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conçoit des capteurs d'image adaptés au spatial

LUDOVIC FERY lfery@industrie-technologies.com

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Astrium délègue à l'Isae la conception des imageurs Cmos embarqués dans ses satellites. Ce partenariat est scellé par la signature d'une chaire industrielle.

Les satellites d'observation d'Astrium sont au top niveau en matière de détection. Ils embarquent des capteurs d'image développés à l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (Isae, 11e de notre classement). Impossible en effet de passer outre cette école dans le domaine aérospatial. Vivier de recrutement pour les entreprises, elle est présente au sein du pôle de compétitivité Aerospace valley, et tisse des liens avec les PME et les entreprises de taille intermédiaire du secteur, au cours de journées de rencontres organisées avec ses étudiants.

La collaboration entre l'Isae et les grands groupes - EADS, Thales, Airbus, Safran, Eurocopter - se fait au travers du Conseil de l'industrie, une instance de dialogue où les industriels orientent la politique scientifique de l'école.

C'est dans ce cadre qu'Astrium, Matra à l'époque, repère au milieu des années 1990 des recherches prometteuses sur les imageurs Cmos, des capteurs à même de concurrencer la technologie CCD. Le spécialiste français du spatial finance les recherches de l'Isae dès 1998. « L'équipe Cimi (Conception d'imageurs matriciels intégrés) avait à l'époque les bonnes compétences pour démarrer l'étude sur les besoins spatiaux », témoigne Thierry Duhamel, directeur R&D adjoint de la division satellites d'Astrium. Depuis, la technologie Cmos a intégré nombre d'appareils électroniques, des caméras de téléphones portables aux appareils photo reflex. Mais ceux embarqués dans les satellites sont autrement plus sophistiqués : « les détecteurs Cmos placés en orbite ont des performances intrinsèques plus élevées, ainsi qu'un haut degré de résistance aux radiations », explique Thierry Duhamel.

L'originalité du partenariat tient à l'implication des chercheurs dans l'activité de développement. L'équipe de huit personnes maîtrise l'ensemble de la chaîne de production des capteurs Cmos : « le cahier des charges est fixé et transmis au fabricant, et au retour le détecteur est qualifié, caractérisé en termes de performances », souligne Frédéric Thivet, directeur des recherches à l'Isae. L'industriel n'a alors plus qu'à intégrer le capteur à son outil d'imagerie.

Les contrats signés avec Astrium profitent aussi à l'école

Plus de dix ans après les premiers échanges avec Astrium, une chaire industrielle est née pour fixer les moyens financiers et humains investis par les deux parties. Et la technologie Cmos a fait d'énormes progrès : les imageurs sont plus petits, intègrent le traitement du signal, et ont une résolution beaucoup plus fine. L'école profite de retombées financières quand Astrium conclut des contrats avec ses clients. Comme en 2010, lorsque l'industriel a vendu le satellite d'observation des océans COMS à la Corée-du-Sud, embarquant un capteur Cmos. Ou encore, dans le cadre d'un programme européen de surveillance de l'environnement pour le compte de l'Agence spatiale européenne (Esa), pour lequel Astrium prépare actuellement la deuxième génération de satellites, équipée des imageurs doublés d'un filtre infrarouge.

Les développements ne sont pas terminés pour autant. La sensibilité des détecteurs Cmos peut être améliorée, jusqu'à égaler celle des capteurs CCD. L'équipe Cimi cherche aussi à ajouter de nouvelles fonctionnalités, comme la détection de la foudre. Ce qui constitue une vraie rupture puisque le phénomène est pour l'instant observé grâce à des moyens terrestres. La mise en orbite est programmée pour l'horizon 2016-2017.

ccLES PARTENAIRES

Isae (Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace) - Conception d'imageurs matriciels intégrés du département électronique, optronique et signal - 3 à 4 personnes équivalent temps plein mobilisées depuis 2009 Astrium - 15 000 personnes en Europe - Siège social à Paris - Chiffre d'affaires 2011 : 5 milliards d'euros

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