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COP21 : les solutions originales de l’Arabie Saoudite contre le réchauffement climatique

COP21 : les solutions originales de l’Arabie Saoudite contre le réchauffement climatique

Entre leurs propres intérêts et la lutte contre le réchauffement climatique, le cœur des grands pays pétroliers balancent. L’Arabie Saoudite est tout de même présente à la Galerie des Solutions de la COP21 pour présenter ses propositions contre le réchauffement climatique.

 

Ce n’est pas forcément les pays pétroliers que l’on attendait le plus à la Galerie des Solutions pour le Climat, qui se tient au Bourget en parallèle de la COP 21, du 2 au 10 décembre. Pourtant l’Arabie Saoudite a aussi des propositions pour lutter contre le réchauffement climatique... compatibles avec l’exploitation du pétrole, bien sûr !

Capturer le CO2 au niveau du véhicule

Le Royaume à tout intérêt à montrer qu’il est possible de continuer à rouler avec des moteurs thermiques tout en polluant beaucoup moins. Il y présente une solution pour le moins originale qui consiste à piéger et stocker le CO2 au niveau du véhicule lui-même. Le projet est conçu par Aramco, le conglomérat d'état qui exploite le pétrole saoudien, numéro 1 mondial en termes de volumes de pétrole produit. Sur son stand, un véhicule présente ainsi dans son coffre deux caissons qui prennent la moitié de la place. C’est le système de stockage de CO2. Après être piégé grâce à un solvant, le CO2 est compressé puis stocké en phase liquide supercritique dans le véhicule. Le représentant du Royaume présent sur le stand explique qu’il est ainsi possible de piéger 30 % du CO2 émis pour la consommation totale d’un réservoir plein. Selon lui, il est même possible d’aller jusqu’à 60 % ! Le CO2  peut ensuite être déchargé au niveau des stations service et stocké. Il s’agit déjà du second prototype du véhicule, qui peut encore être amélioré en rendant davantage passif le système, dont la consommation actuelle d’énergie mobilise quand même 5 à 10 % de l’énergie du véhicule. Evidemment, la technologie est loin d’être mature, mais elle illustre les efforts qui sont entrepris vers des systèmes peu encombrants et peu coûteux de capture du CO2, et qui pourraient être transférables vers d’autres types de véhicules. Des systèmes auxquels ont évidemment tout intérêt à contribuer les géants du pétrole !

Que faire ensuite de ce CO2 ? Evidemment pas le rejeter dans l’atmosphère, mais plutôt l'utiliser pour produire plus de pétrole. En effet, parmi les différentes solutions proposées par Aramco, le groupe met en avant l’EOR (Enhanced oil recovery, ou récupération améliorée du pétrole). Une partie du pétrole reste en effet piégé par capillarité dans des pores de roche, ou alors celles-ci sont inaccessibles aux puits de production, si bien que le taux de récupération moyen du pétrole stagne autour de 35 à 40 % du pétrole présent dans le puit. Les techniques d’EOR peuvent augmenter cette récupération de 5 à 10 %. Plusieurs techniques existent, notamment l’injection de CO2 et d’hydrocarbures dans le puit. Le mélange se dissout dans l’huile dont il réduit la densité et provoque l’expansion, favorisant sa sortie des pores dans lesquelles elle est piégé. In fine, 40 % du CO2 injecté reste ensuite piégé dans la poche géologique, estime Aramco. Le CO2 peut aussi être utilisé dans la chimie. Ou en dernière extrémité être piégé.

Du plastique renouvelable et du solaire

L’Arabie saoudite présentait également sur son stand les emballages alimentaires en plastique biosourcé de l'entreprise norvégienne Elopak. L’entreprise saoudienne Sabic, qui fait partie des dix premiers chimistes mondiaux s’est alliée avec elle pour lui fournir des polyoléfines d’origine renouvelable. Depuis mai 2015, Sabic est la première à produire du polyéthylène et du polypropylène renouvelable d’origine non alimentaire, à partir de matières premières renouvelables lourdes constituées de graisses et d’huiles usagées.

Le Royaume présente également une solution de nettoyage de panneaux solaires, constitué d’une brosse qui balaie la surface des panneaux, sans avoir besoin d’eau. A une autre dimension, il présentait aussi son projet de centrale solaire reliée à une usine de dessalement, à Al Khafji. Ce projet comprend une centrale photovoltaïque qui sera en mesure de fournir la puissance requise par le processus de dessalement, ce qui réduira de manière significative les frais opérationnels. Il intègrera également un système d'optimisation de la consommation d'énergie, ainsi qu'une phase de traitement préalable destinée à réduire les taux élevés de sel, d'hydrocarbures et de graisses relevés dans l'eau de mer de cette région.

Il faut rappeler que l’Arabie Saoudite n’avait, fin novembre, encore pris aucun engagement chiffré en termes de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Les Etats pétroliers mettent en avant le fait que, selon les prévisions de nombreux experts, les énergies fossiles continueront de représenter une part importante (75 % en 2040, selon l'AIE) du bouquet énergétique mondial.  Cependant, le Royaume investit dans l’énergie solaire et le nucléaire, toutes les deux peu carbonées. L’Arabie Saoudite est aussi le premier de ces pays pétroliers à avoir lancé un projet de récupération et de capture du CO2.

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