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Dopés par l’innovation, les cobots gagnent du terrain sur les robots traditionnels

Alexandre Couto

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Dopés par l’innovation, les cobots gagnent du terrain sur les robots traditionnels

© Universal Robots

Une étude récente du cabinet Interact Analysis estime que si la robotique collaborative ne représente encore qu’une petite part du marché des robots, la mise en place d’un écosystème innovant autour des cobots devrait permettre à cette technologie de gagner rapidement des parts de marché.

Plus polyvalente et plus flexible, la robotique collaborative séduit de plus d’industriels et trouve de plus en plus d’applications face aux robots traditionnels. C’est ce qui ressort d’une étude du cabinet Interact Analysis publiée le 18 janvier.

Selon cet observateur du secteur de l’automatisation, le marché mondial des cobots devrait rapidement sortir de la crise liée au Covid-19  et connaître une croissance annuelle moyenne (CAGR) en valeur de l’ordre de 15 à 20 % jusqu’en 2028. Il devrait alors s’établir à 1,9 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros). Jusqu’en 2024, le chiffre d’affaires du marché français de la cobotique devrait connaître une croissance CAGR de 6,1 %.

La robotique collaborative tire son épingle du jeu face à un marché de la robotique industrielle globalement en berne, note l’étude. En effet, l’International Fédération of Robotics (IFR) déplorait en septembre 2020 une chute des livraisons mondiales de robots de -12 % entre 2018 et 2019. A contrario, les livraisons de cobots étaient en augmentation de +18% sur cette période selon Interact Analysis.

Un potentiel de croissance élevé

A l’horizon 2028, les cobots devraient représenter presque 16 % du marché global de la robotique – une estimation certes revue à la baisse par rapport aux prévisions pré-covid-19 mais qui demeure dans une dynamique positive malgré le coup d’arrêt subi en 2020 par de nombreux secteurs industriels. En 2019, les cobots ne représentaient que 4,8 % des robots industriels installés dans le monde selon l’IFR.

« Les cobots ont assoupli la robotique industrielle et ont un grand potentiel d’utilisation dans des industries non-manufacturières, comme la logistique, l’éducation et même le secteur des services », explique dans une note de synthèse Maya Xiao, analyste principale du secteur des cobots chez Interact Analysis. « Cela se traduit par un potentiel de croissance beaucoup plus élevé que les robots traditionnels »

Cette grande polyvalence des cobots est portée par un véritable écosystème, constitué de fournisseurs de capteurs, de systèmes de vision, de préhenseurs ou encore de logiciels, qui rendent accessibles même aux petites entreprises des briques technologiques innovantes. Ces outils permettent de proposer des solutions « plug-and-play » afin d’adapter le cobot à un vaste champ d’applications. Ces appareils peuvent également être rapidement reconfigurés pour suivre les besoins de flexibilité de la production.

La flexibilité, fer de lance de la robotique collaborative

« Le vrai bénéfice des robots collaboratifs n’est pas nécessairement le fait qu’ils peuvent collaborer avec les humains », avait mis en avant en décembre dernier Rian Witton, analyste pour ABI Research, à l’occasion d’un bilan publié sur le site de la Robotic Industries Association (RIA). « C’est surtout qu’ils peuvent être facilement redéployés et ne nécessitent pas des investissements importants dans des infrastructures pour les installer. C’est vraiment cette flexibilité qui les démarque des bras robotisés industriels »

Pour autant, certains robots traditionnels – des bras polyarticulés de petites dimensions ou des robots de type SCARA - pourraient venir concurrencer les cobots sur le domaine de la flexibilité dans certaines applications de «pick and place », relèvent les analystes d’Interact Analysis. Ces robots pourraient bénéficier de nouveaux capteurs et éléments de sécurité pour faciliter leur intégration dans l’espace de travail.

Les petites charges utiles sont privilégiées

Parallèlement, les cobots deviennent plus costauds et peuvent désormais manipuler des charges de l’ordre de 10 à 20 kg, se rapprochant des robots traditionnels. Mais les applications restent encore limitées : seuls les domaines de la logistique et de la plasturgie devraient se montrer intéressés par ces robots, estime Interact Analysis. Le cabinet d’étude prévoit que les cobots dotés d’une charge utile inférieure à 9 kg devraient représenter 85 % des livraisons à l’horizon 2024.

L’Automobile et l’électronique sont actuellement les deux principaux secteurs pour la cobotique. Ils devraient conserver cette position jusqu’en 2024.

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