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Dix transpalettes électriques de manutention

WILFRIED MAISY redaction@industrie-technologies.com
L'année 2010 est riche en sorties de transpalettes, et en nouveautés technos sur ces petits matériels de manutention : paramétrages de conduite, automatisation du freinage, ajustements au profil d'un cariste, pour plus de sécurité, de silence et de confort. La sélection d'Industrie et Technologies, 100 % électrique, conjugue au passé les transpalettes manuels.

Dans la famille magasinage, les transpalettes sont les cadets, mais aussi les plus utilisés des chariots de manutention. Ils sont dédiés à une application unique : le transfert de palettes à l'horizontale, soit pour charger des camions, soit pour rassembler des marchandises, qui seront ensuite transportées au moyen de chariots frontaux. Un transpalette se caractérise par deux bras de fourche pouvant s'élever à quelques centimètres du sol, permettant ainsi à l'opérateur de décoller et de déplacer les palettes sans efforts.

Choisir un transpalette, c'est avant tout considérer le type de palettes à bouger. Quel est le poids de la marchandise ? Ses dimensions ? La nature des produits ? En réponse, un chariot pourra porter 1 à 2 tonnes ; être muni de fourches d'un à deux mètres. Son rayon de braquage lui permettra de tourner sur un espace de 1,5 à 2 mètres. Ses caractéristiques de vitesse et d'accélération pourront être adaptées à la fragilité du produit.

La pénibilité en moins

En premier lieu, la charge oriente le choix essentiel : un transpalette manuel ou un modèle électrique, qui allège la pénibilité du travail. Au-delà de 400 à 500 kg, la question ne doit plus se poser. Selon la recommandation R367 de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), et face au développement des TMS (troubles musculo-squelettiques), un transpalette manuel convient dans la limite des 360 kg pour une femme et 600 kg pour un homme. Par défaut, les 360 kg sont devenus une norme dans la grande distribution, puis dans l'industrie. Une palette de bouteilles d'eau, par exemple, représente 800 kg. L'assistance électrique, tant dans la translation que l'élévation de la charge, est un progrès certain pour les caristes. Question prix, les premiers modèles manuels coûtent moins de 300 euros, quand les électriques affichent au moins 1 000 euros.

Deuxième point : quelle est la distance de portage ? Faut-il évoluer sur un bout de quai d'entrepôt, ou sur plusieurs centaines de mètres entre plusieurs espaces logistiques. En fonction, l'utilisateur se tournera vers un simple modèle de transpalette électrique accompagnant (le cariste marche derrière le transpalette) ou à conducteur porté (il est debout sur une tablette parfois relevable, voir assis). À destination, se pose la question du déchargement, à réaliser à terre ou dans un camion. Dans ce dernier cas, l'utilisateur a besoin d'un modèle compact. Enfin, si des rampes sont à monter et des obstacles à franchir, la garde au sol et la hauteur de levée du transpalette sont des critères à prendre en compte. « En fonction de la productivité recherchée, nous orientons nos clients vers un simple transpalette électrique, dont la vitesse atteint 6 km/h ; un modèle à plate-forme rabattable, qui atteint 9 km/h ; à conducteur porté debout, qui réalise jusqu'à 11,2 km/h ; ou encore nous proposons un transpalette à conducteur porté assis debout, qui peut acheminer deux palettes jusqu'à 11, voir 20 km/h », développe Stéphane Boutron, directeur marketing de Still. Et de détailler les nouveaux modèles de transpalettes EXU SF qui embarquent une plate-forme rabattable dotée d'un dispositif pneumatique d'amortissement des vibrations et des chocs, réglable par une valve. « Le conducteur adapte l'amortissement à son poids. Des barrières latérales rabattables capitonnées le retiennent lors des déplacements. Ces machines portent un timon télescopique court en mode porté et long en mode accompagnant, et dont les touches en relief permettent de manipuler plus facilement le chariot avec des gants. »

Réduire les nuisances

Autre exemple 2010 avec la série WT 3000 de Crown, dont les roues stabilisatrices sont montées sur des ressorts de torsion, afin d'absorber les secousses subies par le châssis. La machine est équipée du système breveté FlexRide, qui permet d'ajuster la suspension au poids du cariste, « réduisant les vibrations jusqu'à 80 % », selon le constructeur.

De son côté, le fabricant BT s'est attaché à réduire les nuisances sonores. Il a sorti une version silencieuse du transpalette Levio LWE200. « Ses roues souples et un système de levage spécifique limitent les émissions sonores. Des matériaux antivibrations et réducteurs de bruits ont été placés à l'intérieur du châssis et du compartiment moteur. »

On est ici bien loin du transpalette manuel, tant en termes de dimensions, de performances que de prix. Il faut prévoir au moins 5 000 à 10 000 euros pour un transpalette électrique tout équipé et bourré d'électronique. Les chariots sortis en 2010 mettent l'accent sur la sécurité et l'ergonomie. Le confort de l'assise, de la vision et de la conduite n'est plus un luxe, mais une nécessité humaine et économique. Car en cas d'accident de manutention, le coût peut être lourd sur tous les plans. « Deux tiers des accidents mortels de chariots sont dus à un choc avec un piéton, note Olivier François, secrétaire général adjoint Pôle technique au Syndicat des équipements pour la construction, les infrastructures, la sidérurgie et la manutention (Cisma). Les fabricants ont beaucoup progressé sur la stabilité, la suspension, le contrôle de la vitesse en fonction de la hauteur des fourches, de la charge et des virages. Les commandes sont simplifiées. La maintenance est facilitée par un meilleur accès à la batterie et au moteur. »

Tout électronique

Au niveau électronique, les nouveaux transpalettes sont de plus en plus pointus. La généralisation des motorisations électriques à courant alternatif et asynchrone permet de paramétrer finement les véhicules en fonction de l'utilisation et de la physionomie du conducteur. À la livraison d'un chariot ou lors de visites techniques, un technicien règle avec son client la vitesse maximale et la réactivité du véhicule. Avec un équilibre à trouver : plus le chariot est « nerveux », plus il est performant ; mais ses batteries se déchargent plus vite. Un chariot doit pouvoir être autonome au moins 6 heures. « En standard sur nos transpalettes, la vitesse est réduite automatiquement dans les virages, selon l'angle d'inclinaison du gouvernail, souligne Laurent Hanser, chef de produit magasinage de Fenwick-Linde. Le timon porte un capteur permettant de calculer la taille de l'opérateur et d'asservir l'accélération du chariot à la personne. On peut aussi définir un effet « booster », qui donne un surplus de puissance pour sortir d'un creux, par exemple. En outre, la puissance de freinage augmente en fonction de la charge. Plus on porte lourd, plus on doit pouvoir s'arrêter vite. »

Sur la base d'un modèle standard, tel que le T20 de Fenwick (environ 6 800 euros), le client peut opter pour de multiples options. « Un modèle à plate-forme rabattable est plus cher de 40 %, mais son moteur est plus puissant (pour une vitesse de 10 km/h au lieu de 6 km/h) et sa batterie dure plus longtemps (500 Ah contre 375 Ah). Le retour sur investissement, c'est la productivité. Par ailleurs, le choix des roues du chariot est important. Au-delà du modèle de base en caoutchouc, des roues non marquantes, en polyuréthane ou pour sol glissant pourront coûter 100 euros de plus. »

8 TRANSPALETTES ÉLECTRIQUES : TABLEAU VOIR PDF

PART

Les transpalettes représentent plus d'un tiers des ventes de chariots en France.

LE PLUS SÛRFENWICK T20 (AP)

Cette gamme de transpalettes porte la technologie Sinergo, qui contrôle la vitesse maximale du chariot en fonction de la distance qui sépare l'opérateur de sa machine. Le système électronique durcit le timon en fin d'inclinaison, afin d'éviter les arrêts brusques et intempestifs. Une fonction de vitesse lente permet de manoeuvrer dans les espaces exigus sans incliner le timon. La gamme est équipée d'un système de diagnostic et de contrôle d'accès. FICHE Capacité de charge 1 600 à 2 000 kg Levée de fourches 0,13 m Vitesse 6 km/h Prix à partir de 6 800 euros

LE MEILLEUR COMPROMISHYSTER P1.3

Nouveauté 2010 : le petit transpalette électrique Hyster P1.3 d'une charge de 1 300 kg est une alternative à un transpalette manuel. D'une puissance limitée, il est conçu pour des applications légères. Il fonctionne sur deux batteries 12 V et se recharge directement sur une prise électrique standard. Sa capacité lui permet de travailler jusqu'à deux heures d'affilée. Il dispose d'un freinage par régénération et d'un compteur horaire. FICHE Capacité de charge 1 300 kg Levée de fourches 0,13 m Vitesse 6 km/h Prix à partir de 3 700 euros

LE PLUS URBAINKION (STILL ET FENWICK-LINDE) CITI

Sorti en juin 2010, cet outil est commun au groupe Kion (Still et Fenwick-Linde). Il est adapté aux livraisons de charges jusqu'à 500 kg sur le « dernier kilomètre ». Très compact, sa longueur hors fourche est inférieure à 410 mm. Sa roue avant est en caoutchouc cranté (310 mm de diamètre et 85 mm de large). Ses galets arrière épousent la forme des obstacles, pour franchir sans effort et sans bruit les trottoirs et passages de seuils jusqu'à 70 mm de haut. FICHE Capacité de charge 500 kg Levée de fourches 0,125 m Vitesse 6 km/h Prix à partir de 3 200 euros

BRUNO DIAKASE RESPONSABLE AUX SERVICES GÉNÉRAUX DE LA PLATE-FORME MOISSY CRAMAYEL DE LA SNCF.« Chaque engin est dédié à un espace »

« Le transpalette électrique est notre outil de base. Nous l'utilisons pour décharger au sol des camions en réception, déplacer des palettes et les organiser par références. Ou encore pour manipuler des batteries de chariots dans la salle de charge, par exemple, et rassembler des déchets qui sont ensuite évacués par de plus gros véhicules de manutention. Par rapport à un chariot rétractable, la petite taille du transpalette lui permet de tourner dans des espaces exigus. Nous exploitons 5 modèles à conducteur accompagnant et 2 véhicules à conducteur porté pour parcourir de plus longues distances. Mais d'une manière générale, cet outil est dédié à un espace défini. Nous évitons de trop déplacer les transpalettes pour éviter les risques de collisions avec d'autres chariots. »

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