Nous suivre Industrie Techno

[Dossier] Bosch met les bouchées doubles dans la 5G pour son usine de Worcester

Kevin Poireault

Sujets relatifs :

, ,
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

[Dossier] Bosch met les bouchées doubles dans la 5G pour son usine de Worcester

Bosch est l’un des pionniers de la 5G industrielle. Son usine de Worcester, au Royaume-Uni, en est une parfaite illustration. Elle teste un réseau cellulaire nouvelle génération depuis près d’un an. Et s'apprête à passer à la vitesse supérieure.

Du premier étage de l’usine Bosch de Worcester, en plein centre du Royaume-Uni, Andrew Bentley balaie du regard l’atelier : « Durant la première phase de test, avec les équipements Huawei, le réseau privé 5G ne couvrait que la moitié de la pièce. » Le directeur technique du site, qui fabrique des chaudières gaz à condensation murales, s’empresse de préciser, en pointant du doigt les cinq lignes d’assemblage : « Avec les six antennes fournies par Ericsson, nous l’étendons à l’ensemble de l’usine. »

En ce début d’année, celle-ci est en pleine transition : les équipements du fournisseur suédois Ericsson remplacent ceux du chinois Huawei. Rien à voir avec les inquiétudes qui planent autour de ce dernier, affirment d’une seule voix Andrew Bentley et Stephen Ashton, le responsable de la connectivité au sein du comté du Worcestershire. L’objectif est de passer d’un réseau semi-privé à un réseau entièrement privé.

« Avec Huawei, le réseau reposait sur un cœur de réseau partagé. L’architecture d’Ericsson nous permet de ramener l’antenne et le cœur de réseau à Worcester, à quelques kilomètres de Bosch, et d’installer un multi-access edge computing (MEC), un cloud local », détaille le fonctionnaire. Une infrastructure qui permet de profiter pleinement des meilleures capacités du réseau, comme l’ultra-haut-débit et la très faible latence.

Un projet soutenu par le gouvernement britannique

L’aventure 5G dans ce coin de l’Angleterre industrielle est à mettre au crédit de Mark Stansfeld. Cet ancien cadre de l’opérateur O2, aujourd’hui conseiller chez l’opérateur Three, est aussi le patron du Worcestershire local enterprise Partnership (Wlep), qui réunit les industriels locaux au sein du comté. En 2016, ce dernier propose de faire bénéficier les entreprises locales de la connectivité 5G. Un an plus tard, le gouvernement annonce son intention d’investir 1 milliard de livres dans un programme de tests de la 5G, nommé 5G Testbeds and trials programme.

« Worcester Bosch, le fournisseur japonais de machines-outils Yamazaki Mazak et une entreprise de cyberdéfense, QinetiQ, ont rapidement répondu présents, puis nous avons contacté Huawei, O2 et Three, relate Stephen Ashton. Nous avons créé le consortium. D’autres acteurs l’ont rejoint par la suite. »

Le projet est sélectionné par le gouvernement britannique, qui débloque les premiers financements – d’un buget global de 7,2 millions de livres – en mars 2018. Moins de trois mois plus tard, les travaux démarrent. « Au départ, les équipements pour créer un réseau 5G privé intérieur n’existaient tout simplement pas, poursuit Stephen Ashton. Nous avons commencé par construire un réseau privé extérieur au siège du consortium, où est aujourd’hui installée l’antenne. »

Le Worcester 5G consortium inaugure le réseau 5G privé dans l’usine Bosch en février 2019, après huit mois de tests. Il utilise 100 MHz de fréquences allouées pour l’expérience dans la bande des 3,6-3,8 GHz.

Flexibilité à moindre coût

Un an plus tard, les résultats semblent probants : les tests ont montré une hausse de la productivité de 2 %, selon un document interne au Wlep dévoilé par Stephen Ashton. À l’échelle du Royaume-Uni, un tel gain représenterait, d’après cette étude, 3,6 milliards de livres par an. « Nous sommes avant-gardistes ! », s’exclame Andrew Bentley, avant de s’arrêter devant une machine qui semble plus récente que les autres. « Voici notre nouvelle machine-outil à commande numérique, qui produit les cellules thermiques WB7. Elle nous vient de Kurth & Heuser. » Cette machine est pourvue d’un capteur XDK, fabriqué par le groupe Bosch lui-même et intégré à un modem 5G, afin d’analyser en temps réel l’évolution de chaque pièce de l’équipement (moteur, arbre de transmission, levier de vitesse…).

Des informations envoyées en direct vers les logiciels d’analyse, programmés par des spécialistes des données de Bosch pour envoyer des alertes par SMS au technicien de maintenance dès qu’un paramètre est anormal. « Cette machine nous a coûté un demi-million de livres. Nous aimerions savoir très précisément son état de santé pour dépenser le moins possible en réparations. La 5G nous le permet. »

Capteurs XDK et modems 5G

En plus de la centaine de capteurs XDK disséminés dans l’usine, les caméras de certains[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°1028

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2020 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Tests Covid-19 de Bio-Rad, Global Industrie, jumeau numérique et Li-ion, le best-of de la semaine

Tests Covid-19 de Bio-Rad, Global Industrie, jumeau numérique et Li-ion, le best-of de la semaine

Cette semaine, vous êtes nombreux à avoir voulu comprendre les trois points clés du test sérologique de Bio-Rad[…]

« Pour survivre à la crise covid-19, l’industrie française va devoir accélérer son virage vers le 4.0 », prévient Sébastien Gillet directeur du salon Global Industrie

« Pour survivre à la crise covid-19, l’industrie française va devoir accélérer son virage vers le 4.0 », prévient Sébastien Gillet directeur du salon Global Industrie

Les ransomwares complexes, nouveau standard des cyberattaques contre les infrastructures critiques

Les ransomwares complexes, nouveau standard des cyberattaques contre les infrastructures critiques

« Les technologies numériques deviendront encore plus importantes pour l'industrie », pointe Stéphane Siebert, directeur de la recherche technologique du CEA

« Les technologies numériques deviendront encore plus importantes pour l'industrie », pointe Stéphane Siebert, directeur de la recherche technologique du CEA

Plus d'articles