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Covid-19 : la contamination par aérosol mobilise la recherche à l'approche de la rentrée

Kevin Poireault

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Covid-19 : la contamination par aérosol mobilise la recherche à l'approche de la rentrée

© ZDF

Cela ne fait plus guère de doute : la transmission par voie aéroportée est l’un des vecteurs de transmission privilégiés du covid-19. Alors que les gouvernements commencent à s’emparer du sujet, des chercheurs du monde entier élaborent des outils d’évaluations des risques, basés sur des modèles mathématiques, pour anticiper au mieux la rentrée des classes.

Alors que l’Europe connait une résurgence de cas de covid-19 et que la rentrée scolaire démarre ou approche dans de nombreux pays, les services de santé publique prennent la mesure de la contamination par aérosol. La suite logique bien que tardive des alertes et interpellations de nombreux scientifiques pointant cette voie de transmission du Sars-CoV-2 depuis des mois, et particulièrement cet été.

Le fait que le virus puisse être transmis par des micro-gouttelettes en suspension se baladant avec les courants d'air change la donne en matière de prévention. La récente décision du gouvernement français de rendre obligatoire le port du masque en entreprise à partir du 1er septembre, comme l'imposition du masque dans les lieux publics, en découle directement. Le but étant d'empêcher les malades de générer ces aérosols contaminants.

La ventilation devient clé

La question de la ventilation des lieux clos devient aussi un élément majeur. Ainsi, en Allemagne le 18 août lors d'une conférence de presse, la chancelière Angela Merkel, pointant que « les aérosols jouent un rôle important dans la transmission du SARS-CoV-2 », annonçait que le gouvernement allemand allait « se concentrer sur ventilation ».

Reste à connaître plus en détail comment le Sars-CoV-2 se transmet par cette voie dite aussi aéroportée. Les scientifiques cherchent ainsi à évaluer à quelle vitesse les molécules virales du SARS-CoV-2 expirées par un individu infecté se propagent dans un espace clos et contaminent ses congénères, en fonction de la configuration (hauteur, longueur, largeur) de la pièce, du niveau d’aération, du nombre de personnes présentes et de la durée de leur présence dans la pièce, mais aussi de la dose infectieuse minimale, c'est-à-dire du nombre de virus qui conduisent à l'infection – une donnée pas encore connue pour le covid-19, selon l'OMS.

En deux minutes, les particules virales se répandent dans tout une salle de classe

L'université technique de Berlin (TUBerlin) a esquissé un scénario dans une salle de classe fermée de 8 mètres de longueur, 7 de largeur et 3 de hauteur. « Après une minute, les particules virales ont déjà fait trois mètres autour de la personne. Au bout de deux minutes, elles se sont répandues dans toute la pièce », note la chaîne de télévision publique allemande ZDF, qui publie une animation du phénomène sur son site internet.


« Les aérosols et les gouttelettes [les postillons plus gros, ndlr] sont tous deux expulsés lorsque les gens parlent, toussent et éternuent. Mais ils se comportent différemment : les gouttelettes tombent plus vite au sol, tandis que les aérosols flottent dans l'air et se déplacent avec le courant d'air. Les gouttelettes peuvent aussi se transformer en aérosols par évaporation. […] Des chercheurs américains ont pu prouver que le virus infectieux était toujours présent dans les aérosols après trois heures. »

Le simple fait de renouveler l’air, en ouvrant la fenêtre, réduit fortement la propagation des particules virales dans la pièce, notent les chercheurs.

Des calculateurs pour estimer les risques et déterminer les mesures à prendre

Aux Etats-Unis, l’université Duke, en Caroline du Nord, a même développé un calculateur en ligne pour « permettre aux non scientifiques » d’évaluer les risques liés à la réouverture d’un établissement scolaire ainsi que les mesures à prendre dans chaque espace clos (salles de classe, cafétéria, gymnase…), témoigne Prasad Kasibhatla, professeur de chimie environnementale à la Nicholas School of the Environment de l’université.

Pour faire fonctionner ce calculateur, l’utilisateur entre une poignée de paramètres faciles à mesurer (configuration de la pièce, nombre d’individus, durée de fréquentation…) ainsi qu’une estimation de paramètres plus incertains, comme le niveau de ventilation de la pièce ou l’efficacité des masques de protection à filtrer le virus.

Des salles de classe aux manifestations

Un autre outil, le COVID Airborne Transmission Estimator, élaboré par Jose-Luis Jimenez, professeur de chimie de l’atmosphère de l'université du Colorado à Boulder, vise à estimer les risques de contamination pour toutes sortes de situation, des salles de classe aux manifestations en passant par le bus, à partir d’un modèle complexe développé sur des données scientifiques publiées dans des revues à comité de lecture.

« Le modèle lui-même a une précision limitée car il repose sur des chiffres qui sont encore incertains », précise le Cooperative Institute for Research in Environmental Sciences (CIRES), un laboratoire de l’université du Colorado à Boulder. Un modèle simplifié de ce ce calculateur est à retrouver sur le site de National Geographic.

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