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Détecter les porteurs potentiels du virus Ebola dans une foule

Myrtille Delamarche

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Détecter les porteurs potentiels du virus Ebola dans une foule

© Crédit : Flir

Thermographie et thermomètres sans contact se multiplient dans les aéroports européens et américains, où les autorités de santé espèrent détecter dès leur entrée sur le sol national les éventuels porteurs du virus Ebola parmi les passagers. Des moyens de détection qui nécessiteraient, pour être efficaces, des ajustements à la fois technologiques et de déploiement.

A leur arrivée à Paris, les passagers venant de zones infectées sont désormais scannés grâce à des thermomètres appelés à tort "thermomètres laser". Si ces appareils sont parfois effectivement équipés d'un laser, c'est pour mieux viser la zone dont la température doit être mesurée. Il s'agit en fait de thermomètres infrarouges sans contact - pour éviter une éventuelle contamination - couramment utilisés dans l'industrie mécanique (prévention des pannes par détection des points chauds), ou le BTP (détection des points froids).

Comment fonctionnent-ils ? Tout objet dont la température est supérieure au zéro absolu (0 K, ou -273,149°C) émet un rayonnement naturel proportionnel à sa température naturelle. Une partie de ce rayonnement est émise dans des longueurs d'onde correspondant à l'infrarouge, dont on se sert pour mesurer la température. Ce rayonnement émis peut être focalisé sur un capteur grâce à une lentille ou une optique. Il est alors transformé en un signal électrique proportionnel au rayonnement. Il ne reste alors qu'à convertir ce signal (par amplification et traitement numérique) en une grandeur de sortie proportionnelle à la température de l'objet-cible. En l'occurrence, le passager.

Un dépistage incomplet

Mais cette mesure de prévention est largement critiquée, pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'elle ne s'applique qu'à l'arrivée des vols en provenance de zones géographiques à risque, et ne tient donc pas compte des éventuels voyages précédents ou en correspondance. Selon une étude publiée le 21 octobre dans The Lancet, les contrôles seraient plus efficaces s'ils étaient effectués dans les aéroports de départ : cela éviterait le départ de trois passagers infectés par mois.

Au delà du contrôle individuel, l'imagerie thermique (infrarouge) systématique permettrait-elle de détecter systématiquement des personnes fiévreuses dans une foule ? C'est en tout cas la solution choisie au départ de l'aéroport de Conakry (Guinée). C'est aussi celle qui avait été mise en place durant l'épidémie du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère). Mais ces caméras thermiques ne sont généralement pas conçues pour contrôler la température des êtres humains, et leurs performances sont insuffisantes. Leur usage ne pallierait en outre pas les deux autres défauts de ce dépistage : les faux-négatifs liés à la prise d'antipyrétiques, et les passagers chez qui le virus est présent mais encore en période d'incubation. Au moins la mesure sert-elle à rassurer...

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