Nous suivre Industrie Techno

De l'innovation à revendre

Christian Guyard

Sujets relatifs :

, ,
De l'innovation à revendre

La jeune société Sotia, spécialisée dans les matériaux céramiques et composites, a développé un procédé pour la protection des essieux de trains à grande vitesse.

© D.R.

Reims, 4 - 5 Octobre 2005. De l'efficacité avant tout pour les rendez-vous d'affaires, l'aide aux jeunes entreprises en France et en Europe et, bien sûr, l'exposition des nombreux innovateurs.

La formule d'Innovact se reconduit d'années en années avec un succès grandissant. Ce rendez-vous d'affaires concentre en deux jours un maximum de contacts, soit en rendez-vous individuels préparés, soit sur les stands d'exposition, soit au cours des conférences thématiques. Pour sa dixième année, trois parcours étaient prévus : Entreprendre et innover, Développement durable et Matériaux et innovations. Des parcours basés sur des conférences et tables rondes.

1. Développement durable

L'accent était mis sur les ressources agricoles comme matières premières d'une future chimie : amidon, glucides issus de matières très peu valorisées aujourd'hui. D'après Jean-Yves Le Déaut, député de Meurthe-et-Moselle, il faut se bouger très vite dans ce domaine car les États-Unis ont investi énormément de fonds depuis dix ans et l'on risque de se trouver dans une logique d'achat de technologies ou de procédés car l'effort de recherche n'aura pas été suffisant. Cela même si, comme l'affirmait Dominique Dutartre, président d'ARD, on ne part pas de zéro et qu'il existe déjà des réalisations industrielles en France sur la valorisation de sous-produits.

Reste à savoir où faire porter l'effort de recherche - et, de toute évidence, certainement pas sur les points déjà explorés outre-Atlantique. Une voie originale est la mise en valeur des sucres à cinq carbones (pentoses), visiblement délaissée au profit des sucres à six carbones (pour la production d'éthanol). La chose est importante pour l'utilisation de la biomasse lignocellulosique encore inexploitée (arbres mais aussi paille, son, etc.). L'Inra étudie des voies originales dans l'action Glycoval. En Champagne-Ardenne, la paille n'est utilisée qu'à moitié ce qui représente plusieurs dizaines de milliers de tonnes. L'objectif est de trouver des voies d'extraction des C5 (xylose et arabinose) qui ne génèrent pas de sous-produits et soient peu gourmandes en énergie, donc de passer par des voies enzymatiques. Un procédé est en cours de développement avec l'ARD.

Autre préoccupation de Glycoval, trouver des enzymes capables de travailler avec les pentoses pour en faire des produits à haute valeur ajoutée. Un congrès sur le sujet devrait se tenir en 2006.

2. Des prix pour les jeunes innovateurs

Innovact est aussi l'occasion de remettre des prix aux jeunes innovateurs. On y trouvait nombre d'idées qui méritent d'être développées et qui ont l'avantage de la fraîcheur. Près de 300 dossiers venant des 25 pays d'Europe étaient ainsi présentés au concours de l'innovation France et Europe soutenu par le Commissaire européen Janez Potocnik et le magazine l'Étudiant.

Au niveau européen, les étudiants de l'Université technologique d'Eindhoven (Pays-Bas) se sont distingués en présentant un dispositif, EcoSun, pour rendre l'énergie solaire photovoltaïque plus accessible. Deux deuxièmes prix ont été décernés, l'un à deux étudiants belges pour un système de régulation de la production de cultures cellulaires en mode cytostat perfusé (utilisation de cellules animales) et l'autre à un étudiant roumain pour un système sans contact d'évaluation et d'analyse quantitative des mouvements des malades atteints de maladie de Parkinson.

Côté français, le premier prix a été décroché par deux étudiants de l'École centrale de Lille (Nord) pour un module électronique destiné à aider les jeunes enfants diabétiques à gérer leur maladie. Un second prix a été décerné à deux étudiants de l'université Bordeaux-1 (Gironde) pour l'élaboration de nouvelles résines à propriétés mécaniques photoajustables, applicables dans le domaine des collages réversibles et des revêtements.

Le prix Innovact a été décerné à l'entreprise Wirecom Technologies d'Orléans (Loiret) pour ses solutions de maîtrise des dépenses énergétiques par courants porteurs dans les bâtiments.

Ces remises de prix montrent, d'une part, les ressources de créativité des jeunes innovateurs et, d'autre part, leur pertinence quant aux besoins de la société.

3. Un parterre d'innovations

Si les nanotechnologies et l'électronique sont les symboles actuels du progrès, d'autres domaines plus "terre à terre" donnent lieu à la résolution originale de problèmes importants. Les déchets par exemple. Ferti.NRJ, à Soissons (Aisne), s'attaque ainsi aux déchets industriels fermentescibles donc méthanisables. L'idée est d'organiser des plates-formes de méthanisation à proximité de zones productrices de tels déchets (sous cahier des charges), de produire de l'énergie et d'épandre les sous-produits sur des terres agricoles. Un projet est en cours pour implanter un site en Picardie : 35 000 t/an de déchets soit 4,5 Mm3 de biogaz produit pour un investissement de 3,4 millions d'euros. La France ne compte qu'environ 200 sites de méthanisation contre 4 000 en Allemagne.

Dans le même ordre d'idées, Naskeo, jeune entreprise, reprend une licence Inra pour la méthanisation d'effluents liquides chargés de DCO. L'avantage est la forte concentration en bactéries qui conduit à des temps de séjour réduits et à une faible sensibi- lité aux variations de charge. La première installation verra le jour chez Ethypharm avec un réacteur de 30 m3.

Toujours en biologie, mais sur du diagnostic, l'entreprise belge DNAlis exploite une méthode de prélèvement et de détection des champignons du bois avec résultat en 24 heures (procédé FungiPass utilisant l'amplification ADN). Cela est particulièrement important pour détecter des infections latentes sans symptômes apparents comme avec le mérule. Sur le même principe, l'entreprise a développé le PhytoPass, commercialisé début 2006, pour l'analyse des maladies des plantes. La méthode s'adresse aux producteurs de plantes qui veulent s'assurer du bon état de leur production.

Côté matériau, un innovateur de la SNCF s'est penché sur le problème des corps creux soumis à la corrosion. Des solutions originales ont été développées avec Sotia, une jeune société spécialisée dans les matériaux céramiques et composites. Un autre procédé a été développé pour la protection des essieux de TGV. Sotia ne manque pas d'idées et a imaginé un procédé de réhabilitation de sols en place au niveau des cuves de rétention d'hydrocarbures.

ENTENDU AU SALON

«Les États-Unis ont investi énormément dans les ressources agricoles comme matières premières de la chimie et l'on risque de se trouver dans une logique d'achat de technologies ou de procédés. » Jean-Yves Le Déaut Député de Meurthe-et-Moselle

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0872

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2005 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

ÉLECTROMÉNAGER

ÉLECTROMÉNAGER

La cuisson vapeur à la recherche du goûtSeb veut redonner du goût à la cuisson vapeur en lançant le projet de recherche "saveurs vapeurs". Labellisé[…]

01/04/2009 | AlertesR & D
GOOGLE RELANCE LINUX DANS LE MOBILE

GOOGLE RELANCE LINUX DANS LE MOBILE

Le microscope descend à l'échelle de l'atome

Le microscope descend à l'échelle de l'atome

Des métaux nobles issus du traitement des hydrocarbures

Des métaux nobles issus du traitement des hydrocarbures

Plus d'articles