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[Covid-19] Détection d'anticorps et recherche d'immunité... Quels sont les tests sérologiques développés par l’Institut Pasteur ?

[Covid-19] Détection d'anticorps et recherche d'immunité... Quels sont les tests sérologiques développés par l’Institut Pasteur ?

Le développement de tests sérologiques efficaces est un élément clé dans la lutte contre le Covid-19. Le 23 avril, l'institut Pasteur, le CNRS, l'Inserm et l'Université de Paris ont détaillé les différents pistes explorées par les chercheurs.

Afin de mieux comprendre la propagation du Covid-19 au sein de la population, plusieurs équipes de l’Institut Pasteur, du CNRS, de l’Inserm et de l’Université de Paris, ont dévoilé le 23 avril travailler sur 6 tests sérologiques. Ceux-ci sont classées en deux familles : les tests de détections d’anticorps d’une part, qui permettent d’évaluer si une personne a développé des anticorps au contact du SARS-CoV-2, et des tests de neutralisation, qui détectent si une personne est immunisée contre le virus.

Quatre tests différents pour détecter les anticorps

Pour détecter la présence d'anticorps, les chercheurs ont mis au point quatre tests : ELISA N, ELISA S, S-Flow et LIPS. Les deux premiers sont des tests classiques utilisant comme antigènes cibles soit la protéine de nucléocapside (N) entière du SARS-CoV-2, dans le cas de l’ELISA N, soit le domaine extracellulaire du spicule (S) du virus, pour l’ELISA S. Sur son site, l’Institut Pasteur note que « les tests ELISA S sont un peu plus sensibles que l’ELISA N ».

Ces deux approches sont les principales candidates à une industrialisation et une diffusion de masse de tests sérologiques, explique l’Institut. La performance des tests commerciaux actuellement en cours d’évaluation par le Centre National de Référence (CNR) est déterminée en utilisant des sérums qualifiés comme négatifs ou positifs en anticorps à l’aide des tests ELISA. « Ces tests sont les plus intéressants dans le contexte actuel. A l’institut Pasteur, il pourra être effectué plusieurs milliers de tests par semaine et la technique pourra être partagée avec d’autres laboratoires », met en avant Sylvie van der Werf, responsable du CNR des virus des infections respiratoires, dans un communiqué.

Le Test S-Flow, quant à lui, détecte la protéine du spicule du coronavirus avec une sensibilité supérieure au test ELISA S lorsque les taux d’anticorps sont faibles , explique l’Institut Pasteur. Cependant, sa lecture nécessite l’utilisation d’un cytomètre de flux, un appareil peu répandu dans les laboratoires d’analyse. Il se destine davantage à la recherche épidémiologique plutôt qu’au diagnostic individuel.

Le test LIPS, dit « d’immunoprécipitation », détecte des anticorps se fixant sur les protéines N ou S du virus ou leurs sous-domaines. « Ce test permet de caractériser de façon fine les régions des protéines virales cibles de la réponse anticorps », note l’institut Pasteur. Cependant, la sensibilité du test varie avec l’antigène détecté.

Evaluer l'immunité au virus

Parallèlement à ces quatre tests, les chercheurs travaillent sur deux autres outils de diagnostic, permettant de rechercher la présence d'anticorps neutralisants dans le sang des patients. Ces tests de séro-neutralisation permettent de déterminer si une personne possède des anticorps capable de limiter la reproduction du virus et donc si elle a acquis une immunité au virus

Un premier test de neutralisation est mené dans le cadre d’un laboratoire « pour agents pathogènes de classe 3 » (P3),  impliquant un virus SARS-CoV-2 infectieux. Les chercheurs mélanges différents sérum et observent si la présence de certains anticorps permet de d’inhiber la multiplication du virus et empêcher la destruction des cellules.

Un autre test, appelé Lenti S a également été mis au point. Il s’appuie sur un pseudovirus non infectieux, permettant ainsi de se passer d’un environnement sécurisé, et pouvant être déployé à grande échelle.

Ces tests ont été évalués à partir de groupes d’échantillons sanguins : 400 prélevés avant l’apparition de l’épidémie, 51 de patients positifs au Covid-19 avec des formes sévères, 209 avec des formes légères prélevées début mars dans le cluster de l’Oise, et 200 donneurs asymptomatiques prélevés dans l’Oise vers le 20 mars.

Vers une meilleure connaissance des mécanismes de défense de l'organisme

Dans une étude publiée le 23 avril, portant sur l'échantillon sanguin évalué par l'Institut Pasteur, les chercheurs ont caractérisés les délais d'apparition des anticorps chez les personnes atteintes de forme sévère. Les anticorps sont apparus dès 5 à 6 jours après les premiers symptômes et ils possèdent une activité neutralisante dès 7-14 jours. "Un délai probablement plus long chez les personnes pauci-symptomatiques ou asymptomatiques", estime l'Institut Pasteur.

 

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