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Dépistage du Covid-19 à l'école : quelle stratégie pour être efficace ?

Kevin Poireault

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Dépistage du Covid-19 à l'école : quelle stratégie pour être efficace ?

© SkillCell

Difficile de discerner une stratégie de dépistage du Covid-19 cohérente derrière les promesses du ministère de l'Education nationale concernant les tests dans les établissements scolaires. Pourtant, des travaux de l'Inserm ont établi qu'un dépistage hebdomadaire d'au moins la moitié de la population scolaire permettrait de réduire la circulation du virus à l'école et de diminuer le nombre de jours perdus par les élèves.

Quelle stratégie derrière les tests Covid-19 à l'école ? Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a promis « au moins 600 000 tests salivaires par semaine » pour assurer un dépistage massif dans les écoles et des auto-tests « autant que nécessaire » dans les collèges et lycées. Mais avec plus de 6,7 millions d'élèves dans le premier degré, les tests salivaires ne concerneraient donc au mieux que moins de 10% des élèves, ce qui interroge sur leur portée. Quant aux auto-tests, la formule du ministre suscite aussi l'interrogation : nécessaire pour quel objectif ?

Cécile Philippe, présidente de l’Institut Molinari, un think tank économique libéral, craint que l’on se retrouve « dans une situation similaire à la rentrée précédente, c’est-à-dire sans stratégie de dépistage claire ». La sécurisation de l'école est pourtant un enjeu majeur. D'une part sanitaire, avec la protection des élèves contre le Covid-19 et la réduction du rôle de l'école dans la propagation de l'épidémie, et d'autre part éducatif, avec le maintien de l'enseignement. Si les classes ferment comme prévu dès le premier cas, les élèves risquent de perdre encore de nombreux jours d'école, comme le rappelle Vittoria Colizza, chercheuse à l'Inserm :

 

 

Le dépistage dans les établissements scolaires fait sens pour réduire ces risques sanitaires et éducatifs, mais à condition qu'il s'inscrive dans une stratégie cohérente de dépistage répété d'une part importante de la population scolaire, comme l'a proposé une modélisation des chercheurs de Vittoria Colizza (Inserm) et Alain Barrat (CNRS).

L'Inserm a rappelé l'une de leurs conclusions le 26 août dans un communiqué : « La mise en place d’autotests hebdomadaires dans les classes primaires et dans les collèges fournirait un équilibre optimal, améliorant largement le contrôle de l’épidémie dans la population scolaire tout en évitant les perturbations du calendrier dues aux fermetures de classes. »

Réduction de 90% du nombre moyen de jours-élèves perdus

Les deux chercheurs recommandent « un dépistage hebdomadaire » en primaire et au collège, en mettant l’accent sur les plus jeunes, qui n’ont pas encore accès au vaccin avant 12 ans. Avec une adhésion de 50% ou plus de cette méthode, on « parviendrait à réduire le nombre de cas en moyenne de 24% dans l’enseignement primaire et de 53% dans l’enseignement secondaire ». Elle « permettrait également de réduire de 90% le nombre moyen de jours-élèves perdus par rapport à la fermeture de la classe après la détection d'un cas », ajoute Vitoria Colizza sur Twitter.

 

« L'adhésion est un paramètre clé pour un contrôle efficace des cas en milieu scolaire », insiste Vitoria Colizza. C’est la stratégie adoptée par certains pays dès l’année scolaire précédente, comme le Royaume-Uni, où chaque élève a réalisé trois autotests dans son école et a reçu deux tests à faire à la maison chaque semaine au deuxième trimestre 2021. En Autriche, les élèves de l’école primaire ont été testés à l’école deux fois par semaine et les 10-18 ans ayant des horaires aménagés ont été testés une fois par semaine.

« Le fait que 50 % des contaminations soient perpétrées par des asymptomatiques ou présymptomatiques justifie sans doute une utilisation du dépistage de masse dans les écoles, confirme l’épidémiologiste Antoine Flahault, professeur à l’Institut de santé globale de Genève. Pour autant, la situation épidémique au Royaume-Uni et en Autriche n’était guère meilleure que celle en France avant les vacances. Nous manquons encore d’étude tangible de terrain sur lesquelles nous appuyer. »

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