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Des données toujours fiables

François-Xavier Lenoir

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Des données toujours fiables

© D.R.

Le groupe de construction navale a redéfini ses outils PLM. Objectif : harmoniser les solutions entre les quatre entités du groupe.

C'est à une véritable Tour de Babel informatique que s'est attaqué le groupe DCNS en lançant son projet PLM. « La longévité et le nombre des produits, les multiples configurations avec des étapes qui se superposent, alors qu'on compte des milliers d'éléments pour un équipement, étaient à l'origine de nombreux problèmes techniques et culturels », explique Charles Cultien, responsable des systèmes d'information chez DCNS.

Constituer un référentiel unique

« Nous avons une pléthore de systèmes, allant d'Excel à des outils de nature bureautique et des outils plus modernes, constate l'expert. Le but est de passer à un outil unique. Mais le fait que les quatre entités du groupe concernées aient des outils dissemblables, ainsi que des degrés de maturité différents, a rendu, au départ, le travail difficile. » Le projet "Gestion de données techniques équipementier" a donc pour but de mettre en oeuvre un référentiel unique (articles, nomenclatures, gammes, documentation) pour l'ensemble des équipementiers de DCNS.

Leader européen du secteur naval de défense, DCNS a une longue tradition d'utilisation des outils de gestion de données techniques (GDT). L'arrivée de la CAO (conception assistée par ordinateur) a servi à constituer progressivement un référentiel unique autour de la maquette numérique du bateau pour l'ingénierie et les chantiers. Ainsi le sous-marin Barracuda a été validé par le client sur maquette numérique. « Une véritable révolution », pense Charles Cultien. Aujourd'hui, pour les équipementiers, la brique CAO est en place, la brique GPAO (gestion de la production assistée par ordinateur) également, reste la GDT. Le nouveau projet "GDT équipementier" couvre le cycle de vie complet des équipements installés à bord des navires.

Les équipements produits chez DCNS sont complexes, chacun comprenant plusieurs milliers d'éléments comportant jusqu'à 14 niveaux de nomenclatures auxquels s'ajoutent des nomenclatures par phase (conception, industrialisation, logistique initiale, réalisation). Ainsi, pour certains composants en industrialisation, il faut 29 étapes de configuration. Le cycle de vie des produits est classique avec des étapes comme la définition, l'industrialisation, la fabrication. Ce qui ne l'est pas, c'est qu'ils se superposent. Il s'agit de matériels à très longue durée d'approvisionnement et de réalisation avec un tuilage des phases de conception, approvisionnement, industrialisation et réalisation, ce qui nécessite de tracer les évolutions avec une information des acteurs et une analyse d'impact.

Assurer le suivi la confidentialité...

Accéder à la dernière version validée des données peut paraître simple, mais ne l'est pas du tout. Certains produits ont une durée de vie de trente ans. Cela nécessite une structuration et un suivi permanent et implique des fonctions évoluées de gestion de configuration dans le PLM. Il y a un besoin d'accès, de visualisation, de standardisation, mais également de maîtrise des échanges pour des questions de confidentialité, de transferts de données et de partenaires. Il s'y ajoute que la donnée produite, voire les systèmes d'information complets, deviennent des éléments livrables. Un nouvel enjeu pour DCNS...

« Vu la complexité de ce que nous fabriquons, nous avons du mal à rentrer dans une GPAO du marché, explique notre interlocuteur. Ainsi, celle que nous avons choisie pour décrire une phase est limitée à 200 caractères. Or il nous faudrait vingt pages. » Les références de gestion ou d'approvisionnement fournisseurs sont différentes des références internes, différentes de celles du constructeur et de celles de l'Otan. Ainsi un produit peut avoir quatre ou cinq références. DCNS ne recherche pas une référence unique, mais à ce que toutes les références communiquent.

Vu le faible nombre de bâtiments fabriqués, le dossier définition n'est clos seulement que lorsque le bâtiment flotte et a achévé ses essais en mer. La logistique est également très importante. Lorsqu'un bateau est livré, il doit comporter tous les composants pour le réparer et être autonome. En outre, les évolutions sont permanentes et il faut vérifier si elles ont un impact sur l'industrialisation ou la fabrication.

À l'issue de son projet, fin 2005, DCNS a choisi PTC autour de la solution Windchill. La question se posait pour DCNS de continuer avec le même éditeur. « Nous avons consulté l'ensemble des fournisseurs, les grands comme les petits éditeurs, explique Charles Cultien. Les petits ne convenaient pas et il n'était pas pensable de prendre un autre grand. Nous avons donc conservé la solution PTC. »

Faciliter le dialogue entre tous les systèmes

Une structure de pilotage de projet de système d'information a été mise en place. Celui-ci devait comprendre la formation, la reprise des données, la suppression des anciennes applications, les investissements matériels... Les intégrateurs ont été consultés en juin 2007 pour faire le déploiement et le lancement du projet de la façon la plus transparente possible, sans arrêter les ventes. L'un des enjeux de ce projet est de supprimer définitivement les anciens outils, ce qui oblige à déterrer les données de 1994, de les rendre propres et de les rentrer dans le nouvel outil. Le lancement du projet a eu lieu en octobre pour un déploiement en 2008-2009.

DCNS doit travailler avec d'autres entités comme Thales, mais aussi des partenaires et des collègues indiens, pakistanais ou hongrois, ayant des systèmes de tout niveau, et doit donc être capable de dialoguer et d'être compris des autres, surtout s'ils ont de tout petits systèmes, genre tableur ou petit PLM. « Notre système est structuré, mais n'est pas complètement agile », constate Charles Cultien. C'est l'un des axes de développement. Dans le choix du progiciel, une version X est proposée avec de nombreuses briques : gestion des utilisateurs, GEID, messagerie... Tout le travail est de choisir les bonnes briques. Ainsi, les gens des navires armés ont choisi la version 8 de l'outil, parce qu'il y avait une contrainte forte de délai et que le câblage ressemblait aux deux blocs précédents.

L'ENTREPRISE

- Ensemblier intégrateur de navires armés complets, il assure la conception, la réalisation et le maintien en condition opérationnelle de tout ou partie d'appareils propulsifs classiques et nucléaires pour les bâtiments de surface et les sous-marins. - 13 300 collaborateurs - 2,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2006

Les conseils deCHARLES CULTIEN,

responsable SI/SGDT de DCNS Propulsion.

> Attention à la reprise des données lorsque l'on veut supprimer les anciens outils. > Privilégier la pérennité sur les fonctions offertes immédiatement. > Garder toujours une capacité d'ouverture.

LE PROBLÈME

- Travailler avec des données sûres et des références communes.

La solution

- Le logiciel Windchill de PTC. - Des stations de travail, des PC.

Les bénéfices

- Rationalisation de tous les systèmes de gestion de données techniques. - Diminution des coûts de non-qualité liés aux données techniques. - Apport d'un lien CAO mécanique avec le PLM (parties méthodes). - Maîtrise des coûts estimatifs du procédé.

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