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D’Eole aux smart grids

Jean-François Preveraud
D’Eole aux smart grids

La première éolienne productrice d'électricité en 1887

© DR

Cela fait longtemps que l’homme utilise l’énergie éolienne pour se déplacer avec les bateaux à voiles, 4 000 ans avant Jésus Christ pour les premiers navigateurs chinois, ou pour lui fournir de l’énergie mécanique pour ses moulins à vent ou ses pompes d’irrigation, 7e siècle chez les Perses et 12e siècle en Europe.

Il semblerait que ce soit l'américain Charles Brush qui en 1887 eu le premier l’idée d’accoupler un générateur d’électricité à une éolienne. Celle-ci haute de 17 mètres et composée de 144 pales en cèdre, avait une puissance de 12 kW. Elle pouvait alimenter 350 lampes à filament, 2 lampes à arc à charbon et 3 moteurs. 12 batteries assuraient un stockage tampon de l’énergie.

Mais on doit l’industrialisation de ces engins au danois Poul La Cour, qui menant des recherches en soufflerie et construisant plusieurs prototypes expérimentaux, s’aperçut que les machines à rotation rapide dotées d’un petit nombre de pales étaient plus efficaces que celles ayant un grand nombre de pales tournant plus lentement.

Il conçu ainsi l'éolienne Lykkegard, de 25 kW avec un rotor à 4 pales, dont il vendit soixante-douze exemplaires en 1908. À la fin de la Première Guerre mondiale, l’utilisation de ces machines était largement répandue au Danemark. L’éolienne moderne était née.

Ce type de machines connut un grand succès en Amérique du Nord dans le premier tiers du XX e siècle où elles servaient, dans les fermes éloignées de tout, donc non connectables à un réseau, à produire l’électricité nécessaire à l’éclairage et à fournir la force motrice aux machines stationnaires.

Et l’on n'envisageait à l’époque guère d’autres utilisations car, comme le mentionne l’Encyclopédie des nouvelles inventions parue chez Quillet en 1927, dans le chapitre consacré à l’utilisation de l’électricité à la campagne : « les moteurs éoliens ont l’inconvénient d’avoir des vitesses et des puissances très variables nécessitant toujours l’emploi d’une batterie d’accumulateurs et quelquefois d’un moteur de secours ». La question de la disponibilité en ‘‘juste à temps’’ de cette énergie se posait déjà. Il faut en effet pouvoir découpler facilement production et consommation de l’énergie. Mais la volonté d’Eole ne correspond pas toujours aux besoins des mortels !

Aujourd’hui les éoliennes électriques vont jusqu’à une puissance unitaire de 10 MW et s’inscrivent dans le schéma global de production d’énergie de nombreux pays, le parc électrique éolien mondial avoisinerait les 250 000 MW dont 7 000 pour la France, mais cette problématique de la disponibilité en ‘‘juste à temps’’ reste patente.

Une problématique que les ‘‘smart grid’’ essayent de résoudre de manière ‘‘élégante’’. Et ça c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

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