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[Dossier CO2] Décarbonation de l'industrie : les cimentiers en quête de la bonne formule

Xavier Boivinet
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[Dossier CO2] Décarbonation de l'industrie : les cimentiers en quête de la bonne formule

L’industrie cimentière mise sur de nouveaux ciments dont la fabrication émet moins de CO2. Objectif : réduire le taux de clinker et le remplacer par des composants moins polluants.

Les gigantesques cheminées des cimenteries sont responsables de 5 à 7 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) mondiales. Pour deux tiers, celles-ci sont dues à la décarbonatation du calcaire (CaCO3) qui se produit lors de la fabrication du clinker, constituant essentiel du ciment. La réaction a lieu à plus de 1 000 °C : le CaCO3 se décarbonate en émettant une molécule de CO2 pour former de l’oxyde de calcium (CaO). Le tiers restant des émissions provient du chauffage. Pour l’industrie cimentière, la solution pour réduire ses émissions de CO2 est donc toute trouvée : limiter le taux de clinker dans ses ciments, qui grimpe aujourd’hui jusqu’à 95 %. « C’est un levier à court terme très puissant », affirme Fabrice Copin, le directeur du pôle process industriel de l’Association technique de l’industrie des liants hydrauliques (Atilh).

La feuille de route pour atteindre la neutralité carbone en 2050, établie par la filière en 2018, fait du développement de nouveaux ciments une priorité. La mise sur le marché de ciments à faible taux de clinker pourrait réduire de 127 kg la quantité de CO2 émis par tonne de ciment produit. Soit près de 20 % des 656 kg de CO2 émis en moyenne pour fabriquer une tonne de ciment aujourd’hui.

Deux ciments « bas carbone » sont déjà prêts : le CEM II/C-M et le CEM VI. Dits « ternaires », ils sont composés de clinker, de calcaire et de composés cimentaires. Ces derniers peuvent être du laitier issu de hauts-fourneaux sidérurgiques, c’est-à-dire un sous-produit de la fabrication de fonte. Mais aussi être des cendres volantes provenant de centrales thermiques, ou des pouzzolanes – des roches volcaniques. Leur teneur en clinker varie de 50 à 65 % pour les CEM II/C-M, et de 35 à 50 % pour les CEM VI. « Ces ciments n’en sont plus au stade de la R & D, indique Edelio Bermejo, le directeur de la R & D chez LafargeHolcim. Ils ont été largement validés et nous sommes prêts à les produire. D’autant que leur fabrication n’implique pas de modification de nos installations. »

De nouveaux ciments bloqués par la Commission européenne

Or ces nouveaux ciments ne sont pas encore produits et vendus en raison d’un blocage juridique au niveau de la Commission européenne qui freine leur homologation, indique Xavier Guillot, le responsable de la coordination des normes chez LafargeHolcim. « Pour les introduire, il faut réviser la norme européenne harmonisée qui autorise leur mise sur le marché. Mais des problèmes légaux entre la Commission européenne et le Comité européen de normalisation empêchent de finaliser le travail. » Les cimentiers envisagent de rédiger une norme commune à tous les pays membres, mais qui serait appliquée à l’échelle nationale. « Il faut bien que nous avancions pour faire[…]

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