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Design ? Simplement être les meilleurs !

Industrie et  Technologies
Rencontre cette semaine avec Andreas Wlasak, responsable du design chez Faurecia. Un designer qui ne craint ni la monté en puissance des concurrents dans les pays à bas coût de main d'œuvre, ni l'approche tout numérique.


Le design chez l'équipementier automobile  Faurecia représente une quarantaine de personnes implantées sur cinq sites industriels. Deux sont en France à Méru (60)pour les planches de bord et à Etampes (91) pour les siéges. Deux autres se trouvent en Allemagne et un aux USA dans la région de Detroit.

« Nos studios de design fonctionnent de manière transversale pour l'ensemble de nos divisions. Leur rôle est double. D'une part, ils travaillent dans le quotidien en suivant les projets en cours en support des équipes d'ingénierie. D'autre part, ils ont aussi pour mission de rêver et si possible de créer de nouveaux concepts », explique Andreas Wlasak, vice-président en charge du Design Industriel.

En effet, les constructeurs automobiles ouvrent de plus en plus les aspects design aux équipementiers. Si certains donnent encore le modèle exact d'une planche de bord issu de leurs outils de plan de formes, d'autres se contentent de fournir un "portrait-robot" de ce qu'ils désirent. Il faut dire que la multiplication du nombre de projets de nouveaux véhicules chez la plupart des grands constructeurs décuple les besoins. Si l'on ajoute à cela l'augmentation du rythme des "restyling", il est clair que le travail ne manque pas pour les designers des équipementiers.

Etre force de proposition

« Cette ouverture du design aux équipementiers n'est pas seulement la réponse à une charge de travail grandissante des constructeurs », estime Andreas Wlasak. « Force est de constater que les constructeurs ont aussi un réel besoin de forces de proposition dans le domaine. L'évolution très rapide des matériaux, de leurs process de mise en œuvre et des traitements de surfaces ou d'aspect que l'on peut leur appliquer, est telle que les constructeurs ont bien du mal à suivre dans tous les domaines concernant l'automobile. Notre spectre d'activités plus limité nous permet d'assurer une meilleure veille et de faire le tri avant de proposer des concepts novateurs aux constructeurs ».





Cette peau en polyuréthane haut de gamme,
destinée aux planches de bord et panneaux de porte,
pose un nouveau jalon en termes de qualité perçue et de design.
Le polyuréthane liquide est injecté dans un moule pré-texturé
afin d'obtenir une épaisseur maîtrisée d'un produit fini peint.


Mais les propositions novatrices ne se limitent pas aux seuls aspects matériaux. L'évolution des technologies dans le domaine de l'affichage et de la visualisation, ainsi que dans celui des commandes sans fil auront dans quelques années un impact fort sur l'architecture même des planches de bord dont les designers doivent déjà se soucier. Il faut aussi tenir compte de l'évolution du comportement des utilisateurs de voitures, qui veulent par exemple disposer de toujours plus de rangements ou de connexions informatiques pour leur i-Pod ou leur ordinateur portable avec une liaison Internet.

Reste que tout cela ne doit pas non plus se faire sans les constructeurs. « Le rôle du designer est de comprendre au mieux les valeurs que les bureaux de style des constructeurs essayent de faire passer dans leurs produits. Elles sont éminemment différentes d'un constructeur à l'autre. Charge donc à nous d'en saisir les spécificités et de les intégrer avec nos savoir-faire d'équipementier pour proposer des produits qui soient en harmonie avec ces valeurs ».




Cette console centrale innovante translucide a été conçue spécialement
pour la Volvo S40 Iced Aqua.
Réalisée en polycarbonate transparent, elle se distingue par son design hors du commun,
qui laisse entrevoir la structure interne.


Du design à bas coût ?

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la délocalisation touche aussi le design. La pression des constructeurs automobiles sur les prix force en effet les équipementiers à trouver des solutions à bas coût même dans ce domaine. « C'est un fait acquis et rien de sert de pleurer. Bien au contraire, il faut profiter de l'ouverture de ces nouveaux territoires pour y proposer nos services. C'est ce que le groupe fait déjà et travaillant par exemple avec les constructeurs chinois. Je pense d'ailleurs que les designers ont par essence une ouverture d'esprit leur permettant d'aborder facilement de nouveaux marchés culturellement très différents. Ce qui devrait les aider à les conquérir. De plus, leur curiosité d'esprit leur donne une aptitude supérieure au voyage ».

Et cette ouverture au design de pays comme la Chine ne fait pas peur à Andreas Wlasak. « Certes il y aura à terme des cabinets de design chinois qui viendront nous faire concurrence. Il s'ouvre en Chine une vingtaine d'écoles de design tous les ans, on trouvera donc forcement des designers "pas chers". Reste que s'ils sont bons, notamment dans l'utilisation des techniques numériques, ils ont encore un peu de mal à capter en temps réel les tendances stylistiques occidentales de l'instant. Nous avons encore deux ans d'avance sur eux dans ce domaine. Et puis cette concurrence est aussi positive, elle nous oblige à être bons, meilleurs, excellents ».

La victoire du numérique sur le crayon

Les avis d'Andreas Wlasak vis-à-vis des outils numériques de design sont tout aussi tranchés. « Le numérique permet de faire plus de projets plus vite. Donc d'affiner au mieux nos concepts et de prendre plus facilement de meilleures décisions stratégiques. De plus, les progrès des outils numériques en terme de convivialité et de facilité d'utilisation dans un passé récent ont transformé ces outils de techniciens en véritables outils de designer. Les outils numériques actuels permettent d'exprimer bien plus d'idées qu'un crayon. Et que l'on ne vienne pas me dire qu'ils brident la créativité. Les designers qui s'estiment bridés par les outils numériques sont ceux qui n'y on pas été formés ou qui manquent d'expérience dans leur utilisation. Il ne faut pas alors prendre les outils comme excuse à un mauvais design. D'ailleurs, de plus en plus de designers passent au numérique pour maîtriser la chaîne créative complète et éviter les interprétations hasardeuses de leurs idées par des spécialistes de l'imagerie. Par contre le réel reproche que l'on peut faire aux outils numériques, c'est d'être bien trop chers. A mon sens des outils tel Alias Studio ne devraient pas coûter plus chers qu'un Excel ! ».

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.faurecia.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 25 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.





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