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Des chercheurs parviennent à pirater un robot chirurgien

Des chercheurs parviennent à pirater un robot chirurgien

Raven II est un robot d’intervention chirurgicale. Il est doté de deux bras robotisés, d’une caméra pour visionner le champ opératoire et d’une interface utilisateur reliée à Internet pour le contrôler à distance.

© DR

Une équipe de chercheurs de l’université de Washington à Seattle a réussi à prendre le contrôle du robot chirurgien Raven II, pointant du doigt d’importantes failles de sécurité dans ces machines qui peuvent remplacer dans certains cas les mains agiles d’un chirurgien.

En 2001, le professeur français Jacques Marescaux basé à New York réalise avec ses équipes la première téléchirurgie de l’histoire en opérant la vésicule biliaire d’une patiente hospitalisée au CHU de Strasbourg, soit à une distance de 6 000 km. L’opération baptisée Opération Lindbergh dure 45 minutes. Depuis, les robots chirurgiens qui permettent d’assister les médecins dans les actes de téléchirurgie sont de plus en plus nombreux dans les salles d’opération. Cependant, comme tout système informatique connecté à un réseau, ces derniers peuvent faire l’objet de piratages. Sont-ils assez protégés face à d’éventuelles attaques ?

C’est la question que s’est posée une équipe de chercheurs de l’université de Washington à Seattle, dirigée par Tamara Bonaci. Les experts en cybersécurité ont mené une batterie de tests sur le robot chirurgien Raven II, qui pour l’expérience devait déplacer certains blocs en caoutchouc. Ce robot d’intervention chirurgicale est doté de deux bras robotisés, d’une caméra pour visionner le champ opératoire et d’une interface utilisateur reliée à Internet pour le contrôler à distance. Interviewée par la MIT Technology Review, l’équipe explique avoir réussi à mener trois attaques informatiques distinctes. D’abord, les chercheurs ont réussi à intercepter les ordres envoyés par le chirurgien à la machine, rendant les gestes du robot saccadés et difficilement contrôlables. La deuxième attaque a permis aux experts de modifier certaines données comme la distance ou le degré de rotation que le bras robotisé devait effectuer. Enfin, les chercheurs ont réussi à prendre complètement le contrôle du robot. Ils sont également parvenus à faire faire au robot un certain nombre de gestes entraînant l’arrêt complet de la machine.

Cerise sur le gâteau, les experts ont démontré que la connexion vidéo était également facilement accessible permettant à n’importe quel internaute averti de regarder le déroulement de l’opération en temps réel.  

Selon Tamara Bonaci et ses équipes, la plupart de ces piratages pourrait facilement être évitée si les données de communication qui circulent entre la table de contrôle et le robot médical étaient cryptées. Les fabricants devront rapidement se pencher sur ces failles de sécurité s'ils souhaitent accélérer l'adoption de ces machines dans les salles d'opération.  

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