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Dispositifs médicaux : les enjeux majeurs de leur développement

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Le Pr. Jean-Louis Coatrieux, directeur de recherche INSERM en technologies médicales, fait le point sur la recherche technologique autour des dispositifs médicaux.


A l'occasion de la première édition du Medtec France, qui ouvre ses portes aujourd'hui à Besançon, le Professeur Jean-Louis Coatrieux, directeur de recherche à l'INSERM en technologies médicales, insistera sur l'importance de la recherche de la qualité des dispositifs médicaux, non seulement d'un point de vue financier, mais aussi pour l'amélioration du confort du patient. Il y animera notamment une conférence et une table ronde sur l'innovation.

En matière de développement et de fabrication des dispositifs médicaux, l'ingénierie médicale améliore sans cesse les qualités et les performances des produits. Jean-Louis Coatrieux définit, quant à lui, la qualité d'un dispositif médical : « par l'amélioration du confort pour le patient, en allégeant les traitements ou en privilégiant les interventions minimales invasives ».

Une innovation constante est indispensable

« Dans la pratique, les améliorations apportées par l'innovation se ressentent du diagnostic à la thérapie. C'est le cas en imagerie médicale où les technologies innovantes offrent une meilleure résolution spatio-temporelle et permettent aux praticiens de mieux visualiser et de suivre les mécanismes des petites lésions. Elle peut aussi permettre de réduire la toxicité de certains produits radio-pharmaceutiques dans la visualisation d'une tumeur », explique Jean-Louis Coatrieux.

Outre l'imagerie, les dispositifs médicaux implantables doivent également poursuivre une quête d'innovation permanente. Selon le directeur de recherche : « les prothèses de hanche proposées aujourd'hui doivent par exemple être mieux adaptées aux caractéristiques des patients et plus robustes. Les progrès en orthopédie passent par une plus grande compatibilité des prothèses aux tissus vivants et par un contrôle accru des propriétés des produits afin d'éviter les complications ».

Les prothèses cardiaques répondent aux même contraintes. Selon le professeur : « elles doivent être plus intelligentes. Cela signifie qu'elles devront par exemple s'adapter aux anomalies du rythme cardiaque ou disposer d'une durée de vie encore plus longue, au moins 15 ans. Cela permettrait de réduire le nombre d'interventions et de réaliser une économie significative ».

Vers une nouvelle relation médecin-patient

Le Pr. Jean-Louis Coatrieux rappelle aussi que : « le développement de la télé-médecine est inhérent à l'aptitude du médecin à former son patient. Il doit l'informer et l'accompagner, afin qu'il devienne le véritable acteur de sa santé. La télé-médecine implique nécessairement une autonomie du patient, une capacité à prendre lui-même des mesures médicales qui incombaient à l'expert, au médecin. C'est une mini révolution, notamment pour les personnes âgées, dans la relation médecin-patient qui passe nécessairement par une éducation thérapeutique adaptée ».

Mieux évaluer et rémunérer le SMR

Si le développement de dispositifs médicaux innovants passe par les essais cliniques, Le Pr. Coatrieux rappelle que : « ces essais sont indispensables pour évaluer le SMR (Service Médical Rendu). Cela représente un coût important dans le budget des PME du secteur. Aujourd'hui, le principal obstacle auquel la filière est confrontée est celui des remboursements : le SMR doit être mieux pris en charge par l'Etat pour permettre l'innovation et la recherche de la filière biomédicale ».

L'innovation ne s'arrêtera pas là car la demande sociale dans le domaine est très forte. Elle a un coût élevé et pourtant dans de nombreux cas, elle permet de réduire les dépenses à terme. « Les professionnels de la santé doivent être capables de proposer la dernière technologie de pointe pour le patient, en particulier les Centres Hospitaliers Universitaires, qui doivent être en avance sur la santé privée », conclut le Pr. Coatrieux.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : sur le parcours de Jean-Louis Coatrieux, cliquez ici

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