches en production

Alexandre Couto
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[Dossier] L'impression 3D trouve ses niches en production

La fabrication additive a fait son entrée dans l’usine en ciblant certaines applications où elle apporte une réelle valeur ajoutée. Les machines doivent cependant gagner en robustesse.

Autant le souligner d’emblée : la réalité de l’impression 3D industrielle a peu à voir avec la révolution vantée il y a une dizaine d’années. Porteuse de nombreuses promesses – et de fantasmes – qui ont accompagné l’essor de l’industrie 4.0, la fabrication additive est bien loin d’avoir supplanté les procédés traditionnels dans les usines.

« Il y a eu beaucoup d’évolutions ces dernières années, notamment avec le développement des applications métal, mais à l’échelle mondiale, le volume de pièces produites demeure faible », relève Céline Razat, experte en fabrication additive. Si cette technologie est couramment sollicitée en R & D, en particulier pour le prototypage rapide, le basculement vers la production est plus lent qu’escompté. L’usinage, la fonderie et l’injection des plastiques ont encore de beaux jours en perspective.

Mais ce constat ne doit pas masquer la dynamique engagée. Selon une étude de Smartech parue en 2019, le marché mondial de la fabrication additive devrait progresser de 21 % par an d’ici à 2027, passant de 14 milliards de dollars (13 milliards d’euros) à 41 milliards de dollars (38 milliards d’euros).

1,5 milliard de dollars en 2019 pour des pièces finies

Surtout, le dernier rapport de Wohlers, publié fin mars, révèle une forte progression des dépenses des industriels pour l’impression de pièces finies et fonctionnelles. Celles-ci ont bondi de 116 % en quatre ans, s’élevant à 1,5 milliard de dollars en 2019 (1,39 milliard d’euros), contre 693 millions de dollars (641 millions d’euros) en 2016. L’impression 3D a bel et bien franchi le cap de la production.

« Depuis 2017, les attentes des industriels se sont précisées, explique Jérôme Julien, le responsable de la transformation digitale industrielle chez Segula Technologies. Après une phase de R & D sur les technologies de fabrication additive, pour évaluer leur potentiel, les usines sont passées à l’identification de cas d’usage où l’additif pourrait être pertinent. L’objectif est de l’intégrer aux chaînes de production, au côté des procédés traditionnels. »

Le coût de l'impression 3D métal, principal frein

Une adoption très variable selon les secteurs. Car loin de l’imprimante de bureau popularisée par les fablabs, l’impression 3D industrielle nécessite un lourd investissement qui doit être mûrement réfléchi. « Le coût est le principal frein au développement du procédé ! », lance Jean-Daniel Penot, le responsable de la fabrication additive au Campus d’enseignement supérieur et de formation professionnelle. « Environ 50 % du coût d’une pièce métallique imprimée est lié à l’amortissement de la machine. Il est difficile de rivaliser avec les procédés traditionnels sur cet aspect. »

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