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Des "Legos" très complexes

WILFRIED MAISY

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Le Multishuttle de Dematic est composé de navettes qui évoluent horizontalement entre les rayonnages d'un site de stockage.

© D.R.

- Automatisés ou statiques, les systèmes de stockage sont complexes et de plus en plus réglementés. Des innovations touchent à la manipulation de charges légères dans la préparation de commande.

Qu'on ne s'y trompe pas : les rayonnages métalliques sont des jeux d'assemblage bien plus alambiqués qu'il n'y paraît. « Les règles de calculs permettant de concevoir une structure de rayonnages, en fonction des produits à soutenir, des composants du "Lego" et de la géométrie du stockage, sont plus subtiles que celles qui régissent une structure métallique de construction », affirme Jean-Denis Labesse, le secrétaire général manutention du Cisma (organisation professionnelle des constructeurs de matériels, équipements et systèmes destinés à la construction, aux infrastructures, à la sidérurgie et à la manutention). De fait, le poids mort d'une armature de stockage représente seulement 5 % de celui d'un ouvrage, les marchandises comptant pour 95 %. Le moindre élément a son importance.

S'il existe peu d'évolutions technologiques spectaculaires, les constructeurs s'accordent à améliorer les caractéristiques physiques des attaches, par exemple, pour porter toujours plus et plus haut, en toute sécurité.

Des normes en cours de validation

Aujourd'hui, il n'y a pas de réglementation, mais des recommandations. Le texte 10.2.02 de la FEM (Fédération européenne de la manutention) concerne la conception des rayonnages statiques à palettes et date de dix ans. Mais cela va bientôt évoluer. Les premières normes européennes (En 15512) sont en cours d'approbation. « Elles seront reprises dans les collections nationales de normalisation vers la fin 2009 et seront appliquées par les fabricants à partir de 2010 », annonce Jean-Denis Labesse. Ces textes imposeront le dimensionnement d'un rayonnage en fonction des caractéristiques des montants, des lisses et des attaches pour un besoin de stockage déterminé.

« Nous nous efforçons d'améliorer la robustesse de nos solutions, en travaillant par exemple sur les sections des montants et les clavettes (petites pièces conçues pour stabiliser les longerons), confirme Jean-Pierre Robbe, le directeur marketing de Provost. Nous avons déposé un brevet en 2007 pour le produit Cantipro, adapté aux charges longues et lourdes, de plus de une tonne. Ce rayonnage convient bien à l'industrie du bois, de l'électricité, de la métallurgie et du verre. »

Parmi les dizaines de systèmes de rayonnages qui existent, les structures statiques, approvisionnées par des chariots élévateurs, sont les plus courantes dans l'industrie. La majorité des entreprises utilise un système classique de rayonnages pour palettisation, où il faut stocker des produits ayant une grande variété de références. Ces dispositifs sont adaptables à tout espace, poids ou dimension d'une marchandise. Pour stocker un plus grand nombre de palettes, il est possible d'installer des rayonnages à double profondeur permettant de placer un support devant un autre sur chaque côté d'une allée.

Première palette entrée, première ressortie

Variante du dispositif traditionnel, les rayonnages dynamiques incorporent des pistes à rouleaux légèrement inclinés permettant le déplacement des palettes par gravité ou à vitesse contrôlée jusqu'à l'extrémité opposée. « Ce système est bien adapté à la préparation de commandes selon le principe Fifo, first in first out, premier entré, premier sorti », souligne le fabricant SSI-Schaefer. Il suffit au préparateur de commandes de prendre le premier support qui se présente. D'où un prélèvement rapide et des temps de parcours réduits. Il est aussi possible d'intégrer des allées de prélèvement à l'intérieur même du rayonnage, pour une productivité maximale. Idéal pour les entrepôts de produits périssables, ce principe est également applicable à tout secteur de l'industrie ou de la distribution (industries automobile, pharmaceutique et chimique).

SSI-Schaefer a présenté cette année un système de rayonnage dynamique KDR, adapté à la préparation de commandes à partir de bacs, et non de palettes. Le prélèvement des articles s'effectue sur des fronts de rayonnages. Le préparateur est posté de manière fixe. Les produits sont acheminés à lui sur un tapis roulant. Il a juste quelques pas à faire pour préparer sa commande. « Ce stockage KDR réduit de 40 à 70 % le trajet des opérateurs et donc augmente la productivité », souligne Olivier Renaud, le directeur des ventes de SSI-Schaefer France. En outre, le gain de surface atteint 30 %, grâce à la suppression des allées superflues. Il est possible d'enrichir le dispositif d'un système Pick to light pour afficher électroniquement la quantité et le produit à prélever. Une lumière s'affiche alors sous le colis concerné.

A contrario, pour stocker des produits homogènes à faible rotation, on préférera un rayonnage par accumulation. C'est le système qui permet la meilleure exploitation de l'espace disponible tant en surface qu'en hauteur. « Il est très employé dans les chambres froides, de réfrigération et de congélation, où il faut exploiter au maximum le volume destiné au stockage des produits à température contrôlée et limiter le vide », explique Jean-Denis Labesse, du Cisma.

Du tout automatique au "produit vers l'homme"

Au-delà d'une hauteur de 10 à 12 mètres, lorsqu'on veut économiser le maximum d'espace au sol, les systèmes automatisés prévalent. Ces derniers sont de plus en plus utilisés dans les entrepôts logistiques où se développent des transtockeurs, des machines spécialement conçues pour travailler dans des allées très étroites et à des hauteurs de plus de 30 mètres. Leur vitesse de déplacement à l'horizontale et à la verticale et leur fonctionnement automatique multiplient par trois la capacité de manipulation et d'extraction de palettes. Les transtockeurs sont guidés sur leur partie supérieure par un profilé monté sur les rayonnages et sur leur partie inférieure, par un rail ancré au sol.

Le même principe peut être appliqué au stockage de caisses, selon le concept de "produit vers l'homme". Le transtockeur circule alors entre deux rayonnages. Sur l'une des extrémités, une zone de prélèvement est composée de convoyeurs où le robot dépose la charge extraite du rayonnage. Les convoyeurs apportent la caisse à l'opérateur. Le système est commandé par un logiciel de gestion qui enregistre l'emplacement de tout le matériel du magasin et fait un inventaire en temps réel. Sur ces produits, les améliorations techniques portent sur les systèmes de freinage des transtockeurs, la vitesse en translation ou en élévation et la souplesse des mouvements.

Des navettes robotisées

À mi-chemin entre stockage statique et le tout automatisé, les fabricants Dematic et EAB ont mis au point des navettes robotisées. EAB propose la Radio Navette, mini robot télécommandé, capable de positionner une palette dans un rayonnage. La Radio Navette prend le relais d'un chariot élévateur, dans le but de gagner de l'espace. « Plus de vingt palettes sont stockées les unes derrière les autres dans une même section », assure le concepteur. Même esprit : Savoye Logistics propose les produits Magmatic, adapté au stockage automatique de palettes de très grands magasins, et Modulo, conçu pour de plus petits stocks. Commercialisé en 2008, ce dernier permet de ranger 5 000 à 10 000 palettes, dans un bâtiment conventionnel de 10 à 12 mètres de haut.

Nouveau produit présenté en octobre, le rayonnage mobile automatisé de SSI-Schaefer « combine la capacité de stockage compacte du rayonnage mobile avec l'efficacité d'un système de manutention entièrement automatisé », assure Olivier Renaud, le directeur des ventes. Il se compose d'un rayonnage coulissant, d'un chariot à guidage laser capable d'évoluer dans des allées étroites, d'un système de convoyage, et d'une solution informatique de gestion du trafic. « Ce produit offre des longueurs d'embases d'un seul tenant, d'environ 40 mètres, et des charges utiles embarquées jusqu'à 440 tonnes par embase », précise le fabricant. Enfin, pour entreposer des charges lourdes, une solution se développe : les magasins autoporteurs, où le rayonnage constitue la structure du bâtiment. Le bardage et la toiture sont ajoutés après, ce qui permet d'élever un entrepôt pour un coût moindre que celui du bâtiment et du rayonnage. Il est possible de construire des sites de 20 à 30 mètres de haut, voire plus.

L'ESSENTIEL

- Toujours plus haut, toujours plus vite, pour un minimum d'espace au sol, tels sont les objectifs des fabricants. - Les rayonnages dynamiques fonctionnent selon le principe : premier objet entré, premier sorti. - Les premières normes européennes (En 15512) de rayonnage seront appliquées en France courant 2010.

MARCHÉ600 millions d'euros

C'est le chiffre d'affaires enregistré sur le marché français par des systèmes automatisés qui manipulent des palettes, des bacs et des cartons.

PRATIQUELES CRITÈRES DE CHOIX

- Les dimensions et le poids des produits à entreposer - La hauteur des palettes - Le nombre de références de produits - Le taux de rotation des produits - Des rayonnages spécifiques sont à prévoir pour les matières dangereuses

LE RAYONNAGE POUTRE MAÎTRESSE

Pour entreposer des charges lourdes, une nouvelle solution se développe : les magasins autoporteurs, où le rayonnage constitue la structure du bâtiment. Le bardage et la toiture sont ajoutés après, ce qui permet d'élever un entrepôt pour un coût moindre que celui du bâtiment et du rayonnage. Il est possible de construire des sites de 20 à 30 mètres de haut, voire plus. Ce concept est né en Allemagne.

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