Nous suivre Industrie Techno

La semaine de Jean-François Prevéraud

Dassault Systèmes s'en sort plutôt bien

Industrie et  Technologies
Alors que la crise frappe de plein fouet les industries manufacturières, l'éditeur français tire plutôt bien son épingle du jeu en annonçant une croissance de 6 %. Une progression qu'il entend maintenir en 2009.


C'est un Bernard Charlès moins triomphant qu'à son habitude qui est venu présenter hier les résultats de Dassault Systèmes. Des résultats qui, s'ils sont moins bons que prévu, restent tout à fait honorables dans le contexte actuel.

« Les trois premiers trimestres de 2008 ont été exceptionnellement bons avec une croissance globale de 11 %, en phase avec nos objectifs. Par contre, le dernier trimestre a été exécrable, notamment la fin décembre où beaucoup de contrats en cours de négociation ont été reportés. Ce qui a réduit notre croissance du chiffre d'affaires à 6 %, celui-ci atteignant 1,34 milliards d'euros ».

Une croissance qui reste toutefois supérieure à celle du marché du PLM, que le cabinet d'études de marché américain CIMdata estime inférieure à 6 %. Ce qui permet à Dassault Systèmes de prendre des parts de marché sur ses concurrents. « Je pense que l'on a gagné au moins 1 % en atteignant les 26 % de part de marché sur les seules ventes de logiciels », estime Bernard Charlès.

Curieusement c'est l'Amérique qui résiste le mieux à la tourmente avec une croissance annuelle de 11 %, alors que l'Europe et l'Asie plafonnent à 6 %. L'Amérique sauve la mise grâce aux forts investissements réalisés par les industriels autour des lignes de produits Enovia et Simulia. L'Europe enregistre une bonne croissance en Russie, alors que l'Asie souffre d'un marché japonais atone, malgré de bonnes progressions en Chine, Inde et Corée.

Si l'on s'intéresse aux lignes de produits, SolidWorks a connu une croissance de 11 %, et Catia de 10 %, bien que le nombre total de licences vendues reste stable aux alentours de 49 000, alors que les autres lignes (Enovia, Delmia...) plafonnent à 7 % et que les services enregistrent une baisse de 8 %, due à la reprise de certains canaux de vente du réseau IBM qu'il n'est plus besoin de supporter.

Il est intéressant de noter que les ventes de nouvelles licences chutent de 3,8 % sur l'année (-22 % sur le dernier trimestre) alors que les revenus récurrents sur la base installée, la maintenance et les ventes de produits complémentaires notamment autours de SolidWorks, augmentent de 14,2 %. Le récurrent représente maintenant 69 % du chiffre d'affaires de l'éditeur. Autre sujet de satisfaction, la ligne dédiée au calcul et à la simulation, Simulia enregistre une croissance supérieure à 20 %.

Elargir le spectre du PLM

« Notez que ce sont d'ailleurs les lignes Simulia et Enovia qui nous permettent d'aborder de nouveaux segments de marchés prometteurs pour le PLM. Ainsi, de plus en plus d'industriels veulent utiliser les données de conception dans l'exploitation quotidienne de leurs biens d'équipement, notamment dans le domaine de l'énergie. D'autres songent fortement à des showrooms virtuels ou à des utilisations dans le domaine de la maintenance. Dans cette optique, nous estimons que le marché PLM atteignable par nos outils, que les experts estiment aujourd'hui à 10 milliards d'euros, se situerait d'avantage aux alentours de 16 B€ ».

Ainsi Dassault Systèmes mise sur ces nouveaux débouchés pour faire de la croissance ou pour le moins éviter la décroissance. D'ailleurs l'éditeur estime que 15 % de son chiffre d'affaires provient déjà de ces marchés nouveaux pour lui : pharmacie ; sciences de la vie ; environnement ; énergie, construction, infrastructures, électricité...

L'éditeur cite au passage les noms de quelques clients tel Procter & Gamble - « qui deviendra à terme plus gros que le premier de nos clients manufacturiers actuels » - Chanel, avec lequel un partenariat technologique a été signé avec des premiers travaux sur la connaissance de la lumière, ou le TÜV Rheinland allemand qui gère la tracabilité de ses certifications avec Enovia. Bernard Charlès évoque même la possibilité de vendre des licences d'Enovia dans le monde tertiaire pour gérer par exemple des configurations de contrats d'assurance. On retrouve là le discours de feu MatrixOne.

« Après avoir passé 10 ans sur le 3D, 10 ans sur la maquette numérique, 10 ans sur le PLM, nous rentrons maintenant dans un nouveau cycle basé sur l'expérimentation comportementale virtuelle, mais réaliste, des produits en 3D. Au lieu de gérer de simples pièces, il faut aussi y gérer de véritables éléments de propriété intellectuelle. C'est tout l'objet de la V6 de nos produits que nous avons lancée en 2008 ».

Maintenir la croissance en 2009

Puis est venu le difficile exercice des prévisions pour 2009. « Nous avons la ligne de produits, les compétences et le réseau commercial qui vont bien pour satisfaire les nouvelles attentes autour du PLM. Nous l'avons déjà prouvé chez certains clients. Reste que la crise actuelle rend les prévisions difficiles. Du côté des nouvelles licences, nous pensons que la baisse des ventes de 22 % enregistrée au cours du dernier trimestre 2008, se poursuivra au minimum au premier trimestre 2009. Si l'on applique ensuite notre modèle de "ventes saisonnières", les ventes de nouvelles licences en 2009 devrait chuter de 10 %, ce qui ferait significativement croître notre part de chiffre récurent, d'autant qu'il devrait croître en valeur absolue ».

Ces estimations, combinées à un programme d'économie de 35 M€ (coût de locaux, achats, voyages...) et à une volonté affirmée de continuer à investir près de 30 M€ pour le développement des activités, conduisent Dassault Systèmes à annoncer un chiffre d'affaires dans une fourchette de 1 405 à 1 425 M€, soit une croissance de 5 à 6 %. « Vous remarquerez que nous au moins nous annonçons des objectifs pour 2009 », conclut malicieusement Bernard Charlès en annonçant ces chiffres.

A la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.3ds.com/fr/

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 27 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Le design génératif offre une cure de jouvence au minibus Volkswagen

Le design génératif offre une cure de jouvence au minibus Volkswagen

Le constructeur automobile Volkswagen et l'éditeur de logiciel de CAO Autodesk ont travaillé ensemble pour moderniser le design du[…]

Vers le prototypage fonctionnel

Vers le prototypage fonctionnel

Qui est Cobot ++, le puissant robot collaboratif que développe l’IRT Jules Verne pour Airbus ?

Qui est Cobot ++, le puissant robot collaboratif que développe l’IRT Jules Verne pour Airbus ?

Cinq innovations de production développées à l'IRT Jules Verne

Cinq innovations de production développées à l'IRT Jules Verne

Plus d'articles