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Déchets radioactifs : un accord pour simuler le stockage à long terme

Thomas Blosseville
Déchets radioactifs : un accord pour simuler le stockage à long terme

© DR

L’Andra et l’Inria ont signé un accord de recherche en simulation numérique. Il porte sur le stockage à long terme des déchets radioactifs. Modèles mathématiques et méthodes de résolution : tout reste à concevoir.

Comment simuler le stockage des déchets radioactifs sur des siècles, voire des millions d’années ? L’énigme n’est pas résolue. Pour y remédier, un accord de recherche vient d’être signé entre l’Andra (Agence nationale de gestion des déchets radioactifs) et l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique). Ensemble, ils devront résoudre trois défis.

Simuler les processus physiques

Il faudra comprendre les phénomènes physiques intervenant lors du stockage des déchets, puis les traduire en modèles mathématiques. L’étendue des disciplines à couvrir et le couplage des phénomènes illustrent l’ampleur de la tâche : écoulements de l’eau en milieu poreux, migration des radionucléides (issus des déchets), processus thermiques, mécaniques, chimiques...


Résoudre les modèles

Une fois les modèles établis, encore faudra-t-il les résoudre à l'aide de méthodes numériques appropriées. La complexité de représentation (taille des maillages, variabilité des données…) et la précision requise imposent des méthodes numériques spécifiques. L’Andra et l’Inria se pencheront sur le parallélisme (exécution des calculs en parallèle, pour gagner en rapidité). Ils envisagent aussi la décomposition des domaines. Il s’agit de concentrer les calculs sur les seules parties du stockage où une situation évolue. Ou encore le maillage adaptatif : prendre en compte des évolutions dans le temps de la géométrie des composants du stockage.


Evaluer les incertitudes

Gare aux erreurs d’interprétation. Il faudra être capable d’évaluer les incertitudes portant sur les données et leurs impacts sur les résultats. Des analyses de sensibilité et d’incertitude devront être mises au point.


Malgré ces défis, il est trop tard pour reculer. En cinquante ans d’histoire nucléaire, la France a déjà accumulé plus d’un million de mètres cubes de déchets radioactifs, essentiellement très faiblement et faiblement radioactifs, répartis sur un millier de sites. Mais le stockage en fin de vie des déchets les plus dangereux reste un défi technologique. Il rend urgent la mise au point des méthodes fiables de simulation.
Dés 2025, les déchets les plus radioactifs commenceront à rejoindre leur site de fin de vie. Pour en savoir plus, retrouvez dans le numéro d’octobre 2009 d’Industrie et Technologies notre enquête sur le devenir des déchets radioactifs.

Thomas Blosseville

Pour en savoir plus sur les domaines de recherche, cliquez ici.

 

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