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[Dossier] "L'Europe a besoin de champions de la batterie", affirme Jean-Baptiste Pernot, le directeur des opérations et de la transformation de Saft

 [Dossier]

Jean-Baptiste Pernot, le directeur des opérations et de la transformation de Saft.

© Hervé Boutet

Un centre de R & D et une usine pilote en 2021 dans le Sud-Ouest, une usine géante dans le Nord en 2023 et une autre en Allemagne d’ici à 2026 pour une capacité de production totale de 48 GWh… Saft, via sa coentreprise avec PSA-Opel, que Renault doit rejoindre, veut être un acteur majeur de la future industrie européenne du Li-ion pour l’automobile. Un défi face à la domination asiatique.

Industrie & Technologies : L’Europe se lance dans la production de batteries Li-ion avec un nombre impressionnant de projets d’usines. Comment analysez-vous cet élan ?

Jean-Baptiste Pernot : Nous sommes au début d’une révolution. Pour un industriel de la batterie, c’est une époque formidable. L’essor des énergies renouvelables et, surtout, de la mobilité électrique va faire croître exponentiellement le marché du Li-ion. Il devrait atteindre 600 GWh en 2025, dont 150 à 180 GWh pour l’Europe. Voilà pourquoi tant de projets d’usines existent. Ce qui est remarquable, c’est qu’il y en a beaucoup en Europe. En effet, la batterie est stratégique pour les constructeurs automobiles. Elle remplace en quelque sorte le moteur à combustion et compte pour 30 à 40 % du prix d’une voiture électrique. Les constructeurs européens ne peuvent pas se permettre de dépendre d’usines situées à 10 000 km aux mains d’asiatiques. Il y a donc une volonté politique de bâtir une industrie européenne des batteries.

Nombre de ces projets sont menés par des acteurs asiatiques. Veut-on seulement des usines européennes ou plutôt des industriels européens ?

Les deux ne sont pas équivalents. On pourrait se satisfaire, à court terme, de l’installation d’acteurs asiatiques en Europe. Mais cela pose question à plus long terme. D’une part, la R & D et ses emplois qualifiés resteraient en Asie, comme les décisions stratégiques. D’autre part, des partenariats privilégiés entre fabricants de batteries et constructeurs automobiles européens seraient moins aisés, alors qu’ils seront essentiels pour être bien positionné dans la bataille mondiale de la voiture électrique. L’Europe a besoin de champions de la batterie. L’ambition d’ACC (Automotive Cells Company), notre coentreprise avec PSA-Opel, est d’être un tel champion. Avec nos deux gigafactories, nous comptons produire en 2030 environ 1 million de batteries de voitures électriques par an, soit 10 à 15 % du marché européen.

La valeur d’une batterie Li-ion réside avant tout dans ses matériaux et ses composants. Seront-ils produits en Europe ?

Un certain nombre de projets sur les composants clés sont dans les tuyaux. Concernant les matériaux de cathode, Umicore et BASF prévoient d’investir dans des usines, en Pologne pour le premier, en Allemagne et en Finlande pour le second. Solvay et Arkema travaillent sur les électrolytes. Ils ont encore peu de capacités de production dédiées, mais des projets pour les futures générations de batteries. L’installation d’une industrie des cellules Li-ion en Europe change la donne et va tirer toute la chaîne. Certains chimistes qui pouvaient se dire « ce n’est pas pour moi, c’est un jeu en Asie entre asiatiques » montent maintenant des projets. Notre objectif est d’avoir largement plus de la moitié en valeur de nos[…]

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