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Données numériques : gare à la perte de mémoire !

Ridha Loukil
Données numériques : gare à la perte de mémoire !

Les fabricants de disques optiques numériques privilégient le prix bas à la longévité de leurs supports.

© DR

Un rapport des Académies des Sciences et des Technologies met en évidence les risques accrus de perte des données liés à la fragilité des médias numériques de stockage. Ainsi, 10 % des disques optiques seraient illisibles au bout d'un an.

Nous croyons tous qu’en mettant nos photos, vidéos et fichiers sur CD, DVD, disque dur et autres supports numériques de stockage, nous améliorons la longévité des données que nous conservons. Et les PME font la même choses avec leurs données professionnelles.

Les messages publicitaires sur les disques optiques nous promettent une conservation éternelle des données. Erreur ! La réalité est que le stockage numérique accroit considérablement les risques de perte des données. C’est du moins la conclusion du rapport ''Longévité de l’information numérique : les données que nous voulons garder vont-elles s’effacer ?'', qui vient d’être publié conjointement par l’Académie des Sciences et l’Académie des Technologies. Objectif : sensibiliser le grand public sur les dangers du numérique qui tend à se généraliser depuis les photos souvenirs jusqu’aux factures.

« Sur les disques optiques enregistrables, qui constituent le média numérique privilégié de stockage dans le grand public, la longévité est très variable en fonction de la qualité de production, mais aussi des conditions de conservation (température, humidité, lumière…). Dans tous les cas, on est loin des promesses de certaines publicités. D’après les tests que nous avons effectués, 10 % des disques deviennent illisibles au bout d’un an », relève Franck Laloë, directeur de recherche au CNRS et l’un des rédacteurs du rapport.

Longévité ou bas prix, il faut choisir

« Techniquement, il est possible de réaliser des disques optiques ou des disques durs offrant une longévité satsifaisante. Mais ceci est contraire à la logique actuelle de développement qui cherche plutôt à offrir toujours la plus grande capacité possible de stockage pour le prix le plus bas possible », remarque Jean-Charles Hourcade, ancien CTO de Thomson et co-auteur du rapport.

La solution consiste à avoir une démarche pro-active en vérifiant tous les 2 ou 3 ans ses enregistrements et en transférant le contenu enregistré vers des supports neufs. Cette démarche, appliquée par les grandes entreprises et les fournisseurs de services de stockage en ligne, fait défaut dans la grande majorité des PME-PMI, tout simplement parce qu’elles sont inconscientes du problème.

Le rapport sera disponible le 08 avril 2010 aux éditions EDP-Sciences.

Ridha Loukil

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