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Des métaux nobles issus du traitement des hydrocarbures

Thomas Blosseville

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Des métaux nobles issus du traitement des hydrocarbures

Les 25 000 tonnes de catalyseurs non réutilisables qui sortent des raffineries européennes chaque année restent valorisables en lingots de métal.

© D.R.

Le projet Bashycat permet de récupérer les métaux contenus dans les catalyseurs des raffineries et des centrales thermiques.

Qui dit combustion d'hydrocarbures, dit pollution... mais pas seulement ! Finalisé en début d'année, le projet Bashycat a donné naissance à une filière de valorisation des catalyseurs de raffineries et de centrales thermiques. Ces composants, utilisés pour extraire les polluants du pétrole et des gaz (surtout le soufre), contiennent des métaux nobles. Un procédé combinant fusion et réaction chimique permet de les récupérer quand les catalyseurs arrivent en fin de vie.

Un taux de désulfurisation passé de 20 % à 75 %

« Nous voulions une filière traitant toutes les familles de catalyseurs, quelle que soit leur composition », annonce Lionel Picard, le directeur général d'AFE Valdi, société spécialisée dans les déchets contenant des métaux et à l'origine du projet. Les catalyseurs inutilisables, faute d'une résistance mécanique ou d'une activité catalytique suffisante, contiennent encore du cobalt, du molybdène, du nickel, du tungstène ou du vanadium. Avec son partenaire Eurecat, qui assure la logistique, Valdi les récupère.

Leur fusion, première étape, élimine le soufre, oxydé. Avec Bashycat, le taux de désulfurisation est passé de 20 % à plus de 75 %. Le bicarbonate de sodium a remplacé la chaux pour neutraliser les oxydes de soufre. Le sulfate de sodium ainsi formé est destiné aux industries du papier, du verre et de la chimie. « La voie humide a été écartée : coûteuse, elle conduit, en plus, à la formation d'acide sulfurique indésirable », précise Lionel Picard.

Pour les catalyseurs au cobalt-molybdène et au nickel-molybdène, le procédé était déjà maîtrisé par Valdi. Ces métaux sont introduits, après la fusion, dans les filières de vente d'acier sous forme d'alliages. L'alumine, support des catalyseurs, est valorisée en aluminate de chaux pour la laine de roche.

Le défi a surtout porté sur le tungstène et le vanadium, pour lesquels aucune filière de vente en alliages n'a été identifiée. La solution est venue du chimiste Electrolyse et d'un procédé de lixiviation sélective à la soude. Cette réaction chimique isole le tungstène et le vanadium du nickel et du molybdène avec lesquels ils sont utilisés, pour les commercialiser sous forme de sels. La création de cette filière complète a mobilisé quatre personnes en R&D depuis 2006, et une vingtaine pour l'industrialisation. Le projet a bénéficié d'une aide européenne de 2 millions d'euros, soit le quart du budget total, et ses promoteurs visent à traiter, rien qu'en Europe, 25 000 tonnes de catalyseurs par an.

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