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Dompter le climat : Bloom, une bulle pour fertiliser les océans en phytoplanctons

Dompter le climat : Bloom, une bulle pour fertiliser les océans en phytoplanctons

Image d'artiste de Bloom

Pour lutter contre le réchauffement climatique, des projets audacieux de géo-ingénierie proposent de corriger le climat à l’échelle globale de la planète. Dans cette série sur le sujet, Industrie & Technologies vous propose de découvrir quelques-unes de ces technologies qui vont des plus  fantasques au plus réalistes. Aujourd’hui, une étonnante bulle pour cultiver le phytoplancton, gros consommateur de CO2.

 

Quand certains travaillent sur des systèmes d'absorption du CO2 présent dans l'atmosphère, d'autres misent sur la capacité des d'absorption des océans. Les océans constituent en effet une formidable éponge à carbone grâce au rôle joué par les phytoplanctons, qui fournissent par photosynthèse plus de la moitié de l’oxygène de la planète. Pour favoriser l’éclosion de ces planctons marins, une douzaine d’expériences de « fertilisation en fer » ont été conduites par les scientifiques depuis le début des années 90.

En 2009, une expérience de trois mois conduite dans l’océan austral a testé l’efficacité de cette idée. Quatre tonnes de poussières de fer ont été éparpillées sur une zone de 300 km2. Une efflorescence de phytoplanctons est rapidement observée, mais s’est arrêtée au bout de deux semaines. Sans compter que les conséquences dues à l’ajout de fer sont mal connues. Elles pourraient accélérer l’acidification des océans et pourraient avoir des répercussions sur la chaine alimentaire. Aujourd'hui, ces recherches font l'objet d'un moratoire.

D’autres projets partent du même principe de fertiliser les océans en phytoplancton, mais sans utiliser le fer. Bloom est une structure semi-submersible constituée de 12 aquariums sphériques où grandiraient les phytoplanctons, avant d’être rejetées en pleine mer dans les zones mortes d’où elles ont disparu. Le projet est basé sur une technologie du MIT, et initiée par les architectes français Emmanuel Sitbon et Selma Feriani. La sphère semi-immergée Bloom (« efflorescence » en français) abriterait également des laboratoires scientifiques et des espaces ludiques.

Le projet répond au double enjeu de la montée des eaux et du réchauffement planétaire. Grâce à leur photosynthèse, les phytoplanctons sont une source importante d’oxygène. Et pour cela, il pompe et fixe le CO2 présent dans son environnement.  Différentes espèces de phytoplanctons ont été sélectionnées pour assurer plusieurs fonctions : dépollution ou production de biomasse. La structure serait divisée par niveaux, tous connectés par les boules centrales où se déroulerait un processus de désalinisation par osmose inverse dans des piscines successives. L'eau de mer serait filtrée dans des strates pour être purifiée et donner in fine de l'eau douce dans le bassin supérieur.

Amarrée au fond marin grâce à un système de câbles, la bulle de 45 mètres de diamètre pourrait aussi être itinérante. Pour déployer leur projet offre, les deux architectes comptent sur les industriels émetteurs de CO2 qui pourraient adopter la technologie pour adoucir leur bilan carbone. Le projet a été primé lors du Korean Festival Architecture et a été finaliste des Architizer A+ Awards dans la catégorie "Architecture + Weather".

Les premiers prototypes ont été développés en partenariat avec une université américaine et testés dans le lac Minnesota. Une première bulle pourrait être fonctionnelle d’ici à 2018, dans l’océan Indien, selon certaines sources.   

Encore faudrait-il être certain que le développement massif des phytoplanctons dans l’océan ait réellement un impact. Selon Francesco d’Ovidio, chercheur au CNRS, qui a participé à l’analyse des chiffres, l’effet serait en fait marginal, au mieux 5% du CO2 produit par l’homme.

 

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