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C’est pas nouveau, quoique !

De la force du poignet à l’intelligence du robot

De la force du poignet à l’intelligence du robot

Edwin Beard Budding appliqua la principe du rasoir à velour à la tonte de l'herbe

© DR

La tondeuse à gazon fait maintenant partie de notre bestiaire robotisé domestique. C’est le fruit de près de 200 ans d’évolution technologique qui ont fait passer un outil manuel au rang d’outil autonome et communicant.

Cet été pas trop chaud a favorisé la pousse du gazon et donc mis à rude épreuve les tondeuses. Et plus encore les robots tondeurs, qui ont arpenté inlassablement les tapis verts. Mais avant l’arrivée de ces outils bourrés de technologies, comment faisait-on ?

Premier élément de réponse: l’idée de remplacer la prairie fauchée deux ou trois fois par an par un gazon coupé ras remonte au XVIe siècle, avec l’apparition des jardins d’agrément autour des demeures nobiliaires. Des armées d’habiles jardiniers équipés de faux coupaient alors sans relâche les brins, aidés par quelques animaux domestiques d’ornement, voire par de simples lapins placés dans des cages grillagées sans fond que l’on déplaçait régulièrement.

Il faudra attendre 1830, pour que l’anglais Edwin Beard Budding s’inspire d’un couteau rotatif servant à éliminer les fibres dépassant de rouleaux de velours dans une usine textile pour l’appliquer à la coupe de l’herbe. La première tondeuse à gazon était née. Le déplacement d’une plate-forme montée sur roues entraîne la rotation d’un tambour horizontal comportant des couteaux hélicoïdaux à sa surface. La distance entre l’axe du tambour et le sol est réglable pour permettre des hauteurs de coupe variables. Edwin Beard Budding s’associa au mécanicien John Ferrabee pour fabriquer en série ces engins. De nombreuses autres entreprises acquirent la licence de cette tondeuse, ce qui favorisa son déploiement dans un pays féru de jardinage. Ainsi, Ransomes fabriqua-t-il ces modèles pendant plus de 50 ans.

Les premières motorisations

Dès 1890, après quelques essais de petites machines à vapeur, les premiers moteurs à pétrole furent mis à contribution pour faire tourner le tambour en cantonnant l’effort de l’opérateur ou de l’animal de trait au seul déplacement de l’engin. Ces tondeuses à moteur thermique connurent un véritable engouement du marché dans les années 20.

L’entre-deux-guerres vit quelques essais de motorisation électrique et l’apparition des premiers modèles à lame rotative d’axe vertical. Notamment la Rotoscythe (faux rotative) conçue par David Cockburn. La rotation de la lame crée un courant d’air mis à profit pour redresser les brins d’herbe avant coupe, puis les expulser après coupe. Mais ce concept ne devint populaire que dans le milieu des années 50, grâce à l’entreprise française Outils Wolf. Notons l’apparition de modèles sur coussin d’air chez Flymo dans le milieu des années 60.

La suite n’est qu’une longue série d’innovations : utilisation des matériaux plastiques pour réaliser des carters plus économiques et plus légers ; éjection arrière de l’herbe ; bac de ramassage ; mulching (broyage très fin de l’herbe supprimant le ramassage) ; autotractée ; autoportée ; batteries électriques embarquées… dont le but est d’augmenter la productivité de la machine, tout en minimisant sa consommation énergétique et le bruit généré.

Automatiser le process

Mais ‘‘passer la tondeuse’’ reste fastidieux pour beaucoup de possesseurs de jardin, aussi l’entreprise suédoise Husqvarna lança-t-elle en 2004 une tondeuse autonome baptisée Automover. Il s’agit d’une plate-forme mue électriquement à l’aide de batteries embarquées, qui supporte un système de tonte. Cette plate-forme bardée de capteurs se déplace à l’intérieur d’un périmètre délimité par un fil enterré et est capable de modifier, grâce au logiciel embarqué, son trajet si elle rencontre des obstacles, tout en garantissant le passage sur chaque point de la pelouse. Un système de surveillance de la charge des batteries renvoie l’engin vers son poste de recharge dès que nécessaire.

Afin d’optimiser cet engin, il a été décidé de ne plus mobiliser beaucoup d’énergie sur un temps très court pour assurer par exemple une tonte hebdomadaire de plusieurs centimètres, mais de le faire fonctionner en continu avec une énergie constante moindre. De fait, le robot tondeur repassera au même endroit plusieurs fois durant la semaine, coupant à chaque fois quelques millimètres d’herbe.

Et pour les passionnés de pilotage il existe même des applications pour Smartphones qui permettent de prendre le contrôle à distance de la tondeuse robotisée et de suivre ses mouvements sur Google Maps. On peut ainsi tondre la pelouse tout en restant dans sa chaise longue. Et n’ayez crainte si votre tondeuse rencontre un problème inattendu, elle vous préviendra … par SMS.

Et ça c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

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