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Déchets radioactifs : les technologies de stockage étudiées par l’Andra

Déchets radioactifs : les technologies de stockage étudiées par l’Andra

© Andra

L’Andra a coordonné le projet européen Esdred sur le stockage géologique des déchets radioactifs. Ce projet de recherche s’est clos en 2009. Voici ses conclusions technologiques

Que faire des déchets hautement radioactifs et/ou à vie longue ? L'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) prévoit de les stocker à 500 m de profondeur dans une couche d'argile. Un site à cheval sur la Meuse et la Haute-Marne est envisagé, près de Bure. Encore faudra-il mettre en oeuvre ce stockage géologique. Le projet européen Esdred a fourni quelques éléments de réponse.

Voici les technologies retenues et celles écartées. Le projet a duré cinq ans et reçu un budget de 21 millions d’euros. Son objectif ? Concevoir les technologies de mise en place des colis radioactifs dans leur site de stockage géologique.

Un nouveau béton

Le projet Esdred a réuni 13 participants issus de 9 pays européens : 7 agences de gestion des déchets et 6 organismes de R&D, comme le CSIC (le CNRS espagnol). L’Andra représentait la France. Jusqu’à présent, les projets de recherche portaient sur le comportement du stockage à long terme (science de la Terre, des matériaux, évolution des nucléides…). « Pour la première fois, nous nous sommes intéressés aux technologies de manipulation et de confinement des colis de déchets radioactifs », explique Jean-Michel Bosgiraud, coordinateur du projet à l’Andra.
Premier résultat, une formulation de béton à bas pH. « Nous sommes passés d’un pH 13,5 à 11,5 », précise Jean-Michel Bosgiraud. Au contact du béton, les eaux de la formation géologique se chargent d’alcalins et risquent de dégrader le confinement. L’objectif était de réduire l’altération du béton sur le long terme.

Une idée abandonnée

Deuxième résultat du projet, une méthode de fabrication des anneaux de bentonite, grâce à une presse de 80 000 tonnes. La bentonite devait protéger les déchets hautement radioactifs en les isolant de la roche. L’idée a été abandonnée. Les déchets seront finalement vitrifiés, placés dans des colis en inox, puis en acier noir. Les colis seront enfin placés dans des tubes horizontaux. Les tubages seront directement au contact de la roche.

Et les méthodes de creusement ?

Le troisième résultat en revanche a été conservé. Il s’agit d’un robot pousseur pour positionner les déchets hautement radioactifs dans leurs tubes horiziontaux. « Nous avons réussi à pousser 3 colis factices en même temps, sur 100 m, et à aller les rechercher », précise Jean-Michel Bosgiraud. Dans le stockage envisagé, à 500 m de profondeur, les alvéoles de stockage cylindriques feront 40 à 80 m de longueur.
Reste à trouver comment les creuser. Des tests ont été réalisés sur 20 m de long. « Nous espérons valider un creusement de 80 m d’ici à 2011 », dévoile Jean-Michel Bosgiraud. Il y a toujours un écaillage à la surface de la roche. Il ne faut pas que ces écaillages tombent et bloquent la pose du tubage. Il ne faut pas non-plus laisser un espace annulaire trop important entre le tubage et la roche. Cela réduirait la qualité de confinement. Esdred a fourni des réponses. D'autres projets de recherche seront toutefois nécessaires pour que le site accueille ses premiers déchets en 2025 comme prévu.

Thomas Blosseville

Pour aller plus loin : retrouvez dans le numéro d'octobre d'Industrie et Technologies, notre article sur le devenir des déchets radioactifs.

 

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