Nous suivre Industrie Techno

D’autres « cités de l’objet connecté » pourraient voir le jour en France

D’autres « cités de l’objet connecté » pourraient voir le jour en France

© TBonnet Droits collectivités

Vendredi 12 juin après-midi, François Hollande se rendra à Angers pour inaugurer la Cité de l'objet connecté (CoC). Imaginée comme un accélérateur industriel, elle doit permettre de répondre au besoin de développement rapide des entreprises innovantes. Le point sur son fonctionnement et ses ambitions avec Thierry Sachot, directeur d'Eolane et président de la nouvelle structure.

L'inauguration devait avoir lieu mi-mai. C'est finalement cet après-midi, un mois plus tard, que la Cité de l'objet connecté accueillera ses premiers visiteurs, dont François Hollande, Emmanuel Macron et Axelle Lemaire, la secrétaire d'Etat en charge du numérique. Imaginée par Eric Carreel en collaboration avec le groupe d'électronique angevin Eolane dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle, la structure a investi 2 000 m² du site de l'ex-RCO (Radio Comptoir de l'Ouest) situé à proximité du parc des expositions d'Angers. Présentée comme un véritable accélérateur industriel, elle doit permettre aux porteurs de projets de passer le plus rapidement possible de l'idée à l'industrialisation et à la commercialisation de leur produit, en passant par la phase de prototypage. Pour parvenir à cet objectif, 2,1 millions d'investissement en machines ont été programmés. Le point sur le fonctionnement et les objectifs de cette mini-usine avec Thierry Sachot, directeur d'Eolane et président de la nouvelle structure.

I&T : Comment va s’articuler la Cité de l’objet connecté ?

Thierry Sachot : L’étage 0 correspondra au fablab. On y retrouvera notamment les fameuses imprimantes 3D. Dès qu’on passera au niveau supérieur, dédié à la partie industrialisation, on retrouvera des équipements plus professionnels, dont des imprimantes 3D industrielles, des découpes laser, un mini-centre d’usinage, des plateformes électroniques ou encore des appareils de mesure. En somme, tout ce qui est nécessaire pour que les préséries puissent être réalisées sur place. La troisième partie, liée à la production, sera quant à elle confiée à l’ensemble des acteurs partenaires de la Cité de l'objet connecté. Il y aura, enfin, un quatrième espace où l’on retrouvera une salle de conférence, qui permettra par exemple à des porteurs de technologie de présenter leurs solutions, et un showroom pour exposer les différents projets.

I&T :  Qui travaillera à la Cité de l'objet connecté ?

T. S : Nous serons, au début, une dizaine de personnes puis à terme, dans deux ou trois mois, une vingtaine. L’objectif est de s’inscrire dans une logique de partage, avec un partage des savoirs, des compétences et des expériences et un croisement des filières. On retrouvera donc des spécialistes de mécanique, de plasturgie, d’électronique et d’intégration mais aussi de design.

I&T : La Cité de l'objet connecté va-t-elle permettre de créer des objets connectés 100% made in France ?

T. S : Aujourd’hui, une grande majorité des objets connectés sont fabriqués en Asie. Notre ambition est de capter 20% des objets connectés industrialisés grâce à notre réseau d'usines partenaires. Cela permettrait, d’ici quatre à cinq ans, de créer 400 emplois indirects.

I&T : Quels types d’objets sortiront de la Cité de l'objet connecté ?

T. S : L’éventail sera extrêmement large. On pourra retrouver tout type d’objets, qu’ils relèvent du monde B2B ou du grand public. Les domaines couverts sont très variés. Je pense à la maison, à l’automobile, au médical et au bien-être, mais aussi à la ville ou à l’usine qui va avoir besoin d’objets connectés.

I&T : Combien de projets comptez-vous accompagner ?

T. S : Le premier niveau de la cité sera calqué sur le modèle du fablab et sera donc ouvert à tous. Toutes les personnes souhaitant développer un projet autour d’un objet connecté pourront accéder à cet espace moyennant un abonnement de 300 euros par mois pour bénéficier des outils mis à disposition et des conseils d'experts. On espère ainsi accompagner 170 projets sur cinq ans. En revanche, pour accéder à la partie industrielle, il y aura un comité d’experts regroupant des personnes du monde de la finance, du marketing et des technologies pour évaluer les différents projets. Selon cette évaluation, on sélectionnera les projets. Pour cette partie, nous tablons sur l’accompagnement de 30 à 40 projets par an dans cinq ans. 

I&T : L’usage et les services apportés par un objet connecté sont déterminants. Comment comptez-vous intervenir sur cette problématique ?

T. S : Parmi les grands groupes partenaires et actionnaires de la Cité de l'objet connecté nous retrouvons notamment des mutuelles. Elles nous offriront justement un éclairage sur ces usages. Elles nous permettront de tester des produits sur le marché dans le domaine de la santé grâce à des échantillons de population. Sur ce point, on imagine d’ailleurs la création d’un living lab à côté de la Cité. L’objectif est d’avoir des lieux d’expérimentation, comme un appartement témoin par exemple.

I&T : Peut-on qualifier la Cité de l'objet connecté de mini-usine ?

T. S : Oui, nous revendiquons d'ailleurs cette appellation. Nous sommes là pour fabriquer les objets et pour accélérer les projets. L’objectif des entreprises innovantes est d’arriver le premier sur le marché. Nous voulons leur offrir cette capacité.

I&T : D’autres cités de l'objet connecté pourront-elles voir le jour ailleurs en France ?

T. S : C’est bien l’idée de départ. Lorsque nous avons rédigé, avec Eric Careel, la feuille de route qui a été présentée en juin 2014, l’idée sous-jacente était de tester ce concept de Cité de l’objet connecté sur un territoire et, pourquoi pas, d’étendre ce projet à d’autres régions. 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

« Il faut développer des solutions de détection adaptées », clame Nicolas Arpagian (Orange Cyberdéfense)

Interview

« Il faut développer des solutions de détection adaptées », clame Nicolas Arpagian (Orange Cyberdéfense)

Les motivations des pirates ciblant l'industrie peuvent être économiques, crapuleuses ou politiques, selon Nicolas Arpagian. Il est[…]

Pour bien commencer la semaine : La 5G, une rupture en matière de cyber-risques

Pour bien commencer la semaine : La 5G, une rupture en matière de cyber-risques

Smart-city, cyber-sécurité, neuro-morphique… les meilleures innovations de la semaine

Smart-city, cyber-sécurité, neuro-morphique… les meilleures innovations de la semaine

« Les puces électroniques bio-inspirées pourraient disrupter le marché dans la décennie », prédit Pierre Cambou, analyste chez Yole Développement

« Les puces électroniques bio-inspirées pourraient disrupter le marché dans la décennie », prédit Pierre Cambou, analyste chez Yole Développement

Plus d'articles