Nous suivre Industrie Techno

Directeur du développement durable : peu d'élus

CHRISTOPHE BYS cbys@industrie-technologies.com (emploi-pro.fr)

Sujets relatifs :

Simple effet de mode ou véritable lame de fond, le développement durable a la cote. Mais, derrière les incantations, les postes de DDD restent rares et destinés à des cadres chevronnés plutôt qu'à de jeunes diplômés.

XAVIER DRAGO DIPLÔMÉ DE L?ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE DE PARIS, DIRECTEUR DU DÉVELOPPEMENT DURABLE CHEZ AIR LIQUIDE

« Je ne crois pas qu'il s'agisse d'un métier idéal pour les jeunes diplômés tout frais émoulus de l'école. Il faut bien connaître l'entreprise, ses métiers, son fonctionnement opérationnel. Pour réussir dans cette fonction, il faut acquérir une expérience technique et se sentir à l'aise avec le management des ressources humaines, indispensable pour mener les projets. »

SA MISSION

Le directeur du développement durable (DDD) n'est pas un "José Bové" en puissance ! Dans cette fonction, on ne fait pas la révolution tous les jours. Le poste reste un emploi en entreprise, avec sa logique : faire du profit. Cela n'empêche pas le DDD de jouer les poils à gratter et de mettre son nez partout. Dès qu'on parle environnement, relations sociales ou impact sur la société, il a son mot à dire. Si vous n'aimez pas discuter et convaincre, passez votre chemin. Véritable vigie de l'entreprise, le DDD est un homme de dialogue. Il joue notamment les porte-parole auprès des parties prenantes de l'entreprise, comme les associations environnementales. Longtemps sous la tutelle de la communication, le métier a pris récemment une nouvelle dimension. « Le développement durable est désormais intégré à la stratégie ou à la direction de l'innovation », explique Hélène Valade, présidente du Collège des directeurs du développement durable (CDDD).

QUELLES COMPÉTENCES ?

Si votre fantasme est de commander des équipes pléthoriques, ce poste n'est pas pour vous. Le DDD intervient dans de nombreux domaines mais ne doit compter très souvent que sur lui-même... et les bonnes volontés. Sa force de conviction joue ici tout son rôle. Un bon sens relationnel, une capacité à se bâtir un carnet d'adresses au sein de l'entreprise et en externe font aussi partie des qualités requises pour ce poste. Une sorte de mouton à cinq pattes : pour Hélène Valade, du CDDD, un bon directeur du développement durable doit être « à la fois stratège, capable de prendre de la hauteur tout en restant très opérationnel. » Il doit pouvoir proposer des solutions concrètes.

QUELLES FORMATIONS ?

Les ingénieurs ont longtemps été les rois dans ce domaine : il fallait mesurer, définir des indicateurs... La fiche de poste ressemblait à un rêve d'ingénieur. Ce profil reste recherché, notamment dans les entreprises industrielles. Mais le recrutement s'ouvre, notamment vers les diplômés en sciences sociales. Le DDD doit savoir initier et accompagner le changement. Jeunes diplômés, méfiez-vous des formations trop orientées sur le développement durable. Les places sont comptées et les entreprises ne font pas appel à de jeunes loups. Mieux vaut suivre des modules sur le sujet tout au long de sa scolarité. Les cadres en poste qui veulent évoluer vers cette fonction peuvent suivre une des nombreuses formations continues proposées. Ainsi l'université Paris Dauphine proposera un master 2 de développement durable et organisations à la rentrée prochaine.

OÙ EXERCER SES TALENTS ?

Aujourd'hui, le métier est surtout concentré dans les grands groupes. Depuis 2002, ceux-ci sont soumis à l'obligation de publier un rapport sur le développement durable. De nouveaux débouchés pourraient émerger. La loi issue du Grenelle 2 devrait contenir des obligations à ce sujet pour les entreprises de plus de 500 salariés. Voilà qui ouvrira peut-être la porte à de nouveaux recrutements. En attendant, certaines petites entreprises s'y intéressent déjà, parce qu'elles sont fournisseurs d'un grand groupe lui-même engagé dans la démarche. Mais elles ont rarement les moyens de s'offrir une direction dédiée au développement durable. Si le PDG ne s'en occupe pas directement, il confie la tâche à un cadre, en plus d'une fonction opérationnelle. Globalement, il existe au plus une centaine de DDD qui s'occupent de développement durable toute la journée.

QUELS RÉSEAUX ACTIVER ?

La profession est encore jeune mais un premier club vient de se constituer : le Collège des directeurs du développement durable est la référence de la profession. Son site www.cddd.fr est une première porte d'entrée. Mais il n'accepte que des cadres en poste. Pour les plus jeunes désireux de creuser leur sillon, le site de Novethic (www.novethic.fr) regorge d'informations pratiques, aussi bien sur le développement durable que sur l'investissement socialement responsable. On y trouve notamment un annuaire très complet des formations disponibles, ainsi que de nombreuses études spécialisées. Dans la même mouvance, les sites www.reseau-tee.net et www.rsenews.com regroupent de multiples offres d'emploi et de stage, ainsi que des informations sur le développement durable. Des témoignages, un agenda et une bibliographie complètent ces sites particulièrement bien fournis.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0912

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2009 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Les 5S, le Monsieur Propre des usines

Les 5S, le Monsieur Propre des usines

Les 5S, l'un des outils les plus connus du lean manufacturing, sont les initiales de cinq mots japonais décrivant des pratiques d'organisation[…]

01/06/2009 |
CAO 3D, la conception mécanique à portée de clic

CAO 3D, la conception mécanique à portée de clic

Plus d'articles