Nous suivre Industrie Techno

C’est pas nouveau, quoique !

De l'Alfa Romeo 8C à la Ford Mustang de Fast & Furious 6

Jean-François Preveraud
De l'Alfa Romeo 8C à la Ford Mustang de Fast & Furious 6

La reconstructon à l'identique de véhicules d'exception demande de gros moyens techniques notamment pour la partie mécanique.

© DR

A quelques jours de l’ouverture de Rétromobile 2015, l’un des salons les plus importants en Europe en terme de véhicules de collection, petit tour à l’envers du décor chez JSW l’un des spécialistes britanniques de la restauration de véhicules d’exception et de la reconstruction de moteurs anciens à l’identique. Une affaire de haute technologie !

Quand il a démarré son activité de restauration de véhicules anciens, il y a plus de 40 ans, Jim Stokes était considéré comme un excentrique. C'était bien avant que les voitures classiques soient prisées des millionnaires, avant aussi qu'elles deviennent des ‘‘valeurs refuges’’ du capital mondial, à l'instar des tableaux de maîtres.

Déjà à l'époque, Jim Stokes était obsédé par l'Alfa Romeo 8C, construite par la société milanaise entre 1931 et 1939. Une voiture dont le moteur, 8 cylindres en ligne de 2,3 litres de cylindrée développant 175 ch, et le châssis ont été configurés différemment au fil des années pour la route et les circuits, selon les goûts d’un ancien pilote de course reconverti dans la direction d’écurie, Enzo Ferrari. Cette voiture s’illustrera en reportant de nombreuses courses (Targa Florio, Mille Miglia, 24 Heures du Mans, 24 Heures de Spa…) aux mains de pilotes de talents tel Tazio Nuvolari, Antonio Brivio, Carlo Maria Pintacuda, Clemente Biodetti, Raymond Sommer, Philippe Etancelin, etc. Une voiture qui à l’époque dépassait allégrement les 210 km/h. Elle fut construite à quelques centaines d’exemplaires pour de riches clients sportifs désirant participer à des compétitions et nombres d’exemplaires furent habillés par de grands carrossiers (Zagato, Touring, Figoni & Falaschi, etc.)

                   
                    Paul Gregory, propriétaire de l’Alpha Romeo 8C
                            gagnante des 24 heures du Mans 1932
                      et Jim Stockes, fondateur et directeur de JSW.

Ce que ne savait pas Jim Stokes lorsqu’il a débuté ses activités, c’est que cette voiture du fait de sa rareté et de son palmarès, deviendrait l'une des voitures de collection les plus prisées au monde. Les rares exemplaires passant en salle des ventes se négocient aujourd’hui au-delà du million d’Euros.

Mais si au fil des années Jim Stokes Workshops Ltd s’est bâti une réputation de spécialiste de l'Alfa Romeo 8C, elle s’est aussi développée dans la restauration, la reconstruction et l'entretien de voitures de collection tout aussi rares et exotiques tels que les Aston Martin, Ferrari, Jaguar, Lancia, Mercedes et Rolls-Royce. Forte de ses savoir-faire, JSW a aussi reconstruit six répliques minutieuses de la Lancia D50, et une Ferrari 156 ‘‘nez de requin’’ jaune, des Formules 1 mythiques des années 1950 et 60. Le respect de la construction originelle est tel que ces véhicules sont agréés par la FIA, qui les autorise à courir dans des événements réservés aux modèles classiques Pur-Sang.

Derrière le miroir

Outre une connaissance approfondie des modèles et de leur histoire, JSW s'est forgée une réputation dans le monde entier dans la restauration de véhicules d’exception, grâce à des savoir-faire rares, mais aussi à un équipement hors du commun.

Aujourd’hui le Groupe JSW compte une cinquantaine d’employés répartis entre quatre divisions : Triple M se consacre aux opérations de fabrication de pièces ; South Shore est spécialisée dans le travail de carrosserie et le montage ; Classics by JSW s’occupe davantage des véhicules classiques plus abordables (Porsche 911, MG…); et enfin Jim Stokes Workshops Ltd, entreprise la plus connue du groupe qui travaille sur les projets les plus ambitieux.

L’une des activités importantes du Groupe JSW est la reconstruction de moteurs à l’identique. « Les propriétaires de véhicules de compétition historiques engagent souvent leurs véhicules en course, mais ils ne le font pas avec le moteur d'origine, car il est trop précieux d'un point de vue historique », explique Jim Stokes. « D’où le besoin de fabriquer un moteur de remplacement en respectant ses spécifications d’origine. Cela peut aussi être le cas avec les transmissions et les essieux, afin que les propriétaires puissent réellement concourir sans endommager le véhicule d'origine ».

                   
                    Contrôle des usinages sur machine à mesurer 3D

Ces refabrications à l’identique demandent un parc de machines d’usinage impressionnant pour un restaurateur. Ainsi la filiale Triple M possède trois centres d'usinage verticaux CNC Haas : un VF-2, un VF-5 et un VF-6. Ils permettent de produire des pièces uniques ou des lots de composants ‘‘mieux que neufs’’, tels que culasses, blocs-cylindres, soupapes, carters de moteurs, carburateurs, pompes à huile et à eau, etc.

                   
                  Perçage d'un bloc moteur sur centre d'usinage Hass

« Ce sont des machines endurantes et fiables, qui ont fait leurs preuves, et qui nous ont permis de ramener en interne la majeure partie de l’usinage de nos pièces ». Une relocalisation que Jim Stokes justifie ainsi : « Au tout début, ma philosophie était de tout faire moi-même. Mais après avoir travaillé 18 heures par jour et 7 jours par semaine pendant 5 ans, j'ai compris que je ne pourrais pas tenir et faire face à un volume d’activité croissant. Alors, vous donnez le travail à des sous-traitants, mais vous réalisez rapidement pourtant qu'ils ne font pas ce que vous souhaitez ! »

95 % des pièces produites en interne

« Nous disposons actuellement de la plupart des performances et capacités machine dont nous avons besoin. Nous devons usiner de très grands carters pour les moteurs AC, nous avons donc besoin d'une course de 1,6 m, et le VF-6 est parfait pour cela. Il dispose de nombreux outils et d'un quatrième axe, que nous utilisons lorsque nous faisons travailler la machine la nuit pour fabriquer des pièces telles que les porte-fusées. Pendant la journée, nous utilisons le reste du banc pour d'autres travaux. En ce moment par exemple, nous réalisons des blocs-cylindres, que nous faisons en deux moitiés identiques. Nous pouvons produire 95 % de nos pièces de moteurs en utilisant quatre axes, car le travail d'usinage n'est pas particulièrement complexe ».

Une petite partie de l'activité du Groupe JSW est aussi consacrée depuis peu à la production de pièces pour des sociétés cinématographiques. L'entreprise a ainsi récemment créé la section arrière de la Ford Mustang utilisée dans Fast & Furious 6. « On nous avait demandé de fabriquer l'arrière en aluminium parce que la société cinématographique souhaitait qu'elle s'écrase comme une canette de bière lors d'un impact. Nous avons fini par en faire cinq versions », conclut Jim Stokes.

Et ça c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.jswl.co.uk/ & http://int.haascnc.com

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

L'âge d'or du Lidar

L'âge d'or du Lidar

Tiré par la baisse des coûts de production et l’émergence de nouvelles technologies, le Lidar connaît un essor sans[…]

31/12/2018 | ElectroniqueValeo
Trophée du projet industriel : Vanessa picron, l’autonomie pied au plancher

Exclusif

Trophée du projet industriel : Vanessa picron, l’autonomie pied au plancher

Un béton capable de charger les véhicules électriques par induction

Fil d'Intelligence Technologique

Un béton capable de charger les véhicules électriques par induction

HyperSurfaces transforme toute surface en interface tactile

HyperSurfaces transforme toute surface en interface tactile

Plus d'articles