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Des technologies à industrialiser

Christian Guyard
Grenoble, 1er juin 2006. Du médical à l'énergie, l'innovation était au rendez-vous dans tous les secteurs.

En parallèle au forum des capitaux, aux rendez-vous d'affaires et aux différents débats, la vitrine technologique du Forum 4i offrait une palette intéressante de technologies à industrialiser. Une douzaine était présentée. Ainsi la RFID trouve une application dans l'optimisation des tournées de ramassage des denrées recyclables présentes dans les déchetteries. Le camion de ramassage ne serait envoyé que si le conteneur est effectivement plein, réduisant ainsi le trafic et des dépenses inutiles ; un développement de France Télécom R&D.

Proximité des montagnes oblige, le Léti présentait un nouvel appareil de recherche des victimes d'avalanches capable de localiser plusieurs personnes simultanément avec une précision de l'ordre du demi-mètre. Autre avantage de l'Alva par rapport à l'Arva actuel, sa rapidité de mise en oeuvre (essentielle pour retrouver les personnes vivantes) même par des personnes non entraînées grâce à une interface graphique simple. Le principe de l'appareil le destine aussi à la surveillance du déplacement d'objets ou de personnes.

Le suivi des mouvements appliqué au médical

L'activité des personnes est une composante décisive dans le suivi des personnes âgées à distance. Un autre développement du Léti consiste en un capteur de postures et de mouvements installé sur une personne. Les données sont télétransmises. L'originalité, par rapport aux systèmes actuels, est qu'il intègre des accéléromètres et des magnétomètres.

Le suivi des mouvements trouve d'autres applications dans les blocs opératoires. Le laboratoire Koelis a souhaité alléger la charge mentale des chirurgiens lors d'une ponction rénale. Le système développé présente au chirurgien plusieurs images en temps réel (fluoroscopie, échographie) et la position de l'aiguille de prélèvement par rapport à une trajectoire idéale de pénétration. D'une part le praticien n'a pas à faire de gymnastique mentale pour imaginer la position de l'aiguille, d'autre part ses gestes ont été enregistrés lors de l'intervention ce qui facilite le compte-rendu et sert éventuellement de preuve du déroulement vis-à-vis d'un recours. La machine développée avec l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et le CHU de Grenoble est au point ; les premières études cliniques sont en cours. Ce système de repérage spatial du mouvement n'est pas réservé au monde médical.

L'énergie est une constante : nouvelle machine thermodynamique (voir encadré) ou distribution d'énergie. Le laboratoire Cegely a développé un système basé sur les micro-ondes pour alimenter à distance différents objets électriques capables de recevoir et réémettre des données ; l'idée est de se passer de batteries d'alimentation. Les distances possibles entre l'émetteur et l'objet vont de quelques mètres à plusieurs kilomètres. L'objet peut être un capteur installé dans des endroits inaccessibles ; la collecte de données se fait à distance, même si l'objet est inséré dans une structure, puisque les ondes traversent la matière (sauf l'eau et les métaux). Une société est en cours de création.

Un analyseur multigaz haute sensibilité

La détection de pollution gazeuse in situ est toujours à l'ordre du jour. Daniel Romanini, de l'université Joseph-Fourier, présentait un analyseur multigaz haute sensibilité embarquable pour la détection de méthane, oxyde de carbone, ammoniac, fluorure d'hydrogène, etc. Caractéristique : une très grande discrimination qui lui permet de déterminer les rapports isotopiques. Pétroliers et gaziers se montrent intéressés. Si la détection est basée sur les raies d'absorption, c'est un nouveau principe de piège à lumière qui est utilisé pour accroître la sensibilité : la cavité optique présente un chemin d'absorption multiplié par 100 (détection 1 ppb de méthane, d'ammoniac...). L'appareil n'est pas une curiosité de laboratoire car il a déjà fait ses preuves sur le terrain (volcanologie, analyses atmosphériques en haute altitude).

À SUIVRELA QUASI-TURBINE, UNE NOUVELLE MACHINE THERMODYNAMIQUE

On connaissait le moteur à pistons, la turbine, le compresseur, etc. Il faudra compter à l'avenir sur la quasi-turbine dont Vincent Génissieux s'est entiché en créant le groupe de projet Puzzle qui a pour objectif de développer cette machine dans des applications particulières. Il a su convaincre et mobiliser pour cela des chercheurs de l'INP Grenoble. Certes ce n'est pas demain que les moteurs Otto ou Diesel céderont la place, mais la quasi-turbine a des atouts : - Des formes simples, bidimensionnelles faciles à fabriquer ; - Une masse réduite et un entraînement direct ; - Une versatilité dans les combustibles utilisables ; - L'ouverture vers des productions d'énergie décentralisées.

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