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Des formations en plein renouveau

THOMAS BLOSSEVILLE tblosseville@industrie-technologies.com

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Construction de réacteurs, démantèlement des centrales obsolètes, gestion des déchets radioactifs... Les débouchés se multiplient dans le secteur de l'énergie nucléaire. À tel point que les écoles et universités modifient leur cursus pour accueillir toujours plus d'étudiants. Une fois diplômés, ceux-ci ont la garantie de trouver du travail rapidement, au sein de grands groupes ou de plus petites entreprises.

Tout juste diplômés, déjà embauchés. À l'université Joseph Fourier de Grenoble (Isère), le master 2 en ingénierie nucléaire ne connaît pas la crise. Pour la promotion 2009, sortie en septembre, la plupart des jeunes diplômés (42 sur 46) ont déjà signé un CDI ou un CDD. Les autres devraient rapidement suivre. Dans toute la France, l'industrie nucléaire, en plein renouveau, recrute massivement. Pour suivre cette demande croissante, écoles et universités augmentent les tailles de leurs promotions et créent de nouvelles formations spécialisées dans l'atome. « En 2000, la France diplômait chaque année 300 ingénieurs spécialisés dans l'énergie nucléaire, ils sont 900 aujourd'hui. L'an prochain, nous grimperons à 1 200 », annonce Bernard Bigot, administrateur général du CEA (Commissariat à l'énergie atomique). L'université Joseph Fourier, par exemple, passera de 12 diplômés en 2001 à 50 en 2010. Dans la région parisienne, le master « Nuclear Energy » vient d'ouvrir ses portes, en septembre, à ParisTech (lire ci-dessous). Alors qu'au départ, une cinquantaine de places étaient prévues, ils seront finalement 100 étudiants.

1 000 embauches par an chez EdF jusqu'en 2012

Pourquoi un tel dynamisme ? Dans le monde entier, la relance des programmes nucléaires stimule l'activité du secteur, que ce soit pour la construction ou le démantèlement. EdF prévoit ainsi d'investir à l'international dans dix réacteurs EPR d'ici à 2020. La pyramide des âges est également à l'avantage des jeunes diplômés. Les équipes actuelles, qui ont conçu et construit les 58 réacteurs de l'Hexagone, ont été recrutées dans les années 1970 et 80. Conséquence, EdF prévoit 40 % de départ à la retraite dans ses équipes d'exploitation et de maintenance d'ici à 2015. À lui seul, l'électricien français prévoit d'embaucher 500 ingénieurs et 500 techniciens par an, jusqu'en 2012. Et cela, sans compter Areva, l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et tous les autres acteurs de la filière dont les besoins vont croissant.

La pénurie est telle que les industriels s'impliquent directement dans les formations. « Les trois quarts de nos enseignants sont des salariés des industriels ou des laboratoires nationaux, Areva, EdF, CEA... », témoigne Eric Liatard, responsable du master industrie nucléaire et génie de l'environnement industriel à l'université Joseph Fourier. L'objectif est de renforcer la proximité entre étudiants et recruteurs. Pour y parvenir, la tendance est à l'alternance : un mois à l'école, un mois chez l'industriel (ou dans un laboratoire de recherche comme le CEA). Avant d'être diplômés, les étudiants étoffent ainsi leur carnet d'adresses. Pour les industriels, c'est l'assurance de disposer de jeunes diplômés opérationnels.

Les profils recherchés sont variés. Avant d'entreprendre une spécialisation nucléaire, les étudiants auront souvent une solide base en physique, en chimie ou un diplôme d'ingénieur généraliste. La spécialisation nucléaire n'est pas toujours indispensable. Pour certains postes, des compétences dans le génie civil ou la maintenance sont privilégiées. C'est souvent le cas dans les grands groupes qui font passer tout nouvel entrant par un cycle de formation interne. Les autres débouchés ne sont pourtant pas à négliger. Les plus petites entreprises sont aussi de grands recruteurs. L'ingénieriste Onet Technologies vient ainsi, à lui seul, d'embaucher le tiers de la promotion 2009 de l'université Joseph Fourier, soit 16 ingénieurs.

ENGOUEMENT

Les effectifs des ingénieurs spécialisés dans le nucléaire augmenteront de 30 % en 2010.

Un nouveau master

Le master « Nuclear Energy » a démarré en septembre pour répondre aux besoins croissants de recrutement dans la filière nucléaire. Dispensée en anglais, cette formation est assurée par l'université Paris-Sud 11, les écoles ParisTech, Centrale Paris et Supélec, et l'INSTN (Institut national des sciences et techniques nucléaires). Elle offre cinq options : génie civil (appliqué au nucléaire), cycle du combustible, conception des installations, exploitation, démantèlement et gestion des déchets. Plus de renseignements sur le site www.master-nuclear-energy.fr.

LAURENT LEO INGÉNIEUR MODÉLISEUR CHEZ CORYS TESS« Un CDI avant le diplôme »

Je viens d'obtenir, en septembre, le master 2 de l'université Joseph Fourier de Grenoble, avec une spécialisation en sûreté nucléaire. Avant même d'être diplômé, j'ai reçu plusieurs offres de CDI. Je travaille finalement pour Corys Tess, chez qui j'avais effectué un stage. C'est un fabricant de simulateurs pour le dimensionnement des centrales et pour la formation aux métiers du nucléaire. Pour bien choisir son cursus, il faut s'assurer qu'il est professionnalisant. La proximité avec les professionnels du secteur est préférable à de longs discours théoriques. Elle permet d'approfondir tous les sujets. L'idéal est même d'avoir des enseignants issus de toute la filière : industriels, chercheurs, autorités de sûreté... Les étudiants peuvent ainsi se faire leur propre idée d'un secteur qui suscite souvent la polémique.

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