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Deinove dans les temps pour son projet bioéthanol

Ludovic Fery

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Deinove dans les temps pour son projet bioéthanol

Les déinocoques, alternative aux levures pour la production de biocarburants.

© Deinove

Le spécialiste de la valorisation des déinocoques a présenté son bilan sur l’année 2011. Son projet de production de bioéthanol avec l’industriel Tereos semble en bonne voie.

Vendredi 17 février dernier, la société de biotechnologies Deinove a rendu compte de son exercice sur l’année 2011. Avec 9 millions d’euros de ressources, l’entreprise peut poursuivre ses activités de R&D jusqu’en 2013.

Une bonne nouvelle pour le projet Deinol qui vise à faire produire du bioéthanol à des bactéries thermophiles extrêmement robustes, les déinocoques. Soutenu par Oséo, c’est à l’heure actuelle le plus important financement national sur les biocarburants de deuxième génération. Le projet est réalisé en partenariat avec Tereos, la filiale du sucrier Beghin-say consacrée au bioéthanol.

La TPE côtée en bourse est en phase avec son calendrier prévisionnel qui prévoit l’obtention de plusieurs briques technologiques. « Nous pensons être meilleurs que la concurrence sur la dégradation de la biomasse, mais devons encore progresser sur la transformation en éthanol », a admis son directeur général Jacques Biton. La première cible atteinte est importante : elle signifie que les déinocoques digèrent plus de 80 % de la biomasse en 48 heures, et sans ajout d’enzymes. 

Si les travaux sont actuellement menés sur le blé, la société s’intéresse également à d’autres substrats : betteraves, maïs, canne à sucre… mais aussi à l’obtention de produits autres que l’éthanol. Plusieurs programmes de développement commun avec l’industrie sont à ce titre en cours dans le domaine de la chimie verte, et pourraient aboutir à la signature d'un partenariat dans le courant de l’année.  

Passage à l’échelle industrielle en 2014   

Les déinocoques semblent en effet de bons clients pour d’autres applications. Outre la production d’enzymes d’intérêts comme la laccase, c’est leur coloration naturelle, riche en pigments rouges, qui aurait de l'intérêt : « à partir de la biomasse, on peut envisager de produire des colorants, des anti-oxydants, des acides aminés dérivés, des composés pour l’alimentation animale », a listé Jacques Biton.

Certaines pistes sont étudiées, mais la priorité reste la réussite du projet Deinol. Le transfert technologique est prévu pour 2014 : « si les objectifs sont remplis au niveau des différents pilotes, Tereos aura l’obligation contractuelle d’implanter notre technologie dans son unité de production à Lillebonne (76) ». Les bactéries de l'extrême auront alors à produire, à partir du blé et de ses co-produits, 300 millions de litres de bioéthanol par an.  
  
Ludovic Fery

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