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COP 21 : pour Jean-Louis Etienne, « les changements vont être lents, mais pour y arriver, il faut commencer aujourd'hui »

COP 21 : pour Jean-Louis Etienne, « les changements vont être lents, mais pour y arriver, il faut commencer aujourd'hui »

© DR

Jean-Louis Etienne peaufine actuellement son Polar-POD, le navire océanographique qui lui permettra d'explorer les Cinquantièmes Hurlants, autour de l'Antarctique, qui jouent le rôle d'un important puits de carbone. L'explorateur est aussi un observateur attentif du changement climatique, et plaide pour une éducation à la restriction énergétique.

Défenseur de la planète, le médecin et explorateur spécialiste des pôles Jean-Louis Etienne prépare son expédition en janvier 2017 dans les ''Cinquantièmes Hurlants'' autour de l'Antarctique, avec son navire océanographique Polar-POD. Une expédition qui « n'est pas tout à fait déconnectée des préoccupations environnementales. L'un des principaux sujets de recherche consiste à dériver autour de l'Antarctique, le continent du pôle sud - grand comme 28 fois la France - recouvert d'une couche de glace qui fait 2,5 kilomètres d'épaisseur en moyenne et qui est la réserve d'eau douce de la planète », précise l'explorateur. Il ajoute que les ''cinquantièmes hurlants'', comme les marins appellent l'océan qui entoure l'Antarctique, est constitué d'eaux froides qui «constituent un grand réservoir de CO2 de la planète, c'est un puits de carbone important. Celui-ci se dilue beaucoup plus efficacement dans les eaux froides que dans les eaux chaudes. Donc, l'une des questions est : quelle est la performance de ces 25 000 km de circonférence ? »

« Dans le cadre de ces préoccupations, la principale mesure qui nous est demandée concerne la capacité de cet océan à fixer le carbone », précise-t-il. Le projet offrira à quelques scientifiques la possibilité de séjourner sur cet océan très difficile d'accès.

L'homme, qui a récemment été le grand témoin du Congrès des éco-technologies pour le futur du salon Environord, les 10 et 11 juin à Lille, a d'ailleurs son avis sur les défis climatiques que doit relever notre planète.

« La transition vers les énergies renouvelables va être lente. Pour aller plus vite, il faut investir assez tôt, tant que l'on en a les moyens. Car une fois que vous êtes installés en renouvelable, la ressource est gratuite et inépuisable. Maintenant effectivement... il faut l'installer ». Quid des limites technologiques de ces énergies ? « Pour le moment, elles ont une faible densité énergétique. Mais je suis convaincu que l'on pourra, dans quelques décennies, satisfaire nos besoins domestiques avec les énergies renouvelables. A condition que l'on ait une population bien éduquée, c'est fondamental. C'est-à-dire qu'on ait isolé l'habitat et que l'on connaisse la préciosité de l'énergie. Que cela devienne quelque chose que l'on prend en considération. L'énergie est aujourd'hui tellement abondante, et d'un accès tellement facile, qu'il est difficile d'éduquer à la restriction. Il y a aujourd'hui une amélioration de la performance énergétique sur tout, mais je pense que l'on pourra se satisfaire d'énergie renouvelable pour une consommation domestique et pour une population qui aura fait le chemin ».

Vers une économie circulaire

La région Nord-Pas-de-Calais, qualifiée de « très industrialisée » et « très diversifiée » par l'explorateur, a déjà fait un bout de ce chemin. « Il y a une discipline de la population et une ferveur au travail. Il y a un appétit car une nécessité : la reconversion industrielle a coupé l'herbe sous le pied de beaucoup de personnes, et il a fallu se retrousser les manches. L'énergie n'est pas quelque chose d'étranger à cette région, au contraire. Je pense qu'on avait de l'avance avec le charbon, il y avait des process qui ont été fait pour limiter le souffre, les métaux lourds, il y avait des brevets déposés puis revendus. Je pense qu'il y a une légitimité sur ce parcours industriel ». A présent, les industriels devront, en plus d'être éduqués aux énergies renouvelables, travailler l'économie d'entreprise. Et pour cela, « l'économie circulaire est quelque chose d'intéressant : il faut créer une économie autour de ces process vertueux ». En un mot, conclut Jean-Louis Etienne, « les changements vont être lents, mais pour y arriver, il faut commencer aujourd'hui ».

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