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Des roboticiens se mobilisent contre Ebola

Julien Bergounhoux

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Des roboticiens se mobilisent contre Ebola

Les chercheurs du Worcester Polytechnic Institute travaillent sur un robot qui pourrait décontaminer des équipements et des zones infectées.

© Worcester Polytechnic Institute

Des chercheurs américains spécialisés en robotique organisent un événement pour essayer de définir quelle aide ils peuvent apporter aux organisations humanitaires et aux professionnels de santé dans leur lutte face à l'épidémie actuelle d'Ebola. Téléprésence, décontamination des zones infectées, transport de médicaments et même gestion des morts, aucune piste de réflexion n'est écartée. Mais les efforts sont limités par l'urgence de la situation, les contraintes technologiques locales et la nécessité de ne pas déshumaniser la prise en charge des malades.

Tandis que l'épidémie d'Ebola continue de se répandre globalement (y compris aux Etats-Unis) et peine à être endiguée (sauf au Nigeria), des chercheurs américains spécialisés en robotique ont décidé de se mobiliser pour apporter leur savoir-faire aux personnels médicaux présents en première ligne dans les zones touchées.

A cette fin, le bureau des sciences et de la technologie de la Maison-Blanche (OSTP) organise en collaboration avec l'Institut Polytechnique de Worcester (WPI), l'Université Texas A&M et son Centre pour la recherche et le rauvetage assistée par la robotique (Crasar), et l'Université de Californie à Berkeley des ateliers de discussion, baptisés Safety Robotics for Ebola Workers, qui réuniront le 7 novembre des roboticiens (chercheurs et entreprises commerciales) et du personnel médical et de premier secours, afin de définir comment la robotique peut aider à lutter contre l'Ebola.

Ces ateliers permettront de recueillir les besoins réels ressentis sur le terrain et de définir les développements à entreprendre pour le court (d'ici 3 mois) et long terme (d'ici 5 ans). Le mot d'ordre étant de ne pas chercher à remplacer l'humain, qui sera toujours présent à un point de la chaîne, mais d'essayer de limiter les risques d'infection du personnel soignant en réduisant le contact direct.

Plusieurs angles de réflexion

Parmi les pistes de réflexion proposées, on trouve notamment un robot sur roues, équipé de deux pulvérisateurs pour décontaminer des équipements ou des lieux dans lesquels la maladie a été détectée, qui serait une évolution d'un robot existant du WPI. La conception d'un nouveau robot n'étant pas envisagée dans l'immédiat car elle prendrait beaucoup trop de temps. Une autre idée serait la mise en place de robots de téléprésence pour améliorer le confort des personnes placées en quarantaine en leur permettant de rester en contact, même indirect, avec leurs proches.

Le robot décontaminateur

 

Grâce à sa lampe au xénon pulsé, le robot de Xenev – une entreprise allemande - émet une lumière UV (type UV-C) qui permet de désinfecter la chambre en cinq minutes. Plus exactement, il détruit les virus – comme Ebola – qui n’ont pas de système pour se défendre contre les rayons de courte longueur d’onde (280-100 nm). Le robot peut envoyer environ 1,5 impulsion par seconde sur un rayon de trois mètres. Il coûte environ 100 000 dollars et est utilisé dans 250 hôpitaux aux Etats-Unis. S.F.

 

(Pour en savoir plus, lire l'article sur Humanoïdes.fr)

 

Enfin, les chercheurs se penchent sur la question du transport et de l'enterrement des patients décédés, une problématique délicate car les corps sont extrêmement contagieux, mais doivent également être manipulés et traités avec le respect qui leur est dû. Impossible d'utiliser un robot industriel conçu pour déblayer des débris comme ceux employés à Fukushima par exemple. Des étudiants de Texas A&M ont ainsi entrepris de modifier un engin Bobcat en remplaçant la benne qui l'équipe habituellement par un cercueil pour transporter des corps de manière plus respectueuse.

En plus de ces aspects techniques, d'autres questions devront être abordées : quel entraînement nécessaire pour que les personnes concernées puissent utiliser les robots ? Quel moyen de transport seront nécessaires pour acheminer les robots là où ils sont requis ? Comment leur maintenance et leur alimentation ou recharge en énergie sera gérée ? Quel type de connexion utiliseront-ils, dans des zones ou l'Internet n'est pas forcément disponible ? Quel est l'environnement sur place ? Sablonneux, boueux, rocheux ? Et surtout, est-ce que les populations locales sont intéressées par une aide de ce type ou préfèrent-elles d'autres solutions ? Autant de réponses qui devront être apportées si ces chercheurs espèrent parvenir à contribuer efficacement au combat contre l'Ebola.

 

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