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Deepomatic, lauréat de l’EIT Digital Challenge, veut devenir le champion européen de la vision industrielle dopée à l’IA

Kevin Poireault
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Deepomatic, lauréat de l’EIT Digital Challenge, veut devenir le champion européen de la vision industrielle dopée à l’IA

Des techniciens réseau de Bouygues Telecom installent la fibre optique en s'aidant de la solution de contrôle qualité Deepomatic.

© Deepomatic

Le réseau européen d'innovation dédié au numérique EIT Digital a désigné, jeudi 12 novembre, les grands gagnants de son EIT Digital Challenge 2020. Cocorico ! La lauréate est une start-up française – aux ambitions européennes : Deepomatic. Pour l’occasion, Industrie & Technologies revient sur la technologie derrière ce « Photoshop » de reconnaissance d’image industrielle, comme aime l’appeler Augustin Marty, son PDG.

« Depuis cinq ans que Deepomatic existe, nous avons fait énormément de concours de pitches et finissons souvent parmi les finalistes mais c’est la première fois que nous gagnons, s’enthousiasme Augustin Marty, fondateur et PDG de la start-up de reconnaissance d’images dopée à l’intelligence artificielle et destinée aux cas d’usages industriels. C’est plaisant de pouvoir mettre le label ‘lauréat’ sur notre page LinkedIn. »

Ce qui a été reconnu dans le travail de Deepomatic, selon ce dernier, c’est la simplicité d’utilisation de sa solution : « Deepomatic n’est pas une application finie mais une plate-forme qui permet à nos clients de construire eux-mêmes leurs applications en utilisant notre moteur d’intelligence artificielle. Nous voulons qu’elle soit directement dans les mains des personnes opérationnelles. Nous avons ainsi dû développer une plate-forme aussi facile à utiliser, mais complète, que Photoshop. »

Les milliers de lignes de codes derrière la « plate-forme no code »

Côté pile de cette « plate-forme no code », une application de téléphone qui interagit avec celle utilisée par l’opérateur pour la gestion d’une installation ou d’une mission de maintenance (qui peut être une application maison ou celles fournies par le français Praxedo ou le géant américain Salesforce) et qui analyse, en direct, les photos prises par ce dernier tout au long du protocole.

Côté face, un moteur d’IA équipé de divers briques techniques : labellisation des images réseaux de neurones, la fonction Wokflows – « unique à Deepomatic, qui intègre des processus métier dans nos algorithmes », précise Augustin Marty – et, enfin, le déploiement de toutes ces briques techniques sur les terminaux des opérateurs – « qui a demandé des milliers de lignes de codes », insiste le PDG. Pour entraîner ses algorithmes, Deepomatic puise dans « une trentaine de librairies open source, dont tout ce qu’on trouve sur Tensor Flow de Google, et des outils de tracking des objets », ainsi que sur les images recueillies à l’issue d’une phase de préparation avec les clients, « qui peut durer entre un et six mois ».

Entre front-end et back-end, « le chef de projet de notre client a, lui, accès à un tableau de bord de pilotage de toutes les activités utilisant la solution Deepomatic – la fonction que l’on appelle Engage », ajoute Augustin Marty.

13 clients, 9 cas d'usages et des ambitions européennes

Aujourd’hui, la start-up a treize clients, issus de plusieurs pays, sur neuf cas d’usages, parmi lesquels la reconnaissance de comportement d’animaux lors de tests pharmaceutiques, la gestion des déchets avec Suez, l’analyse des impacts sur les pare-brise avec NCS – « un équivalent de Carglass » - aux Etats-Unis, la reconnaissance de plateaux-repas à la cantine pour la facturation instantanée avec le groupe britannique Compass, concurrent de Sodexo.

Mais ce dont Augustin Marty est peut-être le plus fier, c’est l’utilisation de Deepomatic pour le contrôle qualité dans l’installation de la fibre optique chez des particuliers. « A ce jour, 7 000 techniciens réseau, répartis chez trois clients, Bouygues Telecom et Sogetrel en France et Swiss Telecom en Suisse, utilisent Deepomatic sur la dizaine de photos qu’ils doivent prendre pour installer la fibre entre le point de mutualisation dans la rue et l’appartement. Ils ont fortement réduit le taux d’échec, qui était entre 10 et 15% auparavant. Je ne peux pas dire, à ce jour, de combien ils sont parvenus à réduire ce chiffre car ils veulent utiliser ces données pour répondre à des appels d’offres mais ils récupèrent au moins cinq fois l’argent qu’ils ont investi dans la licence Deepomatic chaque année. »

En plus de bénéficier de 100 000 euros, Deepomatic veut profiter de l’accès gratuit pendant un an à l’EIT Digital Accelerator, d’une valeur de 50 000 euros, et de la visibilité qu’un tel prix offre pour s’imposer en Europe. « Bien que nous soyons 80% de Français parmi les 35 collaborateurs, notre langue de travail est l’anglais et nous avons une forte identité européenne, insiste Augustin Marty. Nous essayons aujourd’hui d’être identifiés parmi les meilleures start-up de deep tech européennes. Nous avons reçu de nombreuses propositions de rachat par des fonds d’investissement. Mais nous restons en Europe. » L’année qui arrive pourrait être déterminante pour l’avenir de la startup française.

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