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Des cursus pour séduire l'industrie... et les étudiants

Michel Le Toullec

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Deux tendances se dégagent dans les programmes des écoles : les formations d'ingénieur en alternance et les nouveaux masters (bac+5) et mastères (bac+6).

Les études techniques et scientifiques séduisent de moins en moins. Les écoles d'ingénieurs n'échappent pas à cette désaffection. Pour y remédier, elles imaginent des formations toujours plus attractives et assurant au mieux l'insertion professionnelle des futurs ingénieurs.

Parmi les nouveaux cursus lancés en 2004-2005 par les écoles d'ingénieurs, l'une des tendances est à la formation en alternance. Une approche qui semble profitable à tout le monde. Elle favorise d'abord l'insertion des jeunes ingénieurs qui sont ainsi dotés, dès leur diplôme, d'une solide expérience sur le terrain. En plus, ils sont salariés. Les écoles bénéficient, elles, d'une relation étroite avec les entreprises impliquées et peuvent ainsi mieux répondre aux besoins qu'elles expriment. Enfin, les entreprises disposent de la possibilité de tester en vraie grandeur les futurs ingénieurs qu'elles hébergent et bénéficient, au passage, d'une aide de l'État.

L'Insa de Lyon a créé, en septembre 2004, sa toute première formation par la voie de l'alternance : la filière génie mécanique procédés plasturgie. « Cette formation se déroule pour moitié à l'école et pour moitié en entreprise », explique Alain Storck, directeur de l'école. À la différence d'un stagiaire, l'élève-ingénieur est salarié de l'entreprise : le salaire mensuel atteint 61 % du Smic. Toujours dans le domaine des plastiques, l'Institut supérieur de plasturgie d'Alençon propose, depuis la rentrée 2005, un cursus d'ingénieur par alternance dès la première année.

L'École supérieure de chimie physique électronique de Lyon vient, elle, de créer une formation d'ingénieur informatique et réseaux de communication en alternance. « Mis sur pied avec l'Institut des techniques d'ingénieur de l'industrie (CPE) de Lyon , ce cursus de 36 mois prévoit que l'élève-ingénieur travaille à temps plein en entreprise le dernier semestre, dont au moins deux mois en mission à l'étranger, précise Gérard Pignault, directeur de CPE-Lyon. Au total sur leurs trois années, les élèves passeront près de deux tiers du temps en entreprise. » L'École nationale supérieure de mécanique et des microtechniques (Besançon) a également collaboré avec l'ITII pour lancer une formation d'ingénieurs en alternance sur... la production mécanique et microtechnique. Autre exemple, un cursus en alternance sur la monétique et la sécurité des systèmes lancé en 2004 par l'Ensi-Caen.

Ne pas confondre master et mastère

À l'Institut national des télécommunications (Évry), une nouvelle option de 3e année en alternance vient d'être créée sur l'entrepreneuriat et le développement de projets innovants. Ses diplômés trouveront des débouchés dans les incubateurs, les sociétés de conseil, les fonds de capital-risque... Enfin, dans un tout autre domaine, l'Isara-Lyon vient de créer une formation d'ingénieurs de la filière viti-vinicole par apprentissage en partenariat avec l'ESA d'Angers. Cette formation, pour moitié à l'école et pour moitié en entreprise, est soutenue par des industriels comme Pernod-Ricard, Heidsieck...

L'autre grande tendance est le développement des nouveaux masters, des formations qui intègrent également des missions en entreprise. Il y a en fait master et mastère. « Le master recherche et le master professionnel sont des formations de niveau bac+5 qui ont remplacé respectivement le DEA et le DESS, explique Michel Schmitt, directeur de la recherche et des formations de 3e cycle à l'École des mines de Paris. Tandis que le mastère spécialisé correspond à un niveau bac+6. » Pour les ingénieurs qui ambitionnent une carrière dans la R&D, les masters de recherche (voir encadré) donnent accès à une thèse de doctorat.

Les masters professionnels sont plus proches des préoccupations immédiates des entreprises. C'est ainsi que les Mines de Paris ont lancé trois formations de ce type liées à la sécurité et à l'environnement : sur la gestion et le traitement des eaux des sols et des déchets ; sur le transport et le développement durable ; sur la maîtrise des risques industriels. Ce dernier est cohabilité par Chimie de Paris qui a également lancé des masters professionnels sur la chimie nucléaire et le traitement des déchets radioactifs, sur la chimie cosmétique et dermatologique et sur la pharmacochimie.

À l'INP-Lorraine, l'Ensaia propose un master professionnel sur le management et la sécurité alimentaire et un autre sur la conservation et la restauration des écosystèmes. Tandis que l'ENSGSI lance deux nouvelles spécialités : sur le management de l'innovation et sur l'ingénierie urbaine.

Des formations en partenariat

Les mastères spécialisés forment, quant à eux, des ingénieurs alliant des compétences techniques mais aussi transversales. Ces cursus sont d'ailleurs souvent montés en partenariat par plusieurs écoles. Les Écoles des mines de Paris, Nancy et Saint-Étienne ont ainsi créé, avec France Télécom, une telle formation sur le thème "ingénierie de production et infrastructures en systèmes ouverts". L'objectif est de répondre à la demande des grandes entreprises qui recherchent des spécialistes en production informatique de haut niveau. À l'École des mines de Douai, un mastère spécialisé tend à répondre à un autre souci majeur : le management de la propriété industrielle. Cette formation est mise en place avec huit autres écoles lilloises dont l'École centrale, l'École de chimie, Polytech'Lille et l'Ensam. Cette dernière vient, par ailleurs, de lancer un mastère spécialisé sur l'intégration des systèmes de management qualité, hygiène et sécurité avec des partenaires industriels comme PSA, Arcelor, Nestlé... Sur un sujet assez proche, l'École de chimie et physique de Bordeaux a monté, avec l'INP-Toulouse, un mastère sur l'environnement et la sécurité industrielle.

D'autres mastères spécialisés visent à former des ingénieurs-managers. Supélec a monté avec Sup de Co Rennes un mastère "chargé d'affaires en TIC", destiné à former des profils alliant des compétences techniques et manageriales. Dans le même esprit, Centrale Nantes a créé avec l'École de management Audencia Nantes et l'École de design de Nantes-Atlantique un mastère sur le marketing, le design et la création. Ou encore l'Ensta (Paris) qui propose, en partenariat avec Sup de Co Toulouse, un mastère sur le marketing, le management et la communication.

Enfin, quelques écoles d'ingénieurs ont imaginé des cursus sur des thèmes totalement nouveaux pour elles. Ainsi, l'École nationale supérieure d'électronique, informatique et radiocommunications de Bordeaux propose une option en 3e année sur l'ingénierie du risque économique. Une autre forme de risque est étudiée à l'Insa de Lyon depuis la rentrée 2005 : le management stratégique et l'intelligence économique (pour ne pas dire... l'espionnage). À l'INP-Grenoble, un master international sur les nanotechnologies a été ouvert conjointement avec le Politecnico de Turin et l'École polytechnique fédérale de Lausanne. À l'Insa de Rouen, tout un pan de formations a été créé lors de l'ouverture de son nouveau département dédié au management des risques industriels et environnementaux. À noter aussi de nouvelles formations sur la mécatronique à Supméca (Paris) et le biomédical à l'Eseo (Angers).

DES MASTERS POUR LES FUTURS INGÉNIEURS DE RECHERCHE

Avant, il y avait le DEA, diplôme d'études approfondies. Désormais on parle de master recherche, une formation bac+5 qui donne accès à la thèse de doctorat. Voici de nouveaux cursus annoncés par les écoles d'ingénieurs pour l'année 2005-2006. École centrale de Paris : procédés (spécialité radiochimie) ; mathématiques appliquées ; sciences de la gestion ; économie. École nationale supérieure de chimie de Paris : chimie et physico-chimie pour le vivant et les matériaux ; radiochimie. École nationale supérieure de physique de Strasbourg : images, sciences et technologies de l'information (ISTI). École nationale supérieure d'agronomie et des industries alimentaires de Nancy : bioprocédés ; nutrition ; toxicologie ; génie de l'environnement ; écosystèmes. École nationale supérieure des technologies et industries du bois de Nancy : sciences du bois et des fibres. École nationale supérieure en génie des systèmes industriels de Nancy : innovation et conception intégrée.

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