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De la lanterne à gaz pivotante au feu rouge intelligent

Jean-François Preveraud

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De la lanterne à gaz pivotante au feu rouge intelligent

Si l'on vous arrête c'est pour votre bien.

© JF Prevéraud

Destinés à l’origine à sécuriser des carrefours en évitant les collisions, les feux tricolores sont aujourd’hui au cœur de systèmes destinés à assurer la mobilité urbaine. Reste à savoir s’ils sont employés à bon escient.

Difficile de dire qui a eu l’idée de réguler le trafic aux intersections à l’aide de signaux lumineux de couleur, même si beaucoup de sources convergent vers une origine anglo-saxonne. Le premier semblerait avoir été installé par J P Knight, un ingénieur spécialiste de la signalisation ferroviaire, en 1868 à Londres à l'intersection entre Bridge Street et Palace Yard. Il s’agissait alors d’une simple lanterne à gaz pivotante avec des faces rouges et vertes, qu’un agent de police manœuvrait à l’aide d’un levier.

En 1910, Earnest Sirrine déposa à Chicago (Etats-Unis) un brevet (N°976 939) pour un signal non lumineux affichant au choix les mots Stop ou Proceed. L’idée fut améliorée par le policier Lester Wire de Salt Lake City, qui proposa en 1912 un feu lumineux de régulation bicolore.

Au pays du business, le concept fit flores et l’American Traffic Signal Company de James Hoge commença à disséminer l’idée en équipant un carrefour à Cleveland en août 1914. Le feu affichait alors en couleur les mots Stop ou Move. L’idée fut même brevetée en 1918 (N°1 251 666). Pour éviter les transitions brutales, l'agent de police William Potts de Detroit ajouta un feu orange intermédiaire en 1920. Le feu tricolore classique que nous connaissons aujourd’hui était né.

La France, sortie de la Grande Guerre, connut une explosion du trafic automobile et installa son premier feu de signalisation le 5 mai 1923, au croisement des boulevards Saint-Denis et Sébastopol à Paris. Uniquement de couleur rouge, il intégrait aussi une sonnerie. Et ce n’est qu’en 1933 qu’apparurent les premiers feux tricolores à Paris. Mais ils ne devinrent omniprésents dans nos villes qu’à la fin des années 50.

Pendant ce temps, aux Etats-Unis, William Ghiglieri fit breveter dès 1917 à San Francisco (N°1 224 632) l’idée d’un système de contrôle du trafic de la ville à l’aide d’un réseau de feux colorés. Tandis qu’à Salt Lake City on commençait à la même époque à synchroniser les feux de plusieurs carrefours pour réguler l’allure des véhicules sur un axe donné.

Aujourd’hui, à l’heure où les pouvoirs publics entendent, au nom de l’écologie et de la sécurité, poussés par quelques lobbies, régenter les déplacements de chacun, les feux tricolores sont au cœur de véritables systèmes de régulation du trafic.

Des capteurs, généralement des boucles électromagnétiques noyées dans la chaussée ou des caméras avec reconnaissance d’images, indiquent au système la densité de trafic sur les différentes voies, tant à l’approche du croisement que beaucoup plus loin afin d’anticiper l’arrivée des véhicules. Des algorithmes complexes déterminent alors le séquençage des feux en fonction des objectifs que l’on entend atteindre en termes de fluidité du trafic ou de blocage volontaire pour dégoûter les automobilistes de prendre leur voiture. Qui n’a pas été bloqué à un carrefour important par un feu rouge alors qu’aucune voiture ne survenait sur l’autre axe ?

La vraie écologie et la vraie sécurité ne serait-ce pas que les feux rouges ‘‘intelligents’’ fassent tout pour fluidifier le trafic, limiter les encombrements et par la même la pollution et la nervosité des conducteur ?

On peut encore croire au Père Noël, non ? C'est de saison !

Jean-François Prevéraud

 

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