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Contrôler le suicide cellulaire comme arme thérapeutique

Michel Le Toullec
Issue de l'Institut Pasteur, Théraptosis vise à développer des molécules qui induisent ou empêchent le suicide des cellules pour le traitement de cancers, de maladies neuro-dégénératives et cardio-vasculaires.
Créée en mars 2001 par Lena Edelman et Etienne Jacotot sur l'incubateur Biotop de l'Institut Pasteur, la société Théraptosis a une étonnante spécialité : le suicide cellulaire. Ou plus exactement son contrôle.

Le suicide des cellules (apoptose) est un phénomène actif d'autodestruction bénéfique à l'organisme quand elle permet l'élimination de cellules anormales, mutées ou dangereuses. En revanche, un excès ou une insuffisance d'apoptose est générateur de maladies. 

Jusqu'à récemment, les mécanismes à la base du déclenchement du suicide cellulaire étaient mal connus. De récentes découvertes indiquent que c'est au niveau d'un organite cellulaire, la mitochondrie, connue jusque-là comme "usine énergétique" de la cellule, que se joue la décision de vie ou de mort de la cellule. 

Cet organite stocke en effet dans sa membrane des protéines qui, lorsqu'elles se retrouvent dans le cytoplasme ou le noyau de la cellule, déclenchent la mort cellulaire. La perméabilisation partielle ou totale des membranes de la mitochondrie provoque le largage des protéines mortifères

La vie ou la mort d'une cellule pourraient donc être contrôlées par des molécules qui agissent sur la perméabilité des membranes mitochondriales : c'est le concept de base de Théraptosis. Cette toute jeune société a en effet pour but d'identifier des molécules actives sur l'apoptose et à évaluer leur potentiel thérapeutique

Certaines molécules (cytotoxiques) sont susceptibles de déclencher le suicide cellulaire et d'autres (cytoprotectrices) de l'empêcher. Les molécules cytotoxiques, associées à des vecteurs de ciblage, pourraient être utilisées en cancérologie pour détruire des cellules tumorales

D'autres, cytoprotectrices, pourraient servir à prévenir la destruction des cellules : neurones, dans le cas de maladie neuro-dégénératives (Parkinson, Alzheimer) ou cardiomyocytes (cellules du muscle cardiaque), lors d'un infarctus du myocarde. La start-up étudiera dans un premier temps la faisabilité de telles perspectives thérapeutiques.

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