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Connected Camp, fonds d’investissement, village… Les grands projets de l’IoT Valley

Juliette Raynal
Connected Camp, fonds d’investissement, village… Les grands projets de l’IoT Valley

Basée dans la banlieue toulousaine, l’IoT Valley devrait récupérer au total 12 hectares de terrain constructible.

© IoT Valley

Le Connected Camp est le nouvel accélérateur toulousain spécialisé dans l’Internet des objets industriels. Il s’apprête à accueillir sa première promotion de start-up. Pour attirer d’avantage de pépites étrangères, la structure travaille à créer son propre fonds d’investissement. A terme, l’objectif est de faire sortir de terre un véritable village regroupant industriels, écoles et start-up. 

Implantée à Labège, en banlieue toulousaine, l’IoT Valley est bien décidée à devenir "la" capitale européenne de l’Internet des objets industriels. Lancée initialement sous le nom de TIC Valley par quatre entrepreneurs (dont Ludovic Le Moan, fondateur de Sigfox)  en décembre 2011, la structure de 5 000 m² s’est rapidement articulée autour de trois parties : l’accélérateur de start-up Le Camping Toulouse ; un espace intermédiaire baptisé La Passerelle pour accueillir les anciennes entreprises du Camping ; et des bureaux et des espaces pour l’organisation d’événements.

Aujourd’hui, l’IoT Valley est en pleine mutation. « Mi-2015, le bâtiment s'est retrouvé complet. C’était l’heure de tirer un premier bilan et nous nous sommes rendus compte que, portées par l’aura de Sigfox, de nombreuses entreprises s’étaient spécialisées dans l’Internet des objets », raconte Marion Fontana, responsable de la communication. Pour gagner en visibilité, notamment sur la scène internationale, l’association décide de se spécialiser sur la thématique des objets connectés dédiés aux marchés B2B. De cette décision, naît une première transformation : Le Camping Toulouse devient le Connected Camp.

Connected Camp : neuf mois d’accélération et des contrats B2B à la clé

Présenté à la presse en septembre 2015, ce nouvel accélérateur de start-up vise à accompagner exclusivement des jeunes entreprises spécialisées dans l’IoT B2B, sur des sessions de neuf mois. La première sélection de jeunes pousses investira les locaux le 13 janvier prochain.  Pour candidater, les start-up devaient être relativement matures. « Tout d’abord nous cherchions des entreprises déjà créées. Il fallait également qu’elles aient mis au point un premier prototype et qu’elles aient déjà testé leur marché avec, par exemple, un projet pilote en cours avec un premier client », explique Simon Vacher, manager du Connected Camp. Le nouvel accélérateur privilégie également les équipes pluridisciplinaires et exige des start-up sélectionnées qu’elles s’établissent dans la région toulousaine.

Le nouvel accélérateur toulousain table sur son réseau de grands partenaires industriels pour attirer les pépites de l’Internet des objets. « Notre promesse c’est qu’à l’issue de leur programme d’accélération, les start-up sortent avec des contrats B2B », explique Marion Fontana. Contrairement à la Cité de l’Objet Connecté d’Angers, le Connecetd Camp ne se concentre donc pas sur les phases de prototypage et les petites séries, mais sur la mise en relation avec des partenaires technologiques et commerciaux. Au menu également : un accompagnement personnalisé par des mentors et des experts et la mise à disposition d’un laboratoire d’électronique, avec un analyseur de spectre, un générateur de signal et quelques imprimantes 3D. « Nous collaborons avec le fablab Artilect pour les machines professionnelles », ajoute Simon Vacher.

Un fonds d’investissement pour attirer les start-up étrangères

Au total, le Connected Camp a reçu une centaine de candidatures issues de 16 pays différents. Neuf jeunes pousses ont été retenues. Pour l’heure, les noms restent confidentiels, mais ces entreprises adressent plusieurs secteurs comme l’aéronautique, la santé, la "smart city", la maison connectée ou encore la cybersécurité des systèmes industriels. Malgré le nombre important de candidatures étrangères (environ 40 %), la première promotion ne compte qu’une seule entreprise non française. Les équipes du Connected Camp se sont, en effet, retrouvées confrontées à une difficulté majeure : convaincre les entreprises étrangères de venir s’installer à Toulouse. « Ce sont des entreprises plus matures. Leurs fondateurs sont plus âgés, ont des familles. Souvent, elles sont aussi déjà inscrites dans un écosystème local pour fabriquer leurs hardwares », note Simon Vacher. Pour surmonter cet écueil, l’accélérateur planche sur une piste : « Nous aimerions proposer un financement aux start-up sélectionnées de manière à réunir les meilleures conditions possibles pour leur développement. L’idée serait donc de créer un fonds d’investissement ou de s’adosser à un fonds déjà existant », confie le manager de l’accélérateur.

Et pour se distinguer sur la scène internationale, le Connected Camp mise sur le rayonnement mondial de ses partenaires comme Intel ou encore Sigfox. L’accélérateur cherche également à nouer des partenariats avec d’autres structures en Europe. « Nous sommes en contact avec le Start-up Bootcamp de Barcelone,  nous discutons aussi avec Helsinki Ventures qui lance également un incubateur IoT », précise Simon Vacher.

Deux ans pour construire le "Village de l’IoT Valley"

A l’IoT Valley, le lancement du Connected Camp n’est qu’une brique d’un projet bien plus ambitieux : la création d’un Village de l’IoT Valley d’ici la fin 2017. « L’objectif est de doubler la surface pour permettre aux start-up qui grossissent de pouvoir rester dans l’écosystème et pour accueillir de nouveaux partenaires industriels », explique Marion Fontana. Outre les start-up et les grands groupes, le village prévoit également d’accueillir une école. Les équipes évoquent également la possibilité d’intégrer des chaînes d’assemblage, des entrepôts de données, mais aussi des commerces. « Nous avons recruté un nouveau collaborateur pour piloter ce projet. Tout reste à imaginer », résume Marion Fontana. Les possibilités sont effectivement vastes puisque l’IoT Valley devrait récupérer au total 12 hectares de terrain constructible. Les travaux ont d’ores et déjà commencé.

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