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Des implants liquides qui durcissent à la lumière

Ludovic Fery

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Des implants liquides qui durcissent à la lumière

Une exposition de 2 minutes sous une lampe à LED suffit à solidifier l'implant.

© Science/AAAS

Les tissus mous (joues, lèvres, abdomen, etc.) sont plus difficiles à reconstruire que la peau ou les os. Une nouvelle méthode, basée sur l’injection d’un polymère liquide durcissable à la lumière, pourrait révolutionner ce type de chirurgie.

Des prothèses aussi faciles à injecter que du botox ? L’idée fera peut-être son chemin, après la publication dans la revue Science Translational Medicine de résultats d'expérimentations menées chez le rat et l’homme. L’équipe de Jennifer Elisseeff, de la John Hopkins University à Baltimore aux Etats-Unis, en est l’auteur.   

Leur biomatériau consiste en une association de deux molécules déjà utilisées dans des applications cosmétiques : du polyéthylène glycol (PEG) dans lequel sont dispersées des particules d’acide hyaluronique. Le mélange formulé se trouve à l’état liquide et peut être injecté directement sous la peau. Un photo initiateur est également ajouté pour déclencher la polymérisation du PEG, après une exposition de quelques minutes sous une source lumineuse. Le mélange prend alors la forme d’un gel dont les mailles sont constituées de molécules de PEG et d’acide hyaluronique entremêlées.

En faisant varier le ratio des deux éléments, les biologistes ont réussi à reproduire l’élasticité des tissus vivants. Testés sur des rats, les prothèses ont gardé leur structure initiale pendant près de 500 jours. Une simple administration de hyaluronidase conduisait à leur dégradation. La solution a ensuite été injectée avec succès dans l’abdomen de trois sujets humains devant subir une liposuccion du ventre.

Les implants liquides de Jennifer Elisseff sont prometteurs pour certaines interventions réparatrices, par exemple celles des tissus mous du crâne et du visage. Une simple injection réduirait le risque de cicatrices. Les chercheurs envisagent même d’implanter leur prothèse dans des zones plus profondes, comme le larynx ou l’intestin, en utilisant la source lumineuse d'un endoscope. Il leur faudra néanmoins au préalable régler le problème de la réponse inflammatoire du receveur, observée dans près d'un cas sur trois.  

Ludovic Fery

Pour en savoir plus : http://stm.sciencemag.org

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