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Des données, pour quoi faire ?

Guillaume Lecompte-Boinet

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Choisir le bon protocole, réfléchir en amont aux usages, sécuriser : voici le triptyque pour gérer les quantités de données considérables provenant des objets connectés qui devront être traitées et analysées en temps réel.

Comment traiter les milliards de données générées par l'Internet des Objets (IoT) ? Comment éviter une paralysie, les bugs à répétition ? Et surtout, comment assurer une robustesse des systèmes afin de sécuriser ce nouveau monde ? Au-delà des aspects marketing du développement spectaculaire qu'on promet au « marché » de l'IoT, voilà les questions que se posent tous les acteurs de la chaîne. Clairement, l'IoT va bouleverser le métier des industriels, puisque ces capteurs se trouvent au plus près de l'utilisateur final et permettent de remonter et d'analyser de précieuses informations sur leur comportement. Tous les secteurs sont ou seront concernés : industrie informatique classique, banque et assurance, industries traditionnelles.

Dans le monde de l'IoT, l'un des changements majeurs auxquels les entreprises ont à faire face est le caractère peu structuré des événements, à l'inverse du monde de l'informatique d'entreprise, qui travaille de façon normalisée avec le SQL (Structural Query Language).

D'énormes flux de données transmis en continu

« Dans le monde du big data, il faut s'autoriser à relâcher un peu les règles de cohérence très rigides du SQL », lance François Bourdoncle, consultant et membre de la commission Innovation 2030 sur le big data (voir interview). Un capteur embarqué sur une voiture va transmettre en continu et en temps réel un énorme flux de données qu'il faut en permanence synchroniser. Du reste, dans ses data centers, Google utilise des horloges atomiques pour effectuer cette synchronisation. Par exemple, une flotte automobile peut générer plusieurs dizaines de millions d'événements par jour. Et dans un système de comptage de flux de personnes, via les smartphones, les volumes se comptent en millions par minute. « Il est donc indispensable de bien réfléchir à l'usage que l'on veut faire de cette masse de données pour trouver un mode de connexion économe en énergie et qui ne coûte pas trop cher », souligne Olivier Ondet, directeur marketing d'Orange Application for business, la division où sont logées les activités IoT et big data d'Orange avec plus de 500 personnes. Et surtout, cette réflexion doit intervenir en amont.

À l'évidence, ce ne sont pas les protocoles qui manquent. De très nombreux sont apparus à partir de la fin des années 90 et au début des années 2000. C'est la façon dont on souhaite utiliser les données qui doit déterminer l'adoption de tel ou tel d'entre eux. L' « ancêtre », http reste le plus utilisé, avec sa couche de sécurisation Transport Layer Security (TLS). Il permet d'authentifier un serveur et de garantir la confidentialité et l'intégrité des données échangées. « Mais il y a de nouveaux protocoles plus dédiés à l'IoT, sur lesquels nous avons encore peu de recul », remarque Antoine Rizk, vice-président en charge des programmes d'Axway, un spécialiste de la gouvernance des flux de données, qui a essaimé du groupe Sopra. « Nous aidons nos clients à monitorer ces flux, par exemple, à déterminer qui envoie, à qui, et quoi », ajoute-t-il.

Des logiciels embarqués dans les objets

Toutefois, dans l'IoT, l'aspect coût et consommation d'énergie sont cruciaux. D'où l'apparition de protocoles permettant de traiter des objets ne nécessitant pas un gros débit, et donc peu gourmands en énergie. Ils ont pour nom CoAP, MQTT ou Zigbee. L'opérateur Sigfox s'en est fait une spécialité. CoAP fonctionnant sur UDP par exemple, est bien adapté aux objets du type microcontrôleur sur une machine ou une vanne, ayant peu de mémoire, et pour lesquels un protocole comme http aurait été trop lourd. Dans ce cas, le nombre d'événements remontés n'atteint pas de chiffres astronomiques. De même, « le protocole MQTT est adapté aux messages légers, et aux clients qui ne sont pas connectés en permanence. Le domaine du véhicule connecté, par exemple, s'y intéresse », souligne Antoine Rizk. Pour les applications domotiques, Z-wave, qui est optimisé pour[…]

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